Nombres 6, 23-27

Nombres 6, 23-27

Le texte du sermon :
Parle à Aaron et à ses fils, et dis: Vous bénirez ainsi les enfants d’Israël, vous leur direz:
Que l’Éternel te bénisse, et qu’il te garde!
Que l’Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu’il t’accorde sa grâce!
Que l’Éternel tourne sa face vers toi, et qu’il te donne la paix!
C’est ainsi qu’ils mettront mon nom sur les enfants d’Israël, et je les bénirai.

Chers frères et sœurs !

Quand Dieu nous révèle certaines choses à son sujet, de sa toute-puissance, de sa nature, nous sommes comme de petits enfants : nous ne pouvons que répéter ce qu’il nous enseigne.

L’apôtre Paul dit dans sa lettre aux Romains : « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! » (Rom. 11, 33).

Une telle « voie » de Dieu, sur laquelle Il nous guide et à laquelle on pense en premier est l’Évangile de Jésus Christ.

Ce qui caractérise principalement l’essence de Dieu, ce que Dieu nous a révélé à nous, pauvres pécheurs, c’est qu’Il est débordant d’amour pour nous (1 Jean 4, 8).

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16).

Le message merveilleux que la bible désigne à plusieurs reprises par « mystère » est : le Dieu Saint ne nous punit pas, nous infidèles, il ne veut pas que nous allions à notre perte mais que nous soyons sauvés,

Paul écrit aux Corinthiens : « Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. » (1Cor. 2, 1).

« En lui nous avons la rédemption par son sang ! » (Eph. 1, 7) Personne ne pourrait avoir la moindre idée de ce mystère si Dieu ne voulait pas le faire annoncer.

Ce n’est pas nous qui sommes obligés d’accomplir d’énormes sacrifices pour rembourser la dette, mais Dieu a accompli à notre place le sacrifice expiatoire, pleinement valable, en son Fils. Cette bonne nouvelle est maintenant proclamée par la parole des Saintes Écritures.

Et lorsque nous pensons à la sollicitude et à l’aide de Dieu dans notre vie, ne sommes-nous pas purement et simplement invités à joindre notre voix aux paroles du psaume : « Qui dira les hauts faits de l’Éternel ? Qui publiera toute sa louange ? » (Ps. 106, 2).

En lisant les Saintes Écritures nous trouvons des passages où Dieu nous révèle certaines choses concernant sa nature. Nous nous trouvons alors devant des mystères incompréhensibles à notre raison humaine !

La bible nous apprend : Il n’y a qu’un seul Dieu – et il se présente à nous en trois personnes : Père, Fils et Saint Esprit.

Et nous nous rendons compte que nous ne pouvons pas comprendre Dieu !

Mais le Saint Esprit, par lequel Dieu vient en aide à notre incompétence, nous enseigne et nous ouvre petit à petit les yeux afin que pour puissions mieux reconnaître notre Créateur et Rédempteur – jusqu’à-ce que nous soyons auprès de Lui dans la vie éternelle et que nous puissions le voir tel qu’il est.

C’est pourquoi il est écrit : « Ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » (1Cor. 2, 9-10). 

Lorsque nous lisons la Parole de Dieu dans les Saintes Écritures, le Dieu Saint nous laisse percevoir des bribes de sa nature.

Le texte du sermon évoque ce que l’on découvre encore plus clairement dans d’autres endroits de la Bible :

Il est le Dieu trinitaire

1. et il se manifeste en trois personnes

2. par lesquelles Il nous bénit.

Nous voyons d’abord

1. qu’Il est le Dieu Trinitaire et qu’il se révèle en trois personnes

Dieu parle ainsi par le prophète Esaïe : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » (Esaïe 55, 8-9).

Oui, il est impossible de comprendre Dieu ; son immensité est inimaginable !

Nous, petites gens, comment pourrions-nous être capables de comprendre la grandeur de Dieu ? Comment, nous pécheurs, devrions-nous arriver à comprendre celui qui est le Saint ?

Dieu se révèle seulement dans sa Parole des Saintes Écritures.

Il nous dévoile une partie de sa nature, nous fait connaître sa volonté et surtout sa miséricorde en Jésus Christ..

