Sermon Romains 8 : 18

Sermon pour le 6e dimanche après la Trinité 2013

J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Romains 8 : 18

Très chère paroisse !

Le verset de notre sermon parle de trois réalités :

1. les souffrances du temps présent
2. elles ne font pas le poids comparées à la gloire future
3. cette gloire doit encore être révélée.

Tout ce que l’apôtre écrit ici est inspiré par le Saint Esprit – il en atteste lui-même « Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit. »(1Cor. 2, 13).

Ce que Paul dit est vérité divine ! – même si l’expression :« J‚estime … » donne l’impression que c’est simplement une opinion personnelle.

Cette conviction vient de la vraie foi et signifie : Parce que la promesse de Dieu au sujet de la gloire à venir est ferme et sûre,je suis convaincu par le Saint Esprit dans la foi que les souffrances du temps présent sont négligeables par rapport à cette gloire – même si les souffrances me font très mal..

Il nous faut étudier en premier le verset précédent celui de notre texte : « Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » (Verset 17).

Paul parle des souffrances des chrétiens et dit que cela fait partie du fait d’être chrétien.

Mais ces souffrances ne peuvent être un prétexte pour abandonner la foi car une gloire inconcevable nous attend, une gloire telle que les souffrances du temps présent sont dérisoires.

Celui qui part en vacances accepte maintes contraintes : la chaleur, les bouchons, les conducteurs irrités, un long trajet. – Mais à l’arrivée toute la famille a hâte de se retrouver à la mer. C’est alors la détente et beaucoup de bonheur.

C’est souvent ainsi dans la vie des humains : il faut accepter diverses épreuves avant d’obtenir ce qui était tant désiré.

De ce qui est le plus important, à savoir être préservé de la perdition éternelle et entrer dans la gloire éternelle au ciel, l’apôtre enseignant la Parole de Dieu nous dit : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. »

Qu’entend-il par « les souffrances du temps présent » ?

Les chrétiens connaissent toutes sortes de souffrances :

a) Il y a les attaques constantes du diable, les tentations au mal. Son but est de nous amener au péché, de nous rendre esclave et de nous arracher ainsi de Christ..

« Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme… » (1Pierr 5, 8).

Là, la Parole de Dieu dit : « Combats le bon combat de la foi… »

b) Il y a aussi la lutte avec soi-même, ce combat que chaque chrétien est obligé de mener : la nature pécheresse de notre cœur n’est pas entièrement morte. De notre cœur viennent toujours « les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. » (Matth. 15, 19).

L’apôtre écrit : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. » (Rom. 7, 18 et suiv.).

C’est aussi une lutte pleine de souffrances car là on est obligé de se faire violence soi-même.

c) Parmi les « souffrances du temps présent » il faut citer l’impiété et le péché qui nous environnent. Là nous sommes confrontés à des situations comme celles qu‘ a connu Lot à Sodome. Les habitants de Sodome s’adonnaient à l’homosexualité et à d’autres luxures. Pierre écrit à son sujet : « Lot, profondément attristé de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution car ce juste, qui habitait au milieu d’eux, tourmentait journellement son âme juste à cause de ce qu’il voyait et entendait de leurs œuvres criminelles. » 2Pierre 2, 7.8).

Dieu dit : « Le péché est la honte des peuples ! » (Prov. 14, 34).

Lorsque Lot était sur le point de fuir avant la destruction de la ville de Sodome, ses gendres ont refusé de l’accompagner.

Lorsque des personnes que nous aimons ne veulent pas suivre la voie de Dieu et se précipitent vers la damnation éternelle ce sont également des « souffrances du temps présent ».

De même lorsque des proches ne sont pas croyants, lorsque des amis acceptent de faux enseignements qui corrompent leur âme ou lorsque des membres de la famille perdent la foi, se détournent de l’enseignement juste.

Christ dit : « Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. » (Matth. 24, 11).

