Sermon sur Marc 8,22-26 (14e dimanche après la Trinité)

Sermon sur Marc 8,22-26

Le texte du sermon:

Ils se rendirent à Bethsaïda ; et on amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village ; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s’il voyait quelque chose. Il regarda, et dit : J’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux ; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant : N’entre pas au village.

Chers frères et sœurs, chère paroisse !

Par les prophètes. Dieu a fait annoncer le Sauveur qui allait venir, par exemple le prophète Esaïe écrit : « Dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ; Voici votre Dieu, la vengeance viendra, la rétribution de Dieu ; Il viendra lui-même, et vous sauvera. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, s’ouvriront les oreilles des sourds. » (Esaïe 35, 4. 5).

C’est à ces signes que les humains devaient reconnaître le Sauveur lors de sa venue.

Les miracles de Jésus sont des signes dont le sens et le but est de montrer que Celui-ci est le Sauveur qui est venu !

À travers ses miracles, le Seigneur Jésus Christ révèle aussi sa toute-puissance divine : Il est Dieu qui s’est fait homme, il est celui qui expie les péchés, qui l’emporte sur Satan et qui ôte toute puissance à la mort.

Et finalement, nous, humains, nous devons aussi reconnaître dans les miracles de Jésus qu’Il a fait toutes ces choses magnifiques pour en faire profiter tous ses fidèles lorsque, après leur résurrection pour la vie éternelle, libérés de toute maladie et de toute souffrance, ils jouiront du bonheur dans le ciel.

Les miracles nous sont rapportés pour que notre foi confiante en Jésus Christ, le Fils de Dieu, soit renforcée et que nous nous réjouissions de la future communion éternelle avec lui dans le ciel.

Ce regard sans cesse dirigé vers LUI nous rend fort pour supporter et vaincre les souffrances de ce temps.

Celui qui a la vraie foi en son Sauveur Jésus-Christ, reçoit le pardon de ses péchés et porte dans son cœur cette magnifique certitude : Tout comme le Seigneur Jésus-Christ a guéri les sourds, les muets, les lépreux, les aveugles et les paralytiques, il nous guérira, nous aussi ; il nous consolera et nous offrira le bonheur éternel.

Déjà ici-bas il nous donne un avant-goût, pardonne notre culpabilité, nous vient en aide dans la détresse, nous rétablit, nous réconforte et nous affermit par sa Parole de vie.

La vie ici-bas dans la foi en Christ qui sauve est le commencement de la vie éternelle qui nous attend après notre existence terrestre.

Lorsque Christ me montre sa toute-puissance par ses miracles je dois savoir :  pour moi aussi il peut faire et il fera ses miracles ; et il a déjà commencé à me venir en aide – à moi

qui suis par nature sourd spirituellement et ne peux entendre la Parole de Dieu.

qui suis depuis ma naissance spirituellement muet et ne peux louer ou remercier mon Dieu.

moi qui avec la lèpre du péché vis en allant vers la damnation éternelle.

moi qui,par nature totalement paralysé spirituellement, suis incapable de penser, de dire ou de faire quoi que ce soit de bon selon la volonté de Dieu.

Toutes les infirmités physiques, toutes les souffrances et toutes les maladies, aussi l’agonie et la mort, sont des conséquences de la chute dans le péché.

Mais parce que le Sauveur et Seigneur a vaincu pour nous toutes les détresses spirituelles, parce qu’il a vaincu le diable, a ôté son pouvoir à la mort, a réalisé la délivrance des péchés et a acquis pour nous, les hommes, la paix avec Dieu, par son sang, voilà pourquoi les miracles de la toute-puissance divine de Jésus nous enseignent ce que Christ a fait pour nous et continue à faire, aussi sur le plan spirituel.

Ainsi chaque miracle de Jésus est un exemple de ce que notre Sauveur et Seigneur fait pour tous ses fidèles.

Car comme l’aveugle de la ville de Bethsaïda

1. nous aussi nous avons été amenés à Jésus et
2. nous aussi nous avons été merveilleusement guéris.

N’est-ce pas ainsi ?

1.Comme l’aveugle de la ville de Bethsaïda, nous aussi avons été amenés à Jésus et

Lorsque nous lisons le récit de cette guérison, nous pouvons voir dans le cœur de Dieu et connaître les sentiments qu’il a pour nous, pécheurs.