Sans la Parole de Dieu, nous aussi nous ne pourrions que soupçonner l’existence d’un Dieu : « l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » (1Cor. 2, 14).

Mais même si notre entendement est incapable de comprendre les mystères de Dieu, ce que Dieu nous en dévoile est loin d’être accessoire ou insignifiant !

Tout ce que Dieu nous fait connaître à son sujet est un bien précieux, une sagesse supérieure à toute sagesse car il n’y a rien de plus grand en ce monde que de connaître et d’adorer celui qui nous a créés et rachetés.

Dans ce verset nous apprenons que : « L’ Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. » (Deut. 6, 4). En d’autres endroits le seul Dieu se révèle en trois personnes distinctes mais indivisibles : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ ! » (2 Tess. 1, 2).

Dans l’Évangile nous apprenons la vérité suivante : le Père a aimé le monde et a offert son Fils en réconciliation.

Le Fils accepte de s’offrir au monde, oui il se laisse clouer sur la croix en victime expiatoire comme jadis Moïse éleva le serpent dans le désert pour le salut des Israélites – « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »

Alors s’ajoute la troisième personne du Dieu éternel, le Saint Esprit. C’est lui qui fait naître la foi dans le cœur au moyen du Saint Baptême et de l’Évangile et offre ainsi une nouvelle naissance. Ainsi l’homme pécheur devient un enfant de Dieu et un citoyen du Royaume de Dieu.

Nous voyons comment le Dieu unique s’adresse à nous, les humains, sous trois personnes. Toute son action a pour but de nous venir en aide contre le péché qui colle à nous, contre le diable qui nous tient par le péché et contre la mort dont nous sommes la proie.

Avant son Ascension Christ le Seigneur a dit aux apôtres : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». (Matth. 28, 19).

Et l’apôtre Pierre écrit au commencement de sa première lettre : « Pierre, apôtre de Jésus-Christ … selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, afin qu’ils deviennent obéissants, et qu’ils participent à l’aspersion du sang de Jésus-Christ … » (1Pierre 1, 1. 2).

Il y a bien d’autres versets du Nouveau Testament qui attestent très clairement les trois personnes du Dieu unique.

Dans l’Ancien Testament Dieu a révélé la même vérité lorsque par exemple nous lisons dans le premier chapitre de la bible : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre…et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux … Dieu dit : … » (Gen. 1, 1-3).

Dieu, l’Esprit et la Parole.

Jésus Christ, Fils de Dieu, est appelé « la Parole » dans l’Évangile de Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elleEt la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1, 1-3. 14).

Dieu enseigne donc sa nature Trinitaire déjà dans la Genèse.

David prie dans le psaume : « Ne me rejette pas loin de ta face, Ne me retire pas ton esprit saint. » (Ps. 51, 13) – ici il est question de deux des trois personnes de Dieu.

Mais aussi les versets dans lesquels Dieu est nommé ou invoqué trois fois renvoient à la Trinité de Dieu.

Le prophète Esaïe a vu le Seigneur assis sur un majestueux trône très élevé.

De puissants Archanges, les Séraphins, se tenaient au-dessus de son trône et s’écriaient d’une voix forte : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire ! » (Esaïe 6, 3).

Et dans le texte de notre sermon il est dit : Que l’Éternel te bénisse, et qu’il te garde ! Que l’Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu’il t’accorde sa grâce ! Que l’Éternel tourne sa face vers toi, et qu’il te donne la paix !

Ces quelques passages de l’Ancien et du Nouveau Testament montrent que Dieu est trinitaire car il se révèle en trois personnes.

2. Il nous bénit en ces trois personnes

Quand Dieu « bénit » cela signifie qu’il nous offre ses cadeaux divins, ses trésors célestes, qu’il nous protège et nous guide.

Ainsi dans la bénédiction : Le Dieu unique qui se fait connaître sous trois personnes, donne, bénit, protège, fait luire sa face et donne la paix.