Tout cela afflige le cœur d’un enfant de Dieu.

d) Mais aussi les innombrables injustices dans ce monde : les gens meurent de faim alors qu’il est possible de produire suffisamment de nourriture pour subvenir à tous les besoins ; tant de gens souffrent de maladie alors qu’avec un peu d’argent cela serait résolu facilement ; il y a tant de guerres et d’assassinats …

Cela aussi fait partie de ces souffrances car Christ nous fait savoir au sujet des derniers temps de ce monde : « Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. » (Matth. 24, 12).

e) Sans oublier la maladie, la vulnérabilité, l’affaiblissement progressif aussi bien mental que physique ; ce sont les conséquences de la chute dans le péché que l’homme subit dans son propre corps.

L’apôtre dit : « La création a été soumise à la vanité… » (Rom. 8, 20a).

On n’y peut rien :Tout passe ; la vie est si fugace ; personne ne peut conserver durablement les belles choses, le bonheur.

Paul appelle ces multiples détresses « souffrances du temps présent ». Cela signifie qu’elles prendront fin. Elles sont temporaires et elles auront entièrement disparu dans le royaume céleste de Dieu !

« Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » (Apoc. 21, 4).

Dans tout cela nous, chrétiens, nous avons la consolation que toute souffrance s’achèvera. Dieu nous enseigne : « Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur.Car l’agneau qui est au milieu du trône (c’est-à-dire Jésus Christ) les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (Apoc. 7, 16 et suiv.).

2.

Mais maintenant Paul dit: « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. »

En conséquence les souffrances que nous endurons ici-bas sont totalement hors de comparaison avec la gloire que nous connaîtrons dans le ciel !

Si l’on place les souffrances du temps présent sur l’un des plateaux de la balance et la gloire à venir sur l’autre plateau de la même balance, les souffrances pèseront beaucoup moins que ce qui nous attend dans la vie éternelle au ciel !

Les souffrances du temps présent sont comme un goutte d’eau face à l’océan de bonheur et de joie que Christ nous offrira au ciel !

Cher chrétien tu dois considérer de cette manière toutes les souffrances qui ont envahi le monde après la chute. Elles t’oppressent et Dieu leur permet de t’affliger.

De nombreux bonheurs venant des trésors célestes de Dieu font que nous supportons plus facilement les souffrances du temps présent.

Par exemple la tentation. Ce n’est rien de bon. Le diable l’utilise pour nous arracher des bras de Jésus, notre Sauveur.

Mais alors notre Dieu fidèle intervient. Il n’y a rien de ce que nous devons éprouver, subir ou endurer qui n’ait été testé auparavant par notre Père Céleste pour voir si nous sommes capables de le supporter.

Il fixe aussi des limites au diable. Nous le voyons dans l’histoire de Job.

«  Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1Cor. 10, 13).

Mais pourquoi Dieu n’épargne-t-il pas simplement toutes les souffrances à ses enfants ? – Pourquoi permet-il que même des chrétiens gémissent et pleurent sous de tels fardeaux ? – Ce sont pourtant ses enfants bien-aimés !

La Parole de Dieu nous enseigne que la tentation incite à écouter la Parole de Dieu pour recevoir le réconfort.

Il y a donc une raison si notre Père Céleste ne nous épargne pas les tentations. Ils les utilise pour augmenter notre plaisir à écouter et à aimer sa Parole, pour affermir notre foi mais aussi pour faire naître le désir de le prier et le supplier.

Les souffrances ont pour but de nous empêcher de perdre de vue celui qui nous vient véritablement en aide.

Nous oublions rapidement Dieu quand tout va bien pour nous et nous négligeons alors notre âme.

Avec la souffrance qu’il nous laisse endurer Dieu nous détourne du péché et du mal pour nous ramener sur le droit chemin – tout comme de bons parents sont amenés à punir leur enfant afin de l’éduquer à faire le bien.

