Sermon sur Galates 3,21.22

Galates 3, 21. 22

Le texte du sermon : La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là! S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient.

Au nom de Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, chère Paroisse!

Avant de monter au ciel, le Seigneur Jésus Christ a donné aux siens ses merveilleuses promesses et leur a ordonné de prêcher sa Parole, rien que sa Parole et a dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matth. 28, 18 – 20).

« Faire de toutes les nations des disciples » et aussi leur « enseigner à observer » ce que Dieu enseigne ; c’est là le devoir de chaque prédicateur.

Uniquement la Parole de Dieu, telle qu’elle est révélée dans les Saintes Écritures, doit être enseignée dans l’Église chrétienne.

Les prédicateurs ne doivent pas dévier d’un pouce de ce qui est révélé dans les Saintes Écritures ; ils ne doivent rien ajouter et ne rien omettre.

Aussi dans l’Église chrétienne on prêche la même chose depuis des siècles ; l’apôtre Paul écrit à l’église de Philippes : « Au reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur. Je ne me lasse point de vous écrire les mêmes choses, et pour vous cela est salutaire. » (Phil. 3, 1).

L’église et les prédicateurs se sont écartés de l’enseignement de Christ là où cet enseignement n’a pas été réaffirmé encore et encore durant des siècles.

C’est un signe de la fin des temps, comme nous lisons dans la bible : « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables [c’est-à-dire des histoires qu’ils ont inventées eux-mêmes]. » (2 Tim. 4, 3 – 4).

Là où cela se produit, la Parole de Dieu devient obscure ; les commandements de Dieu sont dépouillés de leur puissance et le chemin menant au ciel devient nébuleux et incertain.

Aussi Dieu dit avec insistance par l’apôtre à chaque prédicateur : « prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. » (2 Tim. 4, 2).

« Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir ; qui dispense avec droiture la parole de la vérité. » (2 Tim. 2, 15).

La Parole de Dieu pure et claire ne doit pas seulement être prêchée encore et encore, mais elle doit être exposée « avec droiture » c’est-à-dire en annonçant les deux parties que Dieu lui-même différencie dans la bible : la loi et l’évangile.

La loi exige de nous d’accomplir d’une manière parfaite la volonté de Dieu et nous menace de disgrâce, oui même de damnation éternelle, si nous ne le faisons pas.

L’Évangile nous parle de la grâce de Dieu et nous annonce le pardon des péchés par la foi en Jésus Christ, le Fils bien-aimé de Dieu.

Le premier enseignement annonce la colère de Dieu envers chaque pécheur, le second la grâce de Dieu, le premier la malédiction, le second la bénédiction.

Le premier conduit en enfer, le second montre le ciel ouvert.

Le premier est « comme un marteau qui brise le roc » (Jér. 23, 29), le second réconfortant comme une eau fraîche dans le désert (Apoc. 22, 17).

« C’est par la loi que vient la connaissance du péché. » (Rom. 3, 20).

La Loi révèle le péché et fait naître la crainte de Dieu ; elle nous amène à poser la question : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » (Actes 16, 30).

L’Évangile, la « Bonne Nouvelle », nous montre comment le Fils de Dieu a subi la colère de Dieu à notre place, a porté la peine que nous devions endurer et a payé pour toute notre culpabilité : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. » (Actes 16, 31).

Il faut qu’il y ait une sévère distinction entre la loi et l’évangile, sinon les deux seront dénaturés et privés de leur force.

C’est un grand don que Dieu veut nous offrir que de savoir bien discerner, bien différencier les deux parties, la loi et l’Évangile et de prendre en considération leur rapport bénéfique.

Le texte de notre sermon parle de cette relation bénéfique.

1. La loi ne rend pas l’Évangile inutile,

2. mais elle le sert.

1. La loi de Dieu n’abolit pas l’Évangile, elle ne l’annule pas

En résumé l’Évangile de Christ enseigne : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4, 12).

Dimanche dernier nous avons entendu que Jésus a dit : « fais cela (loi), et tu vivras » (Luc 10, 28) ; à la manière d’un médecin expérimenté il a montré à celui qui lui posait la question que l’être humain est totalement corrompu, impuissant et incapable, prisonnier du péché et sous la malédiction de la loi..

L’apôtre enseigne cela aussi dans notre texte et dit : « S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. » (Gal. 3, 21).

