Sermon sur 1Thessal. 5,23.24

Sermon sur 1 Thessaloniciens 5, 23. 24

Texte du sermon :

Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable lors du retour de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous appelle est fidèle, c’est aussi lui qui le fera.

En Jésus Christ, chère paroisse !

Récemment nous avions pour prédication le texte : « Aussi trouvent-ils étrange que vous ne vous précipitiez pas avec eux dans le même débordement de débauche, et ils vous calomnient… » (1 Pierre 4, 4).

Le « débordement de débauche » est l’inconduite honteuse et impie de ce monde avec tous les péchés qui en découlent : « tant remplis de toute espèce d’injustice, de méchanceté, de cupidité, de malice ; pleins d’envie, de meurtre, de querelle, de ruse, de malignité ; rapporteurs, médisants, impies, arrogants, hautains, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, dépourvus d’intelligence, de loyauté, d’affection naturelle, de miséricorde. » (Rom. 1, 29 – 31) nous lisons ceci dans l’épître aux Romains et dans l’épître aux Galates « Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. » (Gal. 5, 19 – 21).

Les Chrétiens se tiennent à l’écart du péché, obéissent à la Parole de Dieu et obéissent à ce que dit leur conscience parce qu’ils sont arrachés au royaume de Satan.

Ils ne veulent plus se laisser séduire par le mal parce qu’ils sont maintenant des enfants de Dieu par la foi en Jésus Christ.

Ils entendent la Parole de leur Seigneur : « Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ! Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur ; et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. » (Eph. 5, 8 – 11).

« C’est assez, en effet, d’avoir dans le temps passé accompli la volonté des païens, en marchant dans la dissolution, les convoitises, l’ivrognerie, les excès du manger et du boire, et les idolâtries criminelles. » (1 Pierre 4, 3).

Par la foi en notre Seigneur, nous sommes changés en un être différent et nous disons avec le prophète : « Je veux me réjouir en l’Éternel, Je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. » (Hab. 3, 18).

D’une part nous apprécions les belles choses de ce monde, nous avons plaisir à ce que Dieu a créé et à bénéficier des biens qu’il nous donne, comme il est écrit dans le psaume : « Que tes œuvres sont en grand nombre, ô Éternel ! Tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est remplie de tes biens. » (Ps. 104, 24).

D’autre part il y a en notre monde toutes ces choses survenues à cause de la chute originelle dans le péché et qui nous donnent du fil à retordre et qui souvent troublent toute joie : comme la détresse, la douleur, la souffrance, la maladie, les conflits et la jalousie – et en particulier les attaques de Satan qui cherche à détruire notre foi, notre joie d’être un enfant de Dieu et la certitude de notre salut en Christ.

« C‚est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. » (Actes 14, 22).

C’est pourquoi la Parole de Dieu nous dit : « Christ vous affermira aussi jusqu’à la fin… » (  Cor. 1, 8).

Le texte de notre sermon parle aussi de cela quand l’apôtre prononce la prière d’intercession : « Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable lors du retour de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous appelle est fidèle, c’est aussi lui qui le fera. »

Dieu agit constamment pour nous mener au salut.

C’est par la grâce de Dieu que nous sommes encore chrétiens.

C’est par l’action du Saint Esprit que Dieu nous soutient et nous affermit, car « Je crois que je ne peux, par ma raison et mes propres forces croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni aller à lui. Mais c’est le Saint-Esprit qui m’a appelé par l’Évangile, éclairé de ses dons,, sanctifié et maintenu dans la vraie foi. »

C’est navrant que nous nous accoutumions si rapidement aux belles choses, que nous les considérions comme normales, comme si cela allait de soi.

Malheureusement il en est de même avec la Parole de Dieu et avec tous les trésors que le Seigneur nous donne : pouvoir entendre sa pure Parole, avoir un ferme soutien dans notre vie et la consolation dans les moments difficiles – et surtout de bénéficier du pardon pour tous les péchés et porter en nous l’espérance d’une autre vie dans la gloire éternelle de Dieu.

Pour cette raison la Parole de Dieu nous enseigne à implorer son aide pour que nous ne devenions pas oublieux et ingrats : «  …et qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints … » (Eph. 1, 18).