Que l’Éternel te bénisse, et qu’il te garde

C’est ce que nous déclarons dans le premier article de notre foi : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. »

Quel est le sens de ces paroles ? [dire ensemble]

« Je crois que Dieu m’a créé ainsi que toutes les autres créatures. Il m’a donné et me conserve mon corps et mes organes, mon âme avec ses facultés ; il me donne tous les jours libéralement la nourriture, le vêtement, la demeure, la famille et toutes les choses nécessaires à l’entretien de cette vie ; il me protège dans tous les dangers, me préserve et me délivre de tout mal, et cela sans que j’en sois digne, par sa pure bonté et sa miséricorde paternelle.Je dois pour tous ces bienfaits le bénir et lui rendre grâces, le servir et lui obéir. C’est ce que je crois fermement.

Que le Seigneur t’offre ses dons, qu’il te protège toi et ce qu’il a offert.

Que l’Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu’il t’accorde sa grâce !

« Faire luire sa face » signifie : Que l’Éternel Dieu te sois favorable.

Bien que tu ne sois que poussière et cendre à ses yeux, il ne veut pas être en colère à cause de tes péchés mais l’Éternel fait grâce.

Tu dois te réjouir et être rassuré, lui faire entière confiance : il est ton Dieu miséricordieux qui t’aime.

Cela est manifeste quand Dieu dit des paroles si amicales et si miséricordieuses comme : « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. » (Esaïe 1, 18).

Dieu nous laisse « luire sa face » en celui qui est mort et ressuscité pour notre rédemption.

Avec le Fils de Dieu, Jésus-Christ, la lumière du pardon et de la grâce de Dieu luit dans les ténèbres de nos péchés et elle nous dit : « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » (Jean 12, 46).

C’est ce que nous confessons dans le deuxième article de notre foi : « Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre Seigneur, … »

Quel est le sens de ces paroles ? [dire ensemble]

« Je crois que Jésus-Christ, vrai Dieu, né du Père de toute éternité, vrai homme, né de la Vierge Marie, est mon Seigneur. Il m’a racheté, moi perdu et condamné, en me délivrant du péché, de la mort et de la puissance du diable, non point à prix d’or ou d’argent, mais par son saint et précieux sang, par ses souffrances et sa mort innocentes, afin que je lui appartienne et que je vive dans son Royaume, pour le servir éternellement dans la justice, dans l’innocence et la félicité, comme lui-même, étant ressuscité des morts, vit et règne éternellement. C’est ce que je crois fermement.

Et dans le symbole de Nicée nous disons de Jésus qu’il est : « … Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu ».

C’est ce que signifie « Que l’Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu’il t’accorde sa grâce ! »

Que l’Éternel, le Dieu trinitaire, tourne sa face vers toi, et qu’il te donne la paix !

Dieu fait luire la lumière de sa grâce sur le chemin que nous devons encore parcourir avant d’atteindre le but.

Il y aura encore de nombreuses tempêtes, querelles et luttes pour la foi.

Dans les tempêtes de la tentation, le Saint Esprit veut nous garder dans la paix de Dieu, nous rendre joyeux, fort et confiant.

Sa paix doit triompher, sa paix doit régner dans nos cœurs et nous donner par la foi en la Parole de Dieu la certitude de notre salut en Christ.

Pour que nous puissions entendre la pure Parole de Dieu et bénéficier des sacrements, le Saint Esprit nous donne la capacité de discernement dans la Parole de Dieu afin que nous puissions reconnaître la vérité de l’erreur et du mensonge, la vraie de la fausse doctrine.

Nous confessons cela dans le troisième article : « Je crois au Saint Esprit ».

Quel est le sens de ces paroles ?

« Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni aller à lui. Mais c’est le Saint Esprit qui m’a appelé par l’Évangile, éclairé de ses dons, sanctifié et maintenu dans la vraie foi ; c’est lui qui assemble toute l’Église chrétienne sur la terre, qui l’éclaire, la sanctifie et la maintient en Jésus Christ dans l’unité de la vraie foi ; c’est lui qui, dans cette Église, me remet chaque jour pleinement tous mes péchés, ainsi qu’à tous ceux qui croient ; c’est lui qui, au dernier jour, me ressuscitera, moi et tous les morts, et me donnera comme à tous les croyants, la vie éternelle en Jésus Christ. C’est ce que je crois fermement.

« Que Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit te bénisse. » Lorsque nous entendons dans nos cultes les paroles de la bénédiction cela signifie simplement :

Que Celui qui t’a créé et racheté te sauve éternellement ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne
Traduction : Louis Cron, Obernai, France