Sermon sur : Romains 6 : 3 – 6

Sermon sur : Romains 6, 3 – 6

Le Texte de la Bible :
​Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché.

Chère paroisse !

La Parole de Dieu dit : « Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés.» Eph. 2, 1).

« Mort » – c’est l’état spirituel de l’homme avant que le Saint Esprit n’accomplisse le grand miracle : la renaissance ou conversion.

Tu viens au monde par la naissance naturelle.

Par la nouvelle naissance tu entres dans la vie spirituelle.

C’est alors que naît en toi la foi et ton amour pour Dieu.

Alors Dieu fait d’un pécheur un citoyen de son royaume.

Là, tu deviens enfant de Dieu et héritier de la vie éternelle.

Seul Dieu opère ce grand miracle : « Vous étiez morts … » – Comment une personne morte pourrait-elle elle-même se donner à nouveau la vie ?

Mais « rien n’est impossible à Dieu. » (Luc 1, 37).

Christ a dit de ce miracle concernant les morts spirituels : « à moins de naître (à nouveau) d’eau et d’Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. (Jean 3, 5. 6).

« Chair » – désigne l’opposition de l’être humain envers Dieu, son créateur, héritée de génération en génération, l’hostilité envers les saints commandements de Dieu qui habite l’être humain, le poison de l’incrédulité et de la désobéissance.

« Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu » (Rom. 8, 8).

Selon la nature, l’homme est mort, spirituellement mort et il est incapable de parvenir par lui-même à la vie spirituelle.

L’homme né du fait de la nature est sous le jugement de colère de Dieu et au dernier jour il entendra ces paroles : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » (Matth. 25, 41).

Cependant Dieu nous offre, à nous perdus, une solution unique de salut.

La Parole de Dieu en parle ainsi : « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés) … » (Eph. 2, 4-5).

Le texte du sermon d’aujourd’hui parle de cet acte de grâce de Dieu : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. » (Rom. 6, 3. 4).

Comme un poison mortel peut être neutralisé par un contrepoison, Dieu a offert une autre mort qui engloutit et anéantit notre mort spirituelle.

Dans les temps anciens il a fait annoncer par le prophète: « Je vais les libérer de l’emprise des enfers, les racheter de la mort. Mort, où est ta pestilence ? Enfers, où est votre fléau ? » (Osée 13, 14).

C’est la mort sacrificielle de Christ qui nous libère des conséquences de la chute de l’humanité : « Car, puisque la mort est venue par « un homme », c’est aussi par « un » homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » (1 Cor. 15, 21. 22).

Par le baptême le Dieu miséricordieux nous fait participer à ce que le Christ a acquis par sa mort.

Dieu a établi cette puissance dans le baptême ; Dieu a ordonné le baptême.

C’est donc une action sacrée, liée à la promesse de la grâce.

Dans le baptême Dieu établit la relation entre le pécheur et Christ ; Il le reçoit dans son alliance de pardon des péchés.

La personne qui a été baptisée est bénéficiaire de tout ce que Christ a réalisé pour sauver les pécheurs.

Nous sommes baptisés en la mort de Christ. Par le baptême nous avons été ensevelis avec lui en sa mort. Nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort.

Et parce que nous sommes maintenant baptisés en Christ, précisément baptisés en sa mort, nous avons, par pure grâce divine, part à ce qu’il a acquis par sa mort, car il est mort pour nous..

Nous sommes arrachés de la puissance du péché, à sa domination. Le péché n’a plus aucun droit sur nous.

Christ a brisé les chaînes du péché et nous a libéré de notre hostilité envers Dieu. Par le baptême sa victoire nous est offerte.

Si nous sommes baptisés en la mort de Christ, c’est comme si nous étions nous-mêmes morts au péché et : « celui qui est mort est déclaré juste et est délivré du péché. » (Rom. 6, 7).

« Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle. » (Rom. 6, 4).

Cette vie nouvelle est la vie ici-bas en tant qu’enfant de Dieu.

En tant qu’enfants de Dieu nous sommes aussi héritiers de la vie éternelle.

Car il est aussi dit : « En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection. »

Mais dans notre verset il dit en premier : « afin que… nous aussi nous menions une vie nouvelle. »

Cela signifie que, par le baptême, on est changé en un être nouveau, on renaît dans une vie nouvelle.

C’est la vie nouvelle ici-bas, dans la foi et l’amour pour Dieu, la vie sous la grâce et la conduite de Dieu.

L’homme pécheur y accède sans sa propre contribution..

C’est pourquoi le Seigneur Jésus Christ dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »

« Naître » – est une chose passive ; lors d’une naissance, celui qui est mis au monde ne peut que laisser les choses se faire avec lui.

La Parole de Dieu emploie ici des mots qui expriment quelque de passif – aussi l’expression « nous sommes devenus une même plante avec lui ».

Lors de la naissance, tous les autres font quelque chose, sauf celui qui est mis au monde, de même la plante ne saute pas d’elle même dans le sol : elle est plantée.

Paul écrit : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ … » (Rom. 8,1) – « être en Christ », comme si on était implanté en lui.

Nous sommes enterrés avec lui.

Nous sommes plantés avec lui.

Nous sommes nés

Si nous demandons de quelle façon une personne reçoit le Saint-Esprit pour qu’elle croit en Jésus et « soit en lui », la parole de Dieu nous répond : « Comme Pierre disait encore ces mots [de la grâce de Dieu en Christ] le Saint-Esprit tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole. (Actes 10, 44).

