Sermon en vue de la fête de la Réformation

Sermon sur Exode 2, 23 – 3, 6 en vue de la fête de la Réformation

Longtemps après, le roi d’Égypte mourut, et les enfants d’Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les enfants d’Israël, et il en eut compassion.
Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian ; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. L’ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. Moïse dit : Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. L’Éternel vit qu’il se détournait pour voir ; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! Moïse ! Et il répondit : Me voici ! Dieu dit : N’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Et il ajouta : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu.


Chers frères et sœurs dans le Seigneur Jésus Christ !

Aujourd’hui nous avons devant nous le texte de l’appel de Moïse. Moïse a vécu environ 1500 ans avant la naissance de Jésus Christ. Dieu l’a choisi pour conduire le peuple d’Israël hors de l’esclavage égyptienne et le mener à la terre promise, la terre de Canaan.
Bien des années auparavant Moïse a frappé à mort un Égyptien qui maltraitait un Hébreu.
Il prit la fuite et resta pendant 40 ans dans le pays de Madian
Là il s’est marié et a travaillé comme berger pour son beau-père..

Entre-temps un nouveau Pharaon régna sur la lointaine Égypte. Ce dernier opprimait le peuple de Dieu encore plus cruellement que le précédent.

Alors Dieu s’est souvenu de son alliance et vint au secours de son peuple c’est-à-dire que le moment choisi par Dieu pour sauver son peuple était venu.

Maintenant le Seigneur Dieu voulait délivrer son peuple réduit en esclavage par la surpuissance des Égyptiens.

Ainsi Dieu appela un simple berger menant la vie paisible de pâtre pour devenir le guide de son peuple.

Cet appel a débuté par un miracle que Moïse a pu observer : le buisson épineux en feu qui a pourtant été sauvegardé.

Par ce signe le Seigneur Dieu a fait voir à son serviteur que le peuple d’Israël n’a pas été anéanti en Égypte malgré son asservissement.

Ce qui arrive à l’Église de Jésus Christ dans les temps du Nouveau Testament est comme ce qui est arrivé au peuple de Dieu dans l’Ancien Testament.

Du point de vue spirituel …

L’ardent buisson épineux est une image de l’Église de Dieu sur terre.

1. Elle endure de grandes souffrances dans le feu de la tribulation et de la persécution.
2. Elle ne sera pas consumée mais elle tient bon par la puissance de
l’Éternel.

1. Elle endure de grandes souffrances dans le feu de la tribulation et de la persécution.

Dans le Nouveau Testament il est dit d’une part : « C‚est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14, 22) et d’autre part Jésus dit : « Je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. » (Matth. 16, 18).

C’est précisément cela que le Seigneur montre à Moïse.

« Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian ; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb.

Le mont Horeb est appelé « montagne de Dieu » parce que Dieu y est apparu plus tard dans sa majesté et sa gloire et a alors établi l’alliance de la Loi avec le peuple – c’est le mont Sinaï..

Moïse y a vu des choses étranges : « L’ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. Moïse dit : Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. »

« L’ange de l’Éternel » – c’est Christ avant son incarnation, Dieu Lui-même !.

Car dans notre texte il est dit : « L’ange de l’Éternel lui apparut … » et immédiatement après : « L’Éternel vit qu’il se détournait pour voir ; et Dieu l’appela du milieu du buisson… »

Ce que Dieu a fait voir à son serviteur Moïse était en liaison avec la mission qu’il allait maintenant recevoir car Dieu dit : « J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte et j’ai entendu les cris qu’il pousse devant ses oppresseurs. Oui, je connais ses douleurs… Maintenant, les cris des Israélites sont venus jusqu’à moi, j’ai aussi vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant, vas-y, je t’enverrai vers le pharaon et tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les Israélites.» (Exode 3, 7. 9. 10).

Israël était devenu misérable et pitoyable durant les années d’esclavage, asservi par des dominateurs tyranniques ; leurs garçons nouveaux-nés étaient tués afin que le peuple ne puisse s’accroître.

Les fiers Égyptiens les regardaient avec mépris.

Le buisson épineux est lui aussi considéré comme un végétal insignifiant qu’on méprise ; il représente une image parfaite d’Israël.

