Sermon sur Psaume 98 (Dimanche Cantate)

Psaume 98 Cantate 2017

Psaume.
Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Car il a fait des prodiges. Sa droite et son bras saint lui sont venus en aide.
L’Éternel a manifesté son salut, Il a révélé sa justice aux yeux des nations.
Il s’est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d’Israël, Toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu.
Poussez vers l’Éternel des cris de joie, Vous tous, habitants de la terre ! Faites éclater votre allégresse, et chantez !
Chantez à l’Éternel avec la harpe ; Avec la harpe chantez des cantiques !
Avec les trompettes et au son du cor, Poussez des cris de joie devant le roi, l’Éternel !
Que la mer retentisse avec tout ce qu’elle contient, Que le monde et ceux qui l’habitent éclatent d’allégresse,
Que les fleuves battent des mains, Que toutes les montagnes poussent des cris de joie,
Devant l’Éternel ! Car il vient pour juger la terre ; Il jugera le monde avec justice, Et les peuples avec équité.

Chère paroisse en Jésus-Christ !

Dans l’introït nous avons chanté : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Car il fait des prodiges ! »

« Chantez » – se dit en latin « Cantate ! »

« Cantate ! » est le nom donné au quatrième dimanche après Pâques.

Les lectures de l’évangile des dimanches après Pâques nous présentent les trésors que le Fils de Dieu a acquis pour nous par ses souffrances, sa mort et sa résurrection

Par pure bonté et grande fidélité Dieu a accompli ce qu’il a promis dans les temps anciens – il est dit dans notre psaume : « Il s’est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d’Israël, Toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu. » (verset 3).

Parce que toutes les autres nations s’étaient détournées de Dieu, Dieu a fondé son peuple : les descendants d’Abraham formeront ce peuple.

Abraham avait un petit-fils nommé Jacob. Celui-ci eut 12 fils ; c’est d’eux que viendront les 12 tribus du peuple : les enfants de Jacob.

Dieu donnera à Jacob un nouveau nom : lutteur avec Dieu, en hébreux Israël.

Ainsi le peuple s’appela « les enfants d’Israël » ou simplement Israël.

Dieu envoya à ce peuple des prédicateurs et des prophètes et a promis que le Sauveur du monde sera issu du peuple d’Israël.

Dieu a accompli les promesses.

Et peu avant la naissance du Sauveur, Zacharie (le père de Jean Baptiste qui devait annoncer le Christ) dit : « Le Seigneur Dieu nous a suscité un puissant Sauveur … comme il l’avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens : – un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent ! C’est ainsi qu’il manifeste sa miséricorde envers nos pères et se souvient de sa sainte alliance, selon le serment par lequel il avait juré à Abraham, notre père… » (Luc 1, 70 – 73).

Tout comme Zacharie, poussé par le Saint Esprit, a chanté le cantique nouveau qui exprime l’attention miséricordieuse de Dieu envers nous pécheurs, le Seigneur Dieu nous fait connaître sa grande bonté et nous invite à chanter les louanges de Dieu.

On a entonné le nouveau cantique quand finalement le Sauveur promis est né : « Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : c’est qu’aujourd’hui … il vous est né un Sauveur ! » (Luc 2).

La Parole de Dieu nous annonce dans beaucoup de versets le nouveau cantique de la rédemption des pécheurs : « Christ a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification. Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. » (Rom. 4, 25 – 5, 1).

Notre psaume résume cela en ces mots : « Sa droite et son bras saint lui sont venus en aide. » (Verset 1b).

Le cantique nouveau est l’évangile de la grâce de Dieu, de la réconciliation du monde pécheur avec Dieu par Jésus Christ, le Fils de Dieu.

C’est pourquoi, par sa parole, Dieu demande que chaque pécheur accepte maintenant par la foi la réconciliation et saisisse la main tendue par celui qui seul peut sauver de la perdition éternelle en enfer.

« Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Car il fait des prodiges ! »

1. Parce que Dieu, le Seigneur, nous donne à entendre le cantique de sa grâce dans l’évangile,

2. nous aussi, nous lui chantons maintenant le cantique nouveau, le chant de nos remerciements.

1. Dans l’évangile Dieu nous donne à entendre le cantique de sa grâce.

Il est dit immédiatement dans le deuxième verset de notre psaume : « L’Éternel a manifesté son salut, Il a révélé sa justice aux yeux des nations. » (Verset 2).

« Son salut » et « sa justice ».

La justice de Dieu est le salut de Dieu, à savoir le salut qu’il proclame à ceux qui dès la naissance lui sont hostiles, qui pour cette raison se moquent de Lui et désobéissent à sa sainte volonté.