Là Dieu se révèle dans son Fils devenu homme, comme il s’était dévoilé à Moïse sur le Mont Sinaï : « L’Éternel, l’Éternel ! le Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, abondant en grâce et en fidélité, qui conserve sa grâce jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, le crime et le péché. » (Exode 34, 6. 7).

Oui nous regardons vers Bethsaïda et voulons dire avec le psaume : « Comme un père a compassion de ses enfants, l’éternel a compassion de ceux qui le craignent. » (Ps. 103, 13).

Dans le premier verset notre texte dit : « Ils se rendirent à Bethsaïda ; et on amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. »

Jésus vient à Bethsaïda.

Les juifs méprisaient et évitaient la Galilée, région où se situe cette ville, à cause de ses habitants païens.

Quelle grâce que le Sauveur des pécheurs se rende justement là !

Ce verset met brillamment en lumière l’accomplissement de la parole de Jésus : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19, 10).

Il n’attend pas que quelque vienne à Lui. Il vient.

Aujourd’hui aussi il vient chez nous tous dans sa Parole.

Le Sauveur nous rend visite à nous, les êtres humains, nous qui sommes dans notre détresse, avec toute la misère qui s’est abattue sur nous avec le péché.

Dieu fait le premier pas parce que nous en sommes incapables.

Mais quand Dieu vient à nous, il émane de LUI la force qui nous permet alors de venir à Lui.

« On amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. »

L’aveugle ne dit rien ; ceux qui l’ont amené parlent pour lui.

Là nous voyons l’image de tous les chrétiens, de tous ceux qui sont spirituellement sauvés.

Par nature ils sont spirituellement aveugles et ne peuvent pas connaître leur Dieu.

Et comme par nature ils ne voient pas ici-bas leur Dieu et Sauveur, ils ne verront jamais, à cause de leur aveuglement spirituel, sa gloire dans le ciel car ils ne peuvent se délivrer de cette terrible incapacité.

L’homme naturel, laissé à lui-même, reste bloqué dans son aveuglement spirituel et tombe finalement dans les plus terribles ténèbres, dans la damnation éternelle.

Comment un aveugle spirituel peut-il recevoir de l’aide ?

Eh bien seulement comme a été aidé l’homme physiquement aveugle de Bethsaïda : « On amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. »

Il faut leur faire connaître leur Sauveur et les amener à Lui.

Dieu a fait le nécessaire pour que cela puisse se faire.

Il s’est fait connaître lui-même comme étant le Secours et Sauveur.promis.

Avant son ascension, il a établi les apôtres afin qu’ils continuent d’annoncer cet unique message en son nom : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car sous le ciel il n’y a pas un autre nom, qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4, 12).

Et il a fait en sorte que cela continue à être fait par son église et ses serviteurs jusqu’à la fin des jours.

Ils sont maintenant les amis qui veulent amener les autres à la Parole de Dieu et donc à leur salut en Christ.

Mais nous aussi, les chrétiens entre nous, nous voulons nous aider mutuellement.

Chacun de nous connaît de ces moments où il endure la détresse physique ou spirituelle.

Nous sommes alors heureux lorsque d’autres nous soutiennent et viennent avec nous à Christ c’est-à-dire nous réconfortent avec la Parole de Christ et que nous reprenons confiance.

Un chrétien prend soin des souffrances de son prochain comme si ces peines étaient les siennes ; chacun porte devant le Seigneur la peine de l’autre.

Les chrétiens se soutiennent et se portent secours mutuellement.

Car il y a bien des raisons qui nous empêchent, nous aussi, de présenter immédiatement nos peines au Seigneur et de solliciter son aide.

Alors nous le supplions comme le père qui priait: « Je crois Seigneur, aide-moi dans mon incrédulité » ( Marc 9, 24) et d’autres viennent à notre côté pour nous soutenir, nous venir en aide et font confiance aux promesses de Dieu : « Éternel, tu entends le souhait des affligés ; affermis leurs cœurs, prête-leur une oreille attentive » (Ps. 10, 17) « Car le pauvre n’est pas oublié définitivement, l’espérance des malheureux n’est pas perdue pour toujours ! » (Ps. 9, 19).

Aussi nous remercions notre Seigneur Jésus Christ pour la communauté dans laquelle il nous a placés.

Il nous a donné des personnes qui nous ont conduit à Lui et qui nous ont aidé à progresser dans notre foi.

Combien de personnes nous ont déjà inclus dans leur intercession parce qu’ils avaient connaissance de nos soucis ? – et jusqu’à ce jour nous l’ignorons ! ? 

