Sermon sur Hébreux 9 : 11 – 15 (Dimanche Judica)

Sermon sur Hébreux 9 : 11-15

Le texte du sermon :   Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant !

Et c’est pour cela qu’il est le médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis.

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Chère paroisse !

La chute dans le péché d’Adam et d’Eve a creusé un profond abîme entre nous, pécheurs, et notre créateur.

Aussi éloignés que sont le diable et tout le mal du Dieu saint, aussi grande est la séparation de tous les descendants d’Adam et Eve d’avec Dieu depuis la chute dans le péché.

Maintenant l’être humain est entièrement hostile à sa sainte volonté que Dieu a révélée dans les 10 commandements – par lui-même l’être humain est tout-à-fait incapable de se rendre à nouveau obéissant à cette volonté de Dieu, d’être à nouveau à l’unisson avec Dieu, oui pire encore : L’être humain est totalement infesté et empoisonné par l’hostilité qu’il a envers Dieu.

« Ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu ; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face. » (Esaïe 59, 2).

En tant que transgresseur l’homme se tient d’un côté de l’abîme et n’a aucune possibilité de rejoindre l’autre côté par ses propres moyens.

Et même s’il s’efforçait d’accomplir la volonté de Dieu, du moins extérieurement, par exemple en ne commettant pas de meurtre ou en ne dérobant pas, la mauvaise graine se développe cependant abondamment dans son cœur, comme le dit Christ : « C‚est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Marc 7, 21 – 23).

Pas la moindre lueur d’espoir de parvenir à la paix avec Dieu, uniquement la colère et le jugement de Dieu pour les coupables, la perdition et la damnation !

Il n’y a pas d’issue si Dieu n’agit pas par miséricorde !

Y-a-t-il dans la nature de Dieu un amour qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer pour qu’il vienne au secours des pécheurs et des impies ? – pour qu’il fasse passer sa miséricorde avant sa justice ?

Dieu dit dans sa Parole : « Est-ce que je prends plaisir à voir le méchant mourir ? déclare le Seigneur, l’Éternel. N’est-ce pas plutôt à le voir changer de conduite et vivre ? (Ez. 18, 23).

En Jésus Christ Dieu a jeté un pont par-dessus l’abîme et il annonce : « L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. » (1 Jean 4, 9).

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous… » (Gal. 3, 13). « Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même… » (2 Cor. 5, 19).

Le Seigneur Dieu est pur amour ; c’est pourquoi il dit à tous les hommes : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3, 36) et l’apôtre écrit : « Christ a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix. » (Col. 2, 14).

Dans notre texte de sermon il est question du Fils de Dieu qui a construit le pont par-dessus l’abîme qui nous séparait de Dieu.

Christ nous est présenté ici comme notre Souverain Sacrificateur ; tout le service du temple de l’Ancienne Alliance avait pour but de mener à Christ.

Prêtre, du mot latin « Pontifex » signifie constructeur de pont. Christ est notre « Pontifex », le prêtre donné par Dieu, le grand « constructeur de pont » qui a construit et ouvert la voie qui, par son sacrifice expiatoire, nous mène à la paix avec Dieu : « Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. » (Eph. 5, 2).

Notre texte de sermon compare maintenant le sacerdoce de l’Ancien Testament qui, en forme de promesse, attirait l’attention sur le grand prêtre à venir, Christ. Christ a accompli toutes les promesses de grâce de Dieu.

Nous voulons méditer deux choses :

Le sacrifice de Christ

1. est parfait et 2. est définitivement valable

1. Le sacrifice de Christ est parfait.

Dans le texte il est dit : « Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ».

Au temps de l’Ancien Testament le souverain sacrificateur assurait son service dans le temple et lorsqu’il n’y avait pas encore le temple, il l’a assuré dans le Tabernacle (une grande tente magnifique).

Dieu avait établi les souverains sacrificateurs pour qu’ils offrent les sacrifices en tant qu’intermédiaire, de médiateur, entre le peuple pécheur et Dieu.

Le ministère du souverain sacrificateur de l’Ancien Testament était un service de préfiguration. Il proclamait que Dieu allait envoyer son Fils, le Souverain Sacrificateur unique, sans égal.

Ce sacrifice du Fils de Dieu devait être définitif, pleinement valable pour l’expiation et la réconciliation de tous les hommes pécheurs avec Dieu.

Au temps de l’Ancien Testament Christ était attendu dans le « futur », c’est-à-dire il devait encore venir ; et ce qu’il va acquérir par ses souffrances et sa mort sont des « biens à venir».

C’est pourquoi il est dit dans notre texte : « Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création ».

Le magnifique tabernacle du service divin « construit de main d’homme » était éphémère et lorsque les prêtres de l’Ancien Testament mouraient et il fallait installer un successeur.

Par contre, Christ est le Fils éternel de Dieu et son sacerdoce est éternel et tout ce qu’il a accompli demeure et est valide et suffisant et n’a pas besoin d’être renouvelé.

Celui qui met sa confiance en cela dans la vie et la mort a un ferme fondement, est réellement réconcilié avec le Seigneur Dieu et sera sauvé à coup sûr.

Avec ces paroles, Dieu veut fortifier en nous cette assurance afin que, dans la foi, nous placions totalement notre confiance en Christ.