Ces « yeux illuminés du cœur croyant », le discernement de tous les dons merveilleux que Dieu nous offre sont le résultat de l’activité miséricordieuse du Saint Esprit en nous.

Le Saint Esprit fait naître en nous la joie de l’espérance en la vie éternelle et c’est cette joie qui nous différencie des personnes qui n’ont pas la foi en Christ.

Sans son action il n’y aurait en nous que ténèbres : aucune connaissance de Dieu, aucune étincelle d’amour pour lui, que la haine et l’inimitié, la volonté de faire le mal et la soumission à la domination du Diable.

La bible dit : « En effet, le Dieu qui a ordonné que la lumière brille du sein des ténèbres a aussi fait briller sa lumière dans notre cœur … » (2 Cor. 4, 6).

Il nous a appelé des ténèbres, de la domination du péché, de la puissance du diable « à son admirable lumière » (1 Pierre 2, 9), « à la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rom. 8, 21), à la vie éternelle dans la joie et la splendeur perpétuelles.

Dieu nous a amené à la foi en notre Sauveur par la bonne nouvelle, aussi il ne nous abandonne pas.

Il affermit en nous la volonté de lutter contre tout ce qui pourrait nous nuire en tant que chrétien et qui s’oppose à Dieu, à la Parole de Dieu et à la foi qui sauve.

L’apôtre prie : « Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable lors du retour de notre Seigneur Jésus-Christ »

Cette sanctification, cette vie nouvelle qui pénètre notre être tout entier, succède à la première sanctification, celle où Dieu nous a accueilli premièrement comme un de ses enfants par les dons du Saint Esprit.

Car, auparavant, nous étions « enfants de colère », loin de notre créateur ; L’apôtre Paul écrit : « Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres… Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ c’est par grâce que vous êtes sauvés ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, » (Eph. 2, 3 – 6).

Maintenant notre Dieu miséricordieux continue ce travail.

Il veut nous maintenir dans la foi jusqu’à notre fin, nous éclairer et réchauffer par ses dons comme le charbon qui se fait saisir par l’ardeur du feu..

Dieu veut aussi achever ce qu’il a commencé avec nous.

Il dit : « Combats le bon combat de la foi ! » (1 Tim. 6, 12).

Ce combat s’engage parce que Dieu t’a sanctifié et que désormais tu appartiens à son royaume.

Ton cœur hait le mal maintenant que tu as la foi en Christ ; il hait maintenant ce qu’il avait précédemment aimé et il aime ce qu’il avait auparavant détesté : il commence a aimé Dieu et sa parole ainsi que le prochain ; il commence à aimer ce que Dieu veut de lui, le bien.

Il est donc bien compréhensible qu’un chrétien doit se trouver en opposition au monde. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas le chrétien et c’est pourquoi ils le raillent ou l’agressent.

Il n’est pas étonnant que le diable ne s’accorde aucun répit !

Mais il n’y a pas que cette lutte externe, vers le monde.

Dans notre texte il est dit : « Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale… »

« Vous » dit-il aux membres de l’église de Thessalonique, qui sont déjà convertis et des enfants de Dieu – donc un chrétien n’est pas encore tout à fait pur et complètement sans péché.

Les désirs qui ne s’accordent aucunement avec la volonté de Dieu montent de l’intérieur de chacun, comme le dit le Christ Seigneur : « En effet, c’est de l’intérieur, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l’immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. » (Marc 7, 21. 22).

Nous devons donc prier pour que Dieu nous vienne en aide, comme David a prié : « O Dieu! crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé. » (Ps. 51, 10).

C’est par l’action du Saint Esprit que le dégoût du péché est renforcé dans le cœur et que la volonté de faire le bien, de vivre selon la Parole de Dieu est raffermie.

Ce combat dans la foi est appelée « sanctification » : « Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale… ».

Lorsque tu es attristé par des progrès médiocres dans la sanctification cela témoigne que Dieu agit en toi et tu gémis avec Paul : « En effet, je ne fais pas le bien que je veux mais je fais au contraire le mal que je ne veux pas. » (Rom. 7, 19).

