Sermon pour Noël

Sermon pour Noël sur Jean 1, 12-14

Mais à tous ceux qui l’ont reçue (la Parole), à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

Au nom de Christ, chère paroisse !

Les prophètes, les apôtres et les évangélistes ont écrit la Parole de Dieu que nous possédons dans les Saintes Écritures.

Dieu nous enseigne au sujet des Saintes Écritures : « C‚est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 Pierre 1, 21).

C’est pourquoi l’apôtre écrit : « Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne le Saint Esprit … » (1 Cor. 2, 13).

Ici, dans le premier chapitre de l’évangile de Jean, le Seigneur Jésus Christ est appelé « la Parole ». C’est ce que le Saint-Esprit nous enseigne.

Donc Dieu lui-même appelle son Fils devenu homme « la Parole ».

Mais pourquoi ?

C’est qu’à cette époque, se répandait une falsification philosophique de la foi chrétienne, la «Connaissance» (grec: «gnosis»), et ils appelaient leur doctrine «la Parole» (1 Tim. 6, 20 suiv.).

Il se peut que Dieu, en opposition à ces agissements impies, exprime que Christ et son enseignement est la véritable Parole.

Il dit : « Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous. »

Paul enseigne : « Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » (Gal. 4, 4).

La « Parole » est Dieu le Fils. En faisant naître Dieu le Fils en tant qu’être humain et en le faisant venir à nous, Dieu remplit toutes ses promesses d’envoyer le Rédempteur.

Ainsi, le Christ est la Parole incarnée des promesses de Dieu, en effet (comme l’écrit l’apôtre Paul) : « Pour toutes les promesses de Dieu, c’est en lui que se trouve le «oui», et c’est donc aussi par lui que nous disons «amen» à Dieu » (2 Cor. 1, 20).

« Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous. »

Dans les Saintes Écritures « chair » signifie l’être humain dans son entier, le corps et l’esprit.

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » (Gen. 2, 24).

Et dès le début notre texte parle d’êtres humains de chair et de sang : « Mais à tous ceux qui l’ont reçue (la Parole), à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. »

Ce sont les croyants qui sont enfants de Dieu par la foi en Christ. (Gal. 3, 26).

Ils sont « nés de Dieu », c’est-à-dire ils sont « nés de nouveau », comme Christ dit : « si quelqu’un ne naît pas de nouveau, il ne peut voir le règne de Dieu. » (Jean 3, 3).

Les personnes comme toi et moi sont conçues par leur père et mis au monde par leur mère. C’est pourquoi nous aussi nous devons reconnaître avec David : « Voici, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché. » (Ps. 51, 7).

Ainsi chaque être humain est né pécheur et rejeté.

Il est sous la colère et la condamnation de Dieu.

Cependant l’Écriture dit : « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ c’est par grâce que vous êtes sauvés » (Eph. 2, 4. 5).

En Christ, Dieu, par sa grâce et son amour, nous fait passer de la mort spirituelle à la vie ; c’est ce que dit notre texte : « Mais à tous ceux qui l’ont reçue (la Parole), à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. »

Dans sa grâce, Dieu a créé ce chemin : « En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16).

Notre texte parle de cela : « Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous. »

Et selon la décision miséricordieuse de Dieu, c’est ce qui nous est arrivé à nous pécheurs.

à celui qui écoute et croit en la parole du Christ, Dieu donne le pouvoir de fuir le royaume du diable et de devenir un enfant de Dieu qui croit en son nom.

Considérons encore plus avant l’action miséricordieuse de Dieu :

1. La Parole a été faite chair

Au sujet de Jésus qu’il nomme ici « la Parole », Dieu écrit : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle... »

Jésus Christ était déjà « au commencement » de l’histoire du monde et de l’humanité. Il est éternel. Il est Dieu. Il est devenu chair.

C’est pourquoi nous confessons : Je crois que Jésus-Christ, vrai Dieu, né du Père de toute éternité, vrai homme, né de la Vierge Marie, est mon Seigneur

Il n’y a pas deux Fils qui serait l’un le Fils de Dieu et l’autre le fils de Marie.

Il y a deux sortes de naissance, une de Dieu et l’autre de Marie.

Marie a mis au monde Jésus qui est le Fils unique de Dieu.

« La Parole a été faite chair » – Dieu est devenu un véritable homme fait de chair et de sang. L’évangéliste aurait aussi pu dire : « la Parole est devenue homme ». Mais il dit « chair » à la manière des Écritures Saintes pour pointer le côté éphémère et mortel.