C’est pourquoi, en faisant la comparaison avec les sacrifices de l’Ancien Testament qui pointaient sur Jésus, il nous fait savoir par ces paroles à quel point la mort sacrificielle de Jésus est unique : « Il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! »

Avant la construction du temple à Jérusalem il y avait, à l’époque de l’Ancien Testament, un endroit, « construit de main d’homme », où le prêtre pratiquait les sacrifices : le Tabernacle.

Là, conformément au commandement de Dieu, le sang des animaux sacrificiels était répandu sur l’Arche de l’Alliance.

L’Arche de l’Alliance était un coffre magnifiquement ouvragé dans lequel se trouvaient entre autres les deux planches avec les 10 commandements.

Ainsi, l’accusation par les Dix Commandements de Dieu (qui se trouvaient dans l’Arche de l’Alliance) était couverte de manière pré-figurative, par du sang.

Mais le sang du Fils de Dieu, qu’il a versé pour nous sur la croix, n’est « pas de cette création ».

C’est Dieu, le créateur lui-même.

Christ n’est pas comme le monde entier souillé par le péché ; Jésus n’a pas en lui l’hostilité héritée envers Dieu, il est sans péché.

« Il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. »

Les sacrifices de l’Ancien Testament devaient être répétés.

Ils ne pouvaient pas réellement réconcilier les humains avec Dieu : « car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. » (Hébr. 10, 4).

Dieu a accepté les sacrifices au temps l’Ancien Testament avec compassion car il avait donné l’ordre de les pratiquer et parce qu’ils étaient accomplis dans la foi en celui qui devait s’offrir en sacrifice pour la réconciliation de tous les hommes avec Dieu, Jésus-Christ.

C’est pour cette raison qu’il est dit : « … combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! »

« Dieu nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels, » (2 Tim. 1, 9).

Ainsi Dieu a envoyé son Fils sur l’autre côté de l’abîme, vers nous qui sommes perdus : le Saint est venu à nous afin que nous redevenions saints par la foi en Lui.

C’est pourquoi Christ dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14, 6).

Par lui, le pont qui donne à nouveau accès à la communion éternelle avec notre Créateur a été reconstruit, le pont par-dessus l’abîme de l’enfer.

Par la grâce de Dieu, il y a un moyen de sortir de la malédiction du péché pour entrer dans la paix avec Dieu, dans la parfaite sécurité de la grâce.

C’est pourquoi un passage du texte de notre sermon enseigne : « Il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux… » (Hébr. 7, 25).

Lorsque nous considérons tout cela alors nous reconnaissons que le sacrifice de Jésus pour nos péchés est en fait sans égal, d’une valeur unique ! – comme c’est dit dans notre texte : « Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’est pas de cette création. »

2. Le sacrifice de Christ est valable pour toujours

Aussi immuable qu’est Dieu lui-même, aussi ferme qu’est la Parole de Dieu, aussi permanent et indestructible est le pont que Christ a réalisé pour nous pécheurs en l’honneur de la sainte majesté de Dieu.

Car il est écrit : « Jésus Christ est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1 Jean 2, 2).

Christ a réconcilié le monde entier avec Dieu par ses souffrances et sa mort ; le péché est pardonné, la dette est acquittée.

Car : « Jésus Christ, notre Seigneur, a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification. » (Rom. 4, 25).

C’est pourquoi il est sûr que : « Là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché. » (Hébr. 10 18).

Mais comment chaque être humain, comment toi, comment moi, pouvons-nous recevoir le bénéfice du sacrifice de Jésus ?

L’expiation (la réparation) est accomplie mais comment puis-je en recevoir le fruit ?

La Parole de Dieu dit : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (Rom. 8, 1).

C’est pourquoi il n’y a pas de question plus importante pour une personne que celle-ci : « Suis-je en Jésus Christ » ? Mais qu’est-ce que cela signifie ?

« Être en Jésus-Christ » ne signifie rien d’autre que de « croire en lui », que de faire de lui mon Sauveur et Seigneur, le saisir par la foi.

La foi saisit Jésus et avec lui le pardon des péchés, la vie et le salut éternel – pleine de confiance, la foi du croyant dit : « Quel autre ai-je au ciel que toi ! Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi ! » (Ps. 73, 25).

Il est sûr que celui qui « est en Jésus Christ » sera sauvé, quiconque ne croit pas en lui sera damné.

Ce n’est donc pas vraiment le péché qui mène une personne en enfer, mais son incrédulité.

Quiconque rejette le sacrifice unique de Jésus par incrédulité ou fausse croyance, ou qui à côté du sacrifice de Christ met son espoir en ses propres bonnes œuvres méritoires, reste avec ses péchés et ainsi sous la malédiction de Dieu.

Dans la Parole de Dieu nous lisons aussi : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3, 36).

Celui qui ne veut pas du sacrifice de Christ ou qui pense que ce n’est pas pleinement suffisant, ne peut pas être aidé.

Mais celui qui s’attache à Jésus par la foi sera véritablement sauvé – même si le diable lui rappelle à l’esprit de manière insistante sa nature pécheresse, même si sa faiblesse le fait souvent trébucher.

Contre toutes les tentations et tous les doutes Dieu nous a donné sa ferme Parole : « Celui qui croira, sera sauvé ! » (Marc 16, 16).

Rien ne peut anéantir cette ferme promesse car « la parole du Seigneur demeure éternellement. » ( Pierre 1, 25).

Reste fermement attaché à cela ! Que cela seul soit ta consolation !

La mort sacrificielle de Christ est notre salut. Elle est unique et elle est définitivement certaine. Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France