Le Dieu saint prononce, dans sa pureté et sa justice, sa sentence sur tous ceux qui au lieu de l’honorer lui, s’attachent aux choses terrestres, ceux qui ont de mauvaises intentions et qui s’adonnent volontiers aux péchés, donc ceux qui s’attachent aux « aspirations de la chair » : « Les aspirations de la chair sont ennemies à Dieu. » (Rom. 8, 7).

L’homme est complètement corrompu, oui il est prisonnier de la mort spirituelle – il ne peut s’en délivrer lui-même de quelque manière que ce soit !

Dieu dit : « Même si tu te lavais avec du nitrate, même si tu employais beaucoup de savon, ta faute resterait marquée devant moi, déclare le Seigneur, l’Éternel. Comment peux-tu dire : Je ne suis pas souillée … ?  » (Jér. 2, 22).

Maintenant bien que, devant son Dieu, l’homme est dans une totale désobéissance, l’incrédulité et la souillure du péché, Dieu ne veut pas l’y laisser ; il ne veut pas sa perte.

Il a ouvert une voie pour le maudit afin que le pécheur vienne à lui par la repentance et soit sauvé ; il dit : « Je me suis laissé approcher par qui ne me demandait rien, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas. J’ai dit : « Me voici ! Me voici ! » à une nation qui n’invoquait pas mon nom. » (Esaïe 65, 1).

C’est cela « son salut », c’est cela « sa justice », une justice merveilleuse où le Saint fait miséricorde au pécheur ; le grand Dieu éternel a pitié de sa créature qui dès sa naissance ne l’aime pas, ne lui fait pas confiance, ne le craint pas.

Mais le pécheur doit d’abord s’en rendre compte  !

C’est pourquoi Dieu lui fait prendre conscience de sa perdition afin qu’il prenne peur.

Mais quelle magnifique journée que celle où un pécheur se laisse convaincre et sauver par Dieu ! – lorsqu’il entend l’évangile : « Le sang de Jésus Christ, le Fils de Dieu, nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1, 7) et accepte d’être libéré du fardeau de son péché !

Comme sera merveilleux le jour où le juge éternel dira, il est vrai, à des millions de pécheurs incroyants : « Éloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges ! » (Matth. 25, 41), mais que toi, avec tant d’autres, tu entendras de sa bouche les Paroles qui feront éclater ton cœur d’allégresse : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde ! » (Matth. 25, 34).

Dieu permit à Jean d’en avoir un aperçu dans l’apocalypse.

Jean vit la multitude des bienheureux : « et ils chantaient un cantique nouveau en disant : Tu es digne de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu as été offert en sacrifice et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation … Ils disaient d’une voix forte : L’Agneau qui a été offert en sacrifice est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange. » (Apoc. 5, 9. 12).

Oui, comme le dit notre psaume : « L’Éternel vient pour juger la terre. » (verset 9).

C’est pourquoi outre la prédication de sa colère, de son jugement et de la damnation depuis la chute dans le péché, Dieu fait aussi résonner le cantique nouveau dans ce monde perdu.

Car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. » (1 Tim. 2, 4 – 6).

Déjà du temps de l’Ancien Testament ce cantique nouveau, à savoir les prophéties annonçant le rédempteur, a réjoui, réconforté, édifié les croyants qui sont morts bienheureux dans la foi au Sauveur.

Il était promis, il devait venir ; c’était leur consolation.

Le Seigneur Dieu a donné l’espérance déjà aux premiers hommes et leur fit entendre le merveilleux cantique.

Depuis il consolait encore et toujours leur descendance ; il dit par Esaïe : « Voici, les premières choses sont arrivées, et j’en annonce de nouvelles ; je vous les fais entendre avant qu’elles arrivent. Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! … Car je suis l’Éternel ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur … C’est moi, c’est moi qui efface tes forfaits pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés. » (Esaïe 42, 9 sui / 43, 3. 25).

Nous aussi et beaucoup d’autres ont entendu le CANTIQUE NOUVEAU ; nous l’avons accepté dans la foi et ainsi nous sommes devenus enfants de Dieu et citoyens du royaume éternel de Dieu.

C’est pourquoi il est dit dans le psaume : « L’Éternel règne. Aussi, le monde est ferme, il n’est pas ébranlé.» (Ps. 96, 10).

Le nouveau cantique du Saint Évangile du Sauveur des hommes résonne pour ce pauvre monde chargé de désolations.

Il veut délivrer du fardeau du péché, préserver de la perdition éternelle, apporter lumière et consolation dans ce monde éphémère marqué par les souffrances et la mort.

Voilà pourquoi ses messagers prêchent : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu. » (2 Cor. 5, 20).