Christ a accepté la nature humaine qui est mortelle et soumise à la colère de Dieu ; il s’est fait « chair » – mais sans péché. (Héb. 4,15).

Dieu est homme, l’homme est Dieu en une personne, les deux à la fois !

De cette façon, Dieu voulait créer notre salut.

Bien que les saints anges soient bien plus purs que nous, hommes pécheurs – Dieu revêt cependant notre nature.

Par là je dois comprendre que si Dieu m’était hostile il n’aurait pas fait cela !

Luther dit : « Dieu s’est fait homme », … ces paroles nous devrions les chanter avec des notes longuement appuyées car c’est en ces paroles que nous avons toute notre consolation et notre joie face au péché, à la mort, au diable, à l’enfer et au désespoir et nulle part ailleurs. Car il est certain que celui qui dans la plus grande tentation pourra dire « Et la Parole s’est faite chair » avec une foi véritable et une forte confiance, sera certainement … sauvé de sa détresse.

Voyez, Dieu nous aime tellement , nous pécheurs, et il veut tellement que nous soyons sauvés, qu’il a donné un si grand honneur à la nature humaine.

Le Fils de Dieu est à toi ! En Christ, Dieu lui-même est venu à tes côtés en tant que puissant Sauveur et protecteur, vrai Dieu et vrai homme !

Pour notre consolation, Christ résume ce miracle de Dieu en deux mots :

  • l’un c’est qu’il parle de lui-même comme le « Fils de l’homme », (Matth. 16, 28)
  • l’autre c’est qu’il dit : « Celui qui m’a vu, a vu le Père. » (Jean 14, 9).

 

Oui, la Parole a été faite chair… 2. et elle a habité parmi nous.

Dieu est proche de tous les hommes !

Paul dit : « Dieu n’est pas loin de chacun de nous, car en Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être … » (Actes 17, 27 . suiv.).

Le Seigneur Dieu était en tout temps proche en bonté et en amour des croyants.

Dieu a dit à travers le prophète : « Car ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; Mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits. » (EsaIe 57, 15).

Mais maintenant qu’il est dit que « la Parole a été faite chair » l’éternel et tout-puissant Dieu est devenu tangible, visible, un homme de chair et de sang.

Il mangeait et buvait, il était fatigué du voyage, il dormait et comme nous lisons : « il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme. » (Phil 2, 7).

Il vivait comme toute autre personne, il habitait une maison dans une ville, se déplaçait comme les autres, s’habillait comme chacun.

« Il devait devenir semblable en tout à ses frères . » (Hébr. 2, 17).

Oui, mais « séparé des pécheurs » (Hébr. 7, 26) et « tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Hébr. 4, 15), « qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. » (Hébr.7, 27).

Il connaît toutes nos détresses et sait comment on les ressent. L’apôtre dit :  « Il (Jésus) peut compatir à nos faiblesses ».

« et elle (la Parole, Jésus) a habité parmi nous » – et il est dit encore :

3. et nous avons contemplé sa gloire

Les apôtres sont les témoins de Christ par ce qu’ils ont vu et entendu : ils ont vu ses miracles et entendu sa Parole qui donne la vie.

Leur témoignage nous est parvenu par la Parole écrite : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, (car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée), ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite. (1Jean 1, 1-4).

Aux chrétiens Pierre écrit : « Lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi. » (1Pierre 1, 8. 9).

Ne pas voir le Seigneur physiquement – et pourtant le voir avec les yeux de la foi en raison de la Parole des Saintes Écritures.

C’est ce qui est le plus important. Car à quoi cela a t-il servi aux pharisiens et aux scribes de voir physiquement le Christ de leurs yeux alors qu’ils le méprisaient et n’ont pas voulu croire en lui et l’accepter comme leur Sauveur ?

Dieu dit : « Fils de l’homme, tu habites au milieu d’une famille de rebelles, qui ont des yeux pour voir et qui ne voient point, des oreilles pour entendre et qui n’entendent point ; car c’est une famille de rebelles. » (Ezech. 12, 2) et lorsque les apôtres ont douté de la toute-puissance de Jésus, il a dit : « Avez-vous encore le cœur endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas ? Vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ? » (Marc 8, 17 suiv.).

Mais dès que la Parole de Dieu infléchit et transforme les cœurs de manière qu’ils reconnaissent Christ comme Dieu et Seigneur, il se passe ce que Dieu a prophétisé par Esaïe : « Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, s’ouvriront les oreilles des sourds … » (Esaïe 35, 5).

