2e dimanche de l’Avent

2e dimanche de l’Avent

Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel, le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? (Deutéronome 33, 29)

Au nom de Jésus Christ, chère paroisse !

Les paroles que nous venons d’entendre sont les dernières paroles prononcées par Moïse.

Elles sont comparables aux bénédictions que Jacob donna à ses fils avant sa mort.

Moïse a vécu 1500 années avant Jésus Christ, Jacob 2000 années avant Jésus Christ.

Dans les Paroles adressées par Jacob aux différentes tribus et aussi dans celles dites ici par Moïse il y a des prophéties qui annoncent le Sauveur à venir.

Le verset de notre prédication est : « Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel, le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? ».

A première vue ces paroles ne semblent pas nous concerner car elles sont adressées à’Israël.

Israël – ce sont les enfants de Jacob, les descendants « biologiques » du patriarche Abraham.

Cependant n’oublions pas ce qu’enseigne la Parole de Dieu !

Lorsque nous demandons : qui sont les véritables « Enfants d’Abraham » ?

Le nouveau testament nous dit : « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice… » (Rom. 4, 4).

Est-il essentiel d’être un descendant biologique d’Abraham, c’est-à-dire que le sang d’Abraham coule dans un être humain ou d’être un descendant spirituel d’Abraham, c’est-à-dire que la foi d’Abraham habite dans le cœur ?

L’apôtre écrit : « Ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham. » (Gal. 3, 7)

Donc si nous entendons la prophétie de Moïse : « Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel… », cela nous concerne ; nous faisons aussi partie de cet Israël car, comme Abraham, nous avons cette foi en l’unique Sauveur ; nous aussi nous « sommes sauvés par l’Eternel » – et « ceux qui ont la foi, sont fils d’Abraham. » (Gal. 3, 7).

La Parole de Dieu dit : « plusieurs viendront de l’orient et de l’occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux » (Matth. 8, 11).

Ceci est une vue sur ce qui est notre but à tous, aller au ciel pour la vie éternelle l !

Durant l’Avent notre méditation porte sur la vie éternelle pour que notre cœur soit fermement convaincu que : Notre Seigneur et Sauveur reviendra, pour juger les vivants et les morts.

Qu’y a t-il de plus terrible et d’effrayant, qu’est-ce qui peut angoisser davantage l’être humain que de savoir qu’il mourra mais de ne pas savoir si c’est alors « la fin définitive » ? Y a t-il autre chose après ? – et si oui, est-ce alors un grand bonheur ou une peine effroyable !

Dieu nous témoigne sa grande grâce en nous révélant certaines choses à ce sujet.

Dans sa Parole, l’Ecriture Sainte, Dieu nous instruit sur l’éternité.

Pour nous chrétiens, le regard sur l’avenir et la pensée de notre mort ne nous plongent pas dans un univers de ténèbres horribles, mais nous offre la vue d’un monde de lumière et de majesté divine.

Les Paroles prophétiques : « Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel, le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? » contiennent cette révélation du salut miséricordieusement offert par Dieu.

Ce sont les dernières paroles que l’homme de Dieu, Moïse, a dites au peuple d’Israël. Il avait conduit