Nous, les humains, nous sommes par nature morts spirituellement ; et les saints commandements de Dieu ne peuvent pas nous donner la vie, au contraire ils nous font savoir que nous sommes spirituellement morts.

Les morts spirituels ne peuvent pas servir Dieu et accomplir sa volonté.

La loi montre que la colère de Dieu frappe celui qui transgresse ses commandements : la colère de Dieu, la punition et la damnation.

C’est pourquoi l’homme naturel hait la loi de Dieu. Il la considère comme une chaîne qui l’asservit, le prive de sa liberté et lui interdit de mener une vie guidée par les envies coupables.

Dieu a donné sa loi afin que l’homme discerne le péché.

Dieu n’a pas donné sa loi pour que l’homme devienne juste en accomplissant la loi de Dieu c’est-à-dire «obtienne la justice devant Dieu par ses mérites ».

Mais immédiatement après la chute d’Adam et Eve Dieu a promis le Sauveur et Rédempteur (la première annonce de Christ) : Un descendant d’Eve vaincra le diable et achètera par son sang la rémission des péchés. (Gen. 3 , 15).

Cette merveilleuse promesse n’est pas abrogée par la loi ; Dieu ne révoque pas cet engagement – même si 430 ans après, il a à nouveau donné par écrit ses commandements (gravés sur deux tablettes en pierre).

C’est ce que veut dire l’apôtre lorsqu’il écrit : « Une disposition, que Dieu a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée, et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cent trente ans plus tard. » (Gal. 3, 17).

Par la loi, la promesse qu’il a donnée à Adam et Eve à savoir d’envoyer le Sauveur, ne devient pas caduque.

(Tout comme la promesse faite à Adam et à Eve jadis était bien valable même si Adam et Eve eurent déjà reçu dans leur cœur la loi de Dieu lors de leur création.)

Cela signifie la loi et l’évangile, les exigences de Dieu et la promesse de grâce de Dieu, sont simultanément pleinement valables.

Mais personne ne doit penser, qu’il pourrait obtenir en obéissant aux commandements ce qui peut seulement être obtenu par la prédication de l’évangile : la paix avec Dieu et la vie éternelle dans la félicité.

Même le patriarche Abraham, ce grand homme de foi, ne pouvait pas gagner la miséricorde de Dieu et le salut éternel par de bonnes œuvres méritantes.

« Si Abraham a été justifié par les œuvres, il a sujet de se glorifier, mais non devant Dieu. Car que dit l’Écriture ? Abraham crut à Dieu, et cela lui fut compté comme justice. » (Rom. 4, 2. 3).

Oui « Dieu a fait don gratuitement à Abraham de l’héritage, [l’héritage de la vie éternelle] par la promesse. »

Adam, Eve, Job, Lot, Abraham, et ces nombreux autres n’ont été sauvés que par la foi en leur Sauveur.

Même si Christ n’est venu sur terre que 5000 ans après Adam et Eve, la rédemption que Christ a acquise est également valable pour eux.

Par la foi ils ont saisi la grâce de Dieu en Christ.).

Afin que la foi dans le Sauveur à venir ne s’éteigne pas chez les croyants de l’ancienne alliance, Dieu a souvent renouvelé sa promesse pendant ces 5000 ans, par exemple l’Éternel a dit à Abraham : « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, » (Gen. 22, 18).

La volonté de Dieu, son « testament », c’est que tous les misérables et pauvres pécheurs trouvent le pardon et la consolation dans la foi confiante en son Fils qui selon sa nature humaine est la postérité d’Eve et un descendant d’Abraham : « lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. » (Rom. 9, 5).

Donc, il est bien établi : la foi en Jésus Christ notre Sauveur est l’unique chemin qui mène les pécheurs comme toi et moi au salut..

C’est par la « loi de Dieu que vient la connaissance du péché ».

La loi est la « pédagogue qui énonce les exigences», elle est l’« éducatrice » qui guide vers Christ, c’est-à-dire la loi te prêche ta mort spirituelle, elle te montre la colère et le jugement de Dieu et te dit résolument : Tu as besoin du Sauveur, tu as besoin de Christ ! Sinon tu es perdu et damné pour l’éternité !

Et elle te conduit de cette manière à Christ.