Nous aussi nous pouvons dire : « Nous contemplons sa gloire ! »

Le Seigneur Jésus Christ a agi envers nous par grâce ; il nous a apporté le pardon de toute culpabilité ; il nous a acquis la magnifique espérance de la vie éternelle.

Dans notre vie ne nous a-t-il pas déjà souvent fait voir sa gloire – lorsque nous nous trouvions dans une grande détresse et que nous ne savions pas comment nous en sortir ou lorsque la maladie ou des détresses psychiques nous faisaient souffrir ?

Mais surtout nous avons reçu ce dont Paul dit : « Le royaume de Dieu … est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint . » (Rom. 14, 17).

C’est pourquoi nous aussi nous disons : « Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous avons cru, et nous avons connu que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Jean 6, 68 suiv.)

Au milieu de la détresse physique et spirituelle de ce monde, nous avons un refuge et l’assistance la plus grande , oui le soutien le plus puissant.

Nous avons la Parole de notre Seigneur : Ta Parole guérit le corps et l’âme. Et lorsque la Parole dit : «la frayeur seule sera votre instruction. » (c’est-à-dire l’affliction seule enseigne à prêter attention à la Parole) (Esaïe 28, 19), nous avons appris et nous en faisons l’expérience chaque jour que seule la parole de notre Dieu peut dissiper la tentation, la tribulation et remédier à un grand besoin spirituel, comme il est écrit dans le psaume : « Dans la détresse tu m’as soulagé. » (Ps. 4, 2).

Et Christ dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne se laisse pas effrayer … Vous aurez à souffrir dans le monde, mais prenez courage : moi, j’ai vaincu le monde. » (Jean 14, 27 ; 16, 33).

C’est pourquoi Esaïe donne dans sa prophétie six noms au Seigneur Jésus Christ : « On l’appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » (EsaIe 9, 6).

 

« Nous avons contemplé sa gloire… » 4. pleine de grâce et de vérité

Christ est la grâce incarnée de Dieu : « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. » (2Cor. 8, 9).

Celui qui fait grâce et miséricorde dit ceci aussi pour toi et pour moi : « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. » (Esaïe 1, 18).

Et Christ te dit encore : « Tu m’as tourmenté par tes péchés, tu m’as fatigué par tes iniquités. C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés. » (Esaïe 43, 24. 25)

Oui, Dieu est devenu homme et a habité parmi nous. Nous avons vu sa gloire – pleine de grâce et de vérité .

Comme le pauvre païen Ponce Pilate, d’innombrables personnes désappointées demandent aujourd’hui aussi  : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18, 38).

Dans la foi que Dieu donne à travers sa puissante parole, chaque être humain peut arriver à connaître quelle est vraiment la vérité.

Christ, le Fils de Dieu devenu homme, est la vérité en personne et la Parole des Saintes Écritures est la vérité de toutes les vérités – de part en part !

La plus importante et la plus glorieuse de toutes les vérités, le Christ nous l’a dite avec ces mots : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19, 10).

Il est la véritable «consolation des croyants d’Israël» d’alors (Luc 2, 25) et la «consolation des nations», comme l’a prophétisé Aggée (Agg. 2, 7). Dieu compare le Sauveur des pécheurs, le Seigneur de toute consolation à une mère qui nourrit, allaite et réconforte son petit enfant à sa poitrine. Cette consolation est issue du peuple que Dieu a choisi comme le dit Jésus : « Le salut vient des Juifs. » (Jean 4, 22). Oui la Parole et l’œuvre de Christ sont intimement liées à l’ancien peuple de Dieu et à la ville de Jérusalem d’alors. Maintenant, écoutons ce que Dieu a prophétisé par Esaïe et qui nous concerne nous aussi :

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, faites d’elle le sujet de votre allégresse, vous tous qui l’aimez ; tressaillez avec elle de joie, vous tous qui menez deuil sur elle ; afin que vous soyez nourris et rassasiés du lait de ses consolations, afin que vous savouriez avec bonheur la plénitude de sa gloire. Car ainsi parle l’Éternel : Voici, je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent débordé, et vous serez allaités ; vous serez portés sur les bras, et caressés sur les genoux. Comme un homme que sa mère console, ainsi je vous consolerai ; vous serez consolés dans Jérusalem. » (Esaïe 66, 10 – 13). Amen. (ml/ mb)

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France