Sanctification cela implique que nous évitons et fuyons le péché et que nous servons notre Dieu de tout notre cœur, avec toute notre intelligence et tous nos membres : «Ne mettez plus vos membres au service du péché comme des instruments de l’injustice, mais au contraire livrez-vous vous-mêmes à Dieu comme des morts revenus à la vie et mettez vos membres à son service comme des instruments de la justice. » (Rom. 6, 13).

Sanctification signifie que le chrétien, avec l’aide de Dieu, lutte contre ses ennemis, le monde, le diable et contre sa propre chair pécheresse, qu’il ne se laisse pas aller aux tentations du mal mais qu’il les surmonte.

Il s’examine à la Parole de Dieu et conduit ses pensées selon elle.

Il convient donc d’associer à la sanctification un usage assidu de la Parole de Dieu et une participation soutenue à la Sainte Cène.

Beaucoup de versets bibliques nous encouragent à rechercher quotidiennement cette sanctification : « Ne vous conformez pas au monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence afin de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Rom. 12, 2).

« Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale… »

« Mais respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur ! » (1 Pierre 3, 15).

Le Saint Esprit enflamme et illumine les espérances, les aspirations, les pensées, les désirs, la volonté et les actes du chrétien de sorte que cela se manifeste aussi extérieurement.

« Seulement conduisez-vous d’une manière digne de l’Évangile du Christ. » (Phil. 1, 27).

« Je vous encourage donc… à vous conduire d’une manière digne de l’appel que vous avez reçu, en toute humilité et douceur, avec patience… » (Eph. 4, 1).

Alors progressivement, la puissance de la naissance renouvelée se manifeste toujours davantage dans la vie courante ; c’est ce que veut notre Père Céleste !

« Ce que Dieu veut, c’est votre progression dans la sainteté : c’est que vous vous absteniez de l’immoralité sexuelle… Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. » (1 Thess. 4, 3. 7).

Chaque fois que les désirs et les aspirations au péché montent en nous, Dieu nous dit : « Éloigne de toi  ! » (par exemple Tite 3, 10) et « Fuyez ! » (1 Cor. 6, 18).

Ici la fuite n’est pas de la lâcheté car elle nous préserve du pire : celui qui sans cesse résiste sciemment à l’action de Saint Esprit et s’adonne délibérément au péché est en train de détruire la source même de la sanctification : la foi qui sauve.

Peut-être poses-tu la question : Qui peut alors subsister dans ce combat et être sauvé ? – Les apôtres ont posé cette même question au Seigneur Jésus Christ.

Il a répondu : « Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible. » (Matth. 19, 26).

Oui nous devons nous tourner vers Dieu et puiser de sa force !

« Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale… » ou en un autre endroit « vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut  » (1 Pierre 1, 5a).

Ceci est notre consolation lorsque nous pensons à notre faiblesse et au puissant pouvoir du mal.

Tout pouvoir et toute force vitale vient de notre « Dieu de la Paix ».

C’est le Seigneur Jésus Christ, « il est notre paix » (Eph. 2, 14) et « en lui, par son sang, nous sommes rachetés, pardonnés de nos péchés ». (Eph. 1, 7).

« Nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce sur grâce. » (Jean 1, 16).

Nous avons le droit de puiser la grâce et la puissance de Dieu chaque jour à cette source intarissable en lisant et en écoutant la parole de Dieu et lui adresser nos prières comme les enfants bien aimés prient leur cher père.

« Que la parole de Christ habite en vous dans toute sa richesse ! » (Col. 3, 16).

Ainsi nous atteindrons le but que l’apôtre nous décrit afin de nous rendre plus forts: « Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irréprochable lors du retour de notre Seigneur Jésus-Christ ! »

Tel est le but de tout ce que Dieu fait en nous.

De cela Paul écrit : « Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. » (Tite 2, 11 – 14).

Dans quel but Dieu nous sanctifie-t-il et nous préserve-t-il ? Il agit ainsi pour nous protéger dans les luttes, dans les ruses du diable et pour nous préserver notre salut.

Le but ultime pour lequel Dieu nous sanctifie totalement et nous maintient dans la foi qui sauve est que nous vivions avec lui au ciel dans la joie éternelle.

« Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. » (1 Thess. 5, 24). Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France