Parce que le Seigneur Dieu nous donne à entendre dans l’Évangile le cantique de sa grâce,

2. nous lui chantons aussi le chant nouveau, le chant de nos remerciements.

« Mais toi, Éternel, tu es le Très-Haut pour toujours ! Que tes œuvres sont grandes, Éternel, que tes pensées sont profondes ! » (Ps. 92, 9. 6).

Notre psaume est une manifestation exultante d’une joie intense en l’honneur du Dieu Saint qui prend soin des pécheurs avec tant de miséricorde : « Poussez vers l’Éternel des cris de joie, Vous tous, habitants de la terre ! Faites éclater votre allégresse, et chantez ! Chantez à l’Éternel avec la harpe ; Avec la harpe chantez des cantiques ! Avec les trompettes et au son du cor, Poussez des cris de joie devant le roi, l’Éternel ! Que la mer retentisse avec tout ce qu’elle contient, Que le monde et ceux qui l’habitent éclatent d’allégresse, Que les fleuves battent des mains, Que toutes les montagnes poussent des cris de joie, Devant l’Éternel ! » (Verset 4 – 9).

Toute la création se prosterne devant le Dieu éternel, non seulement les créatures terrestres, mais aussi les saints anges dans le ciel ; ils se tiennent devant le trône du Très-Haut et lui rendent hommage : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! » (Esaïe 6, 3).

Les Saintes Écritures nous témoignent « qu‘ il y a de la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Luc 15, 10), de même il devait y avoir une immense joie dans le ciel lorsque, sur la croix, le Fils de Dieu avait accompli la rédemption des pécheurs en s’écriant « Tout est accompli ! ».

Le Sauveur lui-même fait dire cette prophétie au prophète : « Le Seigneur … a mis dans ma bouche un chant nouveau, une louange à notre Dieu ; beaucoup le verront, ils seront saisis de crainte, et ils mettront leur confiance dans le SEIGNEUR. » (Ps. 40, 4).

Cela signifie que le Seigneur Dieu a instauré par pur amour le nouveau cantique du pardon et de la joie qui est l’opposé de l’ancien chant du péché, de la misère et de la perdition.

Le cœur de tous ceux qui l’écoutent, l’aiment, y puisent leurs forces, se réjouit et ils répondent alors en chantant l‘ « écho du cantique nouveau » – c’est la réponse de la foi.

Car, « ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. » (Matth. 12, 34).

« Louez l’Éternel ! Chantez en l’honneur de l’Éternel un cantique nouveau, chantez sa louange dans l’assemblée des fidèles ! » (Ps. 149, 1).

La réponse de la foi monte au Seigneur Dieu, le loue, l’exalte et se joint à la jubilation des anges.

Mais en attendant que la voix des rachetés se mêle aux chœurs des Anges en toute éternité, le témoignage de la foi pénètre aussi ce monde : « Chantez en l’honneur de l’Éternel un cantique nouveau, chantez en l’honneur de l’Éternel, habitants de toute la terre ! Chantez en l’honneur de l’Éternel, bénissez son nom, annoncez de jour en jour son salut ! Racontez sa gloire parmi les nations, ses merveilles parmi tous les peuples ! Oui, l’Éternel est grand et digne de recevoir toute louange ; il est redoutable, plus que tous les dieux. En effet, tous les dieux des peuples ne sont que des faux dieux, alors que l’Éternel a fait le ciel. » (Ps. 96, 1 – 5).

Le créateur du ciel et de la terre est le vrai Dieu : Père, Fils et Saint Esprit.

Tout le reste, ce en quoi les cœurs des hommes mettent par ailleurs leur confiance, ce sur quoi ils fondent leurs espoirs, ce en quoi ils cherchent consolation, n’est que vaine idolâtrie ; ces idoles ne peuvent pas venir en aide, ne peuvent pas consoler – surtout pas dans la détresse du péché, dans la détresse de l’agonie, dans la détresse de la mort.

Mais celui qui écoute le nouveau cantique merveilleux du saint Évangile et qui l’accepte en toute confiance, dit : « Béni soit le Seigneur chaque jour ! Quand on nous accable, Dieu est notre délivrance. Dieu est pour nous le Dieu des délivrances ; c’est l’Éternel notre Dieu qui retire de la mort. » (Ps. 68, 20. 21).

Ainsi le Seigneur Dieu veut que les rachetés, les enfants de Dieu, les chrétiens auxquels il a offert cette ferme assurance, fassent entendre dans ce monde perdu le Cantique Nouveau pour : « … que les humbles l’entendent et se réjouissent. » (Ps. 34, 3). Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France