Si nous demandons comment un petit enfant, qui ne peut pas encore comprendre le message de la miséricorde, devient un enfant de Dieu, nous entendons : « Dieu nous sauve par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit » (Tite 3, 5) – c’est le baptême !

La Parole et le Baptême sont les moyens par lesquels Dieu nous reçoit comme ses enfants, nous offre le Saint Esprit par lequel nous recevons, en Jésus-Christ, le pardon des péchés et la vie éternelle.

C’est ce qu’enseigne Paul : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort … »

Quand un petit enfant reçoit le baptême il est vrai de lui que : « celui qui est mort est justifié du péché .» (Rom. 6, 7).

Gardons toujours à l’esprit : Il sera enterré avec lui par le baptême dans sa mort rédemptrice (du Christ). Il sera planté avec le Christ dans les fruits ou les conséquences gracieuses de sa mort. Il sera par la grâce de Dieu.

Tout cela s’effectue sans la moindre contribution de celui qui reçoit le baptême – par pur amour et grâce de Dieu !

C’est pourquoi la Parole de Dieu compare aussi le baptême à la circoncision.

Du temps de l’Ancien Testament, lors de la circoncision, le huitième jour après la naissance, les enfants étaient inclus dans l’alliance de Dieu et sans qu’ils n’y puissent contribuer en quoi que ce soit eux mêmes.

Il compare le baptême à cette circoncision : « C’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ … ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts. Vous qui étiez morts par vos offenses… nous faisant grâce pour toutes nos offenses … » (Col. 2, 11 – 13).

Est-il ici question d’une quelconque activité du pécheur ? – d’une participation lors de la,conversion ?

Qui veut s’opposer à la parole de Dieu et dire : Moi je me suis converti ! Qui ne veut pas croire la parole de Dieu ?

La conversion et la régénération ne se produisent que par pure grâce de Dieu.

Celui qui enseigne et croit autrement s’empare de la gloire qui revient à Dieu !

Après l’apôtre écrit encore ; « sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui [Christ], afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. » (Rom. 6, 6).

Il résulte de la renaissance et de la conversion que nous servons Dieu et non plus le péché.

Tout ce que nous sommes et avons ne doit plus être au service du mal, mais au service de Dieu.

Cela encore ne se fait que par la puissance de Dieu, cela vient de « la force que Dieu communique » (1 Pierre 4, 11).

Dieu nous donne et la volonté et la force de lutter contre le mal en nous.

La victoire du Christ sur le péché, la mort et le diable nous est donnée par la foi.

C’est pourquoi les chrétiens disent : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie ! Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! » (Rom. 8, 31 – 34).

C’est l’unique raison pour laquelle il est possible de : « Combattre le bon combat de la foi … » (1 Tim. 6, 12).

Combattre – non pas pour mériter le ciel, mais pour ne pas perdre à nouveau la précieuse foi et notre adoption par Dieu !

Parce que chacun doit reconnaître que : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. » (Rom. 7, 18. 19).

Nous avions entendu avant : « … afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. » (Rom. 6, 6).

Le péché est toujours là et il nous faut le combattre.

Mais le péché ne peut plus diriger et dominer celui qui « est en Christ » par la foi.

Veillons à ne pas nous laisser dominer par le péché, à ne pas le servir ; ayons soin de le combattre – à ne pas nous y soumettre.

Par Christ, nous sommes rachetés et libérés du pouvoir asservissant du péché et surtout de la soumission au péché.

Nous savons toutefois que nous sommes rapidement fatigués dans le combat de la foi, que la volonté diminue, que la résistance faiblit.

Et le péché a encore remporté une petite victoire ! Il ne pourra pas la conserver ! Le Seigneur nous prend par la main et nous relève par son accueillante parole de grâce et par la Sainte Cène.

Car nous sommes changés en une créature nouvelle : nous sommes des enfants de Dieu : « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. » (Rom. 6, 11).

C’est là la vérité que nous ne ressentons ou ne percevons pas, car en nous, nous ne ressentons souvent que la juste colère et la damnation de Dieu.

C’est ce que nous enseigne Dieu. Nous devons croire cela !

Il n’est pas dit que tu es sans péché, mais que Dieu t’absout, te pardonne pour l’amour de Christ : Tu es un pécheur réconcilié avec Dieu.

Alors ceci est aussi pour toi  : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (Rom. 8, 1).

« Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ … » 2 Cor. 5, 18).

C’est par l’action de Dieu que nous sommes morts au péché, que le lien est rompu, que le diable ne peut plus nous enchaîner avec le péché, que nous ne sommes plus esclaves du péché, c’est l’œuvre de Dieu !, ce n’est pas par notre action, pas par notre effort, pas par notre combat !

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie . » (Eph ; 2, 8. 9).

C’est pourquoi regarde Christ ! – uniquement LUI !

Ce qui suit est une partie essentielle de notre foi chrétienne : Nous croyons la Parole de Dieu qui nous enseigne que nous sommes morts au péché – même si nous ne le ressentons pas mais percevons même le contraire en nous !

Quand des péchés comme l’incrédulité, l’ingratitude, l’insatisfaction, la fornication, l’opposition à Dieu et à Sa Parole, le fait de contester et d’être mécontent, s’éveillent en toi, alors oppose à ces mauvaises pensées la parole de votre Dieu : je me considère comme mort au péché !

Le texte du sermon d’aujourd’hui parle aussi de cet acte de grâce de Dieu : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. »

Voilà pourquoi il est dit : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, recherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Attachez-vous aux réalités d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. » (Col 3, 1 et suiv.) Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne
Traduction : Louis Cron, Obernai, France