Moïse vit que le feu essayait de consumer le buisson épineux. Le feu le torturait mais le buisson n’a subi aucun dégât.

Il en était aussi ainsi avec le peuple de Dieu : un rude esclavage, beaucoup d’injustices, partout des meurtres et des oppressions – mais le peuple de Dieu n’a nullement été anéanti.

Subissant durant ces nombreuses décennies une telle tyrannie le peuple de Dieu n’a pas péri, au contraire il était bien vivant et se multipliait – le peuple de Dieu était comme sous la protection du feu, comme protégé par une couverture que la haine des Égyptiens avait fait déplier au-dessus d’eux.

C’est ce qui arrive à l’Église de Christ sur terre en tout temps.

Tout comme le buisson à épines se trouvant à côté de nobles végétaux est considéré comme une mauvaise herbe inutile, l’Église de Jésus Christ existe sur terre et n’a aucune valeur aux yeux des puissants de ce monde.

Pour eux ceux qui ont foi en la Parole de Dieu sont comme des enfants, une poignée dérisoire de rêveurs attardés.

Mais l’Église de Jésus obéit dans tout cela à la Parole de leur Dieu selon ce qu’elle nous enseigne par la bouche de l’apôtre : « Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. » ( 1 Cor. 1, 26 à 29).

Souvent ce sont les personnes déconsidérées dans ce monde et les faibles qui croient la Parole et cherchent refuge auprès du Sauveur.

Christ dit : « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux enfants. » (Matth. 11, 25).

Christ aussi était déconsidéré par les Juifs car parmi eux était répandue l’opinion « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » (Jean 1, 46).

Et les principaux sacrificateurs voulait convaincre le peuple que l’enseignement de Jésus ne pouvait être vrai en donnant cet argument : « Y a-t-il quelqu’un des chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui ? » (Jean 7, 48).

Se pourrait-il que l’Église de Christ en ce monde entende un jour une autre opinion ?

Est-ce que cela ne s’applique pas également au temps de la Réformation : « Est-ce qu’un quelconque dirigeant a foi en ce nouvel enseignement ? »

Pourquoi devrions-nous être surpris s’il en va de même pour nous ?

Et si cela était différent pour nous, nous devrions nous poser la question : enseignons-nous encore toute la Parole de Dieu et rien que cette Parole – comme il est écrit : « Mais si vous êtes dispensés de la correction à laquelle tous ont part, c’est donc que vous êtes des enfants illégitimes et non des fils. » (Hébr. 12, 8).

La Parole de Dieu n’est aux yeux du monde que pure niaiserie car le monde, dans sa sagesse pécheresse, ne peut pas comprendre la sagesse divine.

Mais l’Église de Jésus sur terre ne ressemble pas seulement au buisson épineux à cause du mépris, mais plus encore à cause du feu.

L’Église de Christ brûle, c’est-à-dire elle est exposée à la haine et la persécution,aux attaques car le Diable sème la fausse doctrine avec laquelle il essaie d’éliminer la Parole de Grâce de Dieu.

Le diable mène la rébellion par tous le moyens et avec l’aide de tous ceux qui se laissent abuser par lui.

Une vue sur l’histoire de l’Église depuis la première Pentecôte nous confirme cela.

Certes les épreuves ne sont pas les mêmes selon les époques : persécutions, détresses spirituelles ayant pour cause de fausses doctrines ; mais le but du diable était toujours le même : il voulait et veut empêcher, falsifier la diffusion de l’Évangile et l’extension de l’Église de Christ.

Maintenant comme il en va de l’Église de Christ dans son ensemble, il en va aussi pour chaque chrétien : « c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » car l’ennemi veut nous faire perdre notre foi et nous détacher de notre Sauveur.

Lorsque nous voyons les persécutions, les terribles souffrances indicibles, les falsifications de la sainte Parole de Dieu dans les temps anciens et si nous portons alors notre regard sur nous-même et sur toutes les personnes qui se reconnaissent de Christ – n’est-ce pas alors comme le feu et le buisson épineux ?

L’Église de Christ est composée de pécheurs, de personnes vite découragées et faibles !

Comme le bois qui ordinairement brûle et se consume, cette poignée dérisoire de croyants devrait disparaître en un rien de temps sous la violence des attaques, de la ruse et de la puissance du diable !