« Quand on nous accable, Dieu nous délivre. » (Ps. 68, 19).

L’enfant de Dieu répond par le verset du psaume : « Avant d’avoir été humilié, je m’égarais ; Maintenant j’observe ta parole. » (Ps. 119, 67).

Nous voyons comment par les tentations notre Dieu et fidèle Sauveur change les pertes en gains : Il nous affermit et plein d’amour nous vient en aide ; dans sa bonté Il a toujours en vue de nous sauver éternellement.

Sois attentif, cher chrétien, à ce que Dieu t’enseigne : « vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut …C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves,afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra … » (1Pierre 1, 5-7).

Dieu vient à notre secours pour que nous supportions plus facilement les souffrances du temps présent. Il nous parle dans sa Parole et nous donne sa magnifique promesse de la vie éternelle : « afin que quiconque croit en Christ ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16).

3.

Nous en recevons déjà un avant-goût ici-bas !

Car quand nous entendons l’Évangile de notre Sauveur Jésus-Christ nos cœurs s’épanouissent et se réjouissent.

La Parole de Dieu est si puissante que dans la détresse nous disons avec le prophète Jérémie : « J’ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées ; Tes paroles ont fait la joie et l’allégresse de mon cœur ; Car ton nom est invoqué sur moi, Éternel, Dieu des armées ! » (Jér. 15,16).

Dans la souffrance et la peur, Dieu nous laisse percevoir et ressentir sa bonté, la force de son amour pour nous et l’abondance de ses bénédictions.

Nous disons alors : « Quel autre ai-je au ciel que toi ! Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi.Ma chair et mon cœur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. » (Ps. 73, 25.26).

Oui précisément au moment où nous gémissons sous les souffrances du temps présent, Dieu nous fait voir que : « nous marchons par la foi et non par la vue. » (2Cor. 5, 7).

Mais nous verrons un jour toute sa gloire, nous y séjournerons et notre Créateur et Sauveur, Dieu, nous le regarderons face à face.

Ce sera notre plus grande joie !

« Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. » (Col. 3, 4)...

Nous verrons Christ, nous le serrerons physiquement dans nos bras et il nous consolera ; notre bouche sera remplie de cris de joie ; notre cœur et notre langue le loueront et le glorifieront éternellement. (Ps. 126).

C’est pourquoi Paul dit au sujet des souffrances de ce temps qu’elles « ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous » ; Au ciel, cette gloire sera effective.

Déjà sur cette terre notre miséricordieux Père Céleste nous permet donc de connaître par la foi des rayons de cette splendeur de l’éternité…

Déjà ici, le Saint Esprit nous rappelle tout le temps que nous nous n’avons pas de cité permanente sur terre mais que nous cherchons celle à venir.

Dans les moments de tribulations, l’Esprit de Dieu nous fait voir de loin les toits et les tours de cette cité afin que toute notre confiance et toute notre espérance se portent vers elle.

Oui « les souffrances du temps présent » sont là principalement pour nous faire détester toujours plus la vie en ce monde et nous faire désirer la patrie céleste.

Le Seigneur Jésus Christ a acquis cette patrie pour nous en se chargeant de notre culpabilité. Il en a payé le prix et nous a réconcilié ainsi avec Dieu. Il nous offre cette patrie céleste en héritage.

Maintenant nous sommes enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ (Gal. 3, 28) et « si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » (Rom. 8, 17).

C’est pourquoi quand les « souffrances du temps présent » nous font pousser des gémissements nous devons penser à notre patrie céleste et dire : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. » Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne
Traduction : Louis Cron, Obernai, France

Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, assure-nous du soutien constant de l’Esprit-Saint, car sans toi nous ne pouvons rien faire. Affermis-nous dans la foi et grave dans nos cœurs ta loi d’amour, pour que notre volonté et nos actes s’y conforment et que notre vie te soit agréable, par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.