Nous ne voulons pas oublier cela afin de rendre pareil service à d’autres.

Nous devons nous aider mutuellement en priant les uns pour les autres et en nous fortifiant mutuellement avec la Parole de Dieu.

Si nous croyons et pensons comme les amis de l’aveugle nous serons une bénédiction pour d’autres car nous les conduirons vers le Seigneur de la vie, le Sauveur des pécheurs !

Ce que Christ a fait jadis physiquement pour l’aveugle, il le fait maintenant chaque jour pour de nombreuses personnes par ses chrétiens.

Comme l’homme de Bethsaïda, nous aussi, nous avons été amenés à Jésus , Dieu nous est venu ainsi en aide par d’autres personnes.

2. Comme l’aveugle de la ville de Bethsaïda, nous aussi nous avons été merveilleusement guéri par Jésus.

« Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village »

Jésus veut être seul avec lui, c’est ce qui est le meilleur pour l’homme malade.

Le murmure des nombreux curieux ne doit pas le déranger et penser à ces nombreux yeux ne doit pas le distraire.

De cette manière il est seul avec son Seigneur et Dieu.

Aujourd’hui aussi Jésus se donne le temps pour chacun – aussi pour toi !

Il est à l’écoute de tes peines, il entend tes gémissements et veut te venir en aide – pour le temps présent et pour l’éternité !

Chaque jour où nous sommes en contact avec le Seigneur Jésus Christ et la Parole de Dieu est un jour d’une grande importance !

Voyez comment le Seigneur aborde un homme hésitant, le prend à part et lui montre que : « rien n’est impossible à Dieu. » (Luc 1, 37).

« Il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains. »

Cela signifie : le miracle se réalise avec ce qui sort de la bouche du Fils de Dieu : de la Parole de Dieu.

Et par la Parole de Dieu seule se réalise le miracle ; par la Parole il fait sortir des hommes de l’aveuglement spirituel et ils se reconnaissent alors comme pécheurs perdus auxquels Dieu a envoyé le Sauveur. 35,5/ 29,19).

Car Esaïe a prophétisé : « Alors les yeux des aveugles seront ouverts, et les oreilles des sourds seront débouchées » et encore : « En ce jour-là … les malheureux se réjouiront de plus en plus en l’Éternel. » (Esaïe 35, 5/ 29, 19).

Le but de Christ c’est que des aveugles spirituels deviennent voyant dans la foi car « la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17, 3).

Tout comme l’aveugle a pu soudainement voir la lumière par le miracle de Jésus, Dieu, par sa parole, conduit aujourd’hui des gens à reconnaître en Lui, la vraie lumière, comme il dit : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8, 12).

Jésus « lui demanda s’il voyait quelque chose. Il regarda, et dit : J’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux ; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. »

Dans la vie spirituelle du chrétien il en est de même : Jusqu’à notre fin, Dieu veut nous enseigner par sa Parole afin que nous ayons toujours une meilleure connaissance de Lui et de son salut et que nos racines pénètrent toujours plus profondément dans la sagesse incommensurable de Dieu.

En lisant ou en entendant la Parole de Dieu, Dieu dissipe le brouillard des questions, des doutes et de la petite foi..

Mais quel est le sens du dernier verset ? : « Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant : N’entre pas au village. » (Marc 8, 26).

Jésus ne veut pas cette ambiance tapageuse comme on peut la trouver dans de nombreuses sectes et communautés.

Il ne veut pas alimenter l’envie effrénée de miracles et la connotation terrestre qui s’y trouve.

Et ainsi il préserve le guéri de toute fierté et crânerie.

Donc ce verset nous rappelle qu’il faut nous méfier de la mentalité terrestre c’est-à-dire ne pas être avide de miracles mais estimer l’aide de Dieu en ce qui concerne le spirituel et les Paroles de la vie éternelle bien supérieures et magnifiques.

Un cœur qui s’édifie et s’affermit à la Parole de Dieu, c’est ce qui est bien, comme nous le voyons chez Marie : « Et Marie conservait toutes ces paroles [sur Jésus], les repassant dans son cœur. » (Luc 2, 19).

Car, ici-bas, il ne nous décharge pas toujours de notre fardeau mais il dit que tout, y compris la souffrance, contribue à notre bien. (Rom. 8, 28).

Il renforce ainsi en nous l’envie d’aller au ciel..

à l’apôtre Paul il n’a pas ôté une terrible souffrance et lui a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.» (2 Cor. 12, 9). Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France