La loi qui exige, qui te montre tes manques, te dit donc de manière claire, haut et fort :

L’apôtre enseigne : « Une disposition [ l’engagement pris envers Adam et Eve d’envoyer le Sauveur], que Dieu a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée [ne perd pas sa valeur], et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cent trente ans plus tard [donnée à Moïse sous forme écrite]. » (Gal. 3, 17).

Mais par la répétition de la loi il a rendu la promesse du Sauveur encore plus précieuse.

C’est dans le Sauveur à venir et en nul autre que le peuple de l’Ancien Testament devait croire, espérer et l’aimer.

Tout comme nous, car la Parole de Dieu nous dit à nous aussi : « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché… Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jean 1, 7 ; 2, 2).

Dans les temps anciens comme aussi de nos jours beaucoup de personnes font l’erreur de penser que Dieu révoque par sa loi la merveilleuse promesse : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé ».

Celui qui met la loi de Dieu au premier plan et qui de cette façon laisse entendre qu’il est possible de venir à Dieu par l’accomplissement de la loi ou par des combats de pénitence personnels et des efforts humains de sanctification est un faux docteur et un séducteur.

La Parole de Dieu lui dit : « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce. » (Gal. 5, 4).

Mais qu’en est-il alors de la loi ?

2. La loi est au service de l’Évangile

L’apôtre écrit dans notre épître : « Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite » (Gal. 3, 19) ce qui veut dire jusqu’à ce que le descendant promis à Adam et Eve soit venu.

L’Évangile est la salle du trésor de Dieu ; là Dieu distribue le pardon, mais l’homme ne se rend pas compte qu’il en a besoin.

Dans l’Évangile la justice de Dieu est proposée à chaque homme mais nous, humains, nous sommes par nature présomptueux et infaillibles.

Alors la culpabilité ne cause pas de frayeur, il n‘ y a pas besoin de miséricorde, les cœurs sont durs comme la pierre et dans le péché orgueilleux et hautains.

Tant que le cœur humain reste dans cet état, il ridiculise et raille la bonne nouvelle du Fils de Dieu mort sur la croix pour réconcilier le pécheur avec Dieu.

Il entend qu’on prêche la grâce de Dieu mais son cœur reste froid, fermé et vide.

La loi est le message de Dieu pour un tel pécheur fier et sûr de lui : « Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions. »

La loi réveille la conscience assoupie, lui montre la colère de Dieu qui damne ; un jour le pécheur comparaîtra devant le tribunal de Dieu et devra rendre compte.

La loi place l’homme – nu et découvert – devant son créateur  : Tu es un transgresseur de la loi de Dieu ! Tu seras damné, maudit pour l’éternité !

Ainsi Dieu a répété la loi 430 ans après Abraham en la gravant sur deux tablettes de pierre.

Les humains devaient se rendre compte de la grande bénédiction qu’est l’Évangile du Sauveur des pécheurs ; c’est pourquoi Dieu a fait prêcher si sévèrement la loi avant la venue de son Fils sur terre.

L’apôtre dit cela avec les paroles : « Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient. »

Cela signifie : Chacun a besoin et doit sentir qu’il est enchaîné par les liens du péché afin qu’il se réfugie en Christ qui seul peut briser ces liens.

Ainsi l’Évangile prépare la table de la grâce alors que la loi amène d’abord la personne à être un invité affamé.

L’Évangile loue le médecin et fait connaître le chemin qui amène à Lui mais la loi doit tout d’abord faire comprendre à la personne qu’elle est malade, lui faire sentir la douleur.

L’Évangile chante et résonne montrant que la dette entière est payée mais la loi doit nous montrer le titre de créance.

L’Évangile est consolation et joie, mais la loi doit d’abord provoquer la soif de cette miséricorde.

Aussi comme la loi prépare la voie à l’Évangile, la loi doit toujours se trouver à côté de l’Évangile de sorte que l’homme demeure dans la foi en Christ et dans Sa grâce.

Celui qui a la foi en Christ vit toujours entouré par le péché, aussi dans son cœur ses germes sont nombreux.

La Parole de Dieu lui montre ainsi par la loi qu’il doit demeurer en Christ afin qu’il soit sûr d’être sauvé.

Car notre Dieu fidèle a tout prévu pour notre salut : « Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu en son propre temps. » (1 Tim. 2, 4 – 6 ).

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, … afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ. » (Gal. 3, 13. 14). Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France