Mais le Seigneur donne cela en consolation à Moïse et à nous  : le buisson ardent est une image de l’Église de Dieu sur terre ; l’Église doit beaucoup souffrir, mais …

2. Elle n’est pas consumée, mais elle tient bon par la puissance de l’Éternel.

Le miracle n’était pas que Moïse voit un buisson épineux en feu mais que ce buisson ardent ne soit pas consumé par le feu.

Il voulait regarder de près cette chose étrange : « Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. »

Alors soudainement le Seigneur l’appela par son nom ; Il lui demanda de ne pas s’approcher davantage et d’ôter ses chaussures.

Moïse cacha son visage par crainte et respect pour le Seigneur.

C’était le mystère qui empêchait le buisson de se consumer.

L’Ange du Seigneur, notre Seigneur Jésus-Christ était présent dans la flamme de feu !

Christ est présent lors des épreuves que les siens ont à supporter ; il dit à chacun de ses chrétiens : « Il m’invoquera et je l’exaucerai ; je serai avec lui dans la détresse ; je l’en retirerai et le glorifierai. » (Ps. 91, 15).

Oui Dieu dit : « Ne crains rien, car je te rachète, je t’appelle par ton nom : tu es à moi ! Si tu traverses les eaux, je serai avec toi ; et les fleuves, ils ne te submergeront point ; Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas. Car je suis l’Éternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton sauveur. » (Esaïe 43, 1 – 3).

L’Éternel a révélé à Moïse par ce miracle ce qui arrivera au peuple de Dieu afin qu’il ne soit pas pris par la crainte.

Toutes les promesses de Dieu faites à son peuple seront accomplies – même si extérieurement cela prend souvent l’allure d’un naufrage.

De leur milieu devait paraître le Messie , le Sauveur et Rédempteur de tous les humains par lequel devait être béni tout le genre humain.

Le Seigneur Dieu apporte toujours cette même fidélité à ses croyants sur toute la terre et il accomplira fidèlement ses promesses – aussi lorsque son Église paraît très pitoyable, faible et à la recherche !

Elle ne sombrera pas ; il est écrit : « Dieu est au milieu d’elle ; elle ne sera point ébranlée. » (Ps. 46, 6).

Lorsque l’Église se tient à la pure Parole infaillible de Dieu il ne peut rien lui arriver – malgré le feu qui veut la consumer – car Christ dit : « Je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. » (Matth. 16, 18).

Cette promesse du Seigneur demeurera et ne peut pas être remise en question ! Quoi qu’il arrive !

C’est pourquoi l’Église de Christ dit avec le Psaume : « L‚Éternel des armées est avec nous ; le Dieu de Jacob est notre haute retraite. » (Ps. 46, 12).

Le Seigneur est au milieu du feu et porte dans sa main tout pouvoir ; il ne laissera endurer à son Église que ce qu’il permet afin de la protéger.

Il est « au milieu d’elle » comme il était avec les trois hommes dans la fournaise et les a protégés. (Dan. 3).

Ainsi, par la puissance de Dieu, les flammes de la destruction sont changées en feu de purification par lequel les scories sont épurées.

Ce qui est dit de l’Église toute entière est valable pour chaque chrétien en particulier.

C’est pouquoi nous pouvons aussi en tant que paroisse faire face sereinement à toute difficulté car nous connaissons l’issue de toute détresse.

Nous pouvons constater cela chez le peuple de l’Ancienne Alliance, Israël : après les épreuves, Dieu offre le réconfort dans la terre promise.

La Parole de Dieu dans le Nouveau Testament nous dit: « Il reste donc un repos pour le peuple de Dieu. » (Hébr. 4, 9).

Après les détresses que les chrétiens endurent en ce monde, Christ leur a préparé par sa souffrance et sa mort le repos dans l’éternelle gloire ; par sa résurrection Il a construit le chemin et ouvert grande la porte qui mène à la paix dans le royaume de Dieu..

Aussi soit consolé et dit : « Celui qui habite sous l’abri du Très-Haut repose à l’ombre du Tout-Puissant. Il dit à l’Éternel : «Tu es mon refuge et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie !» (Ps. 91, 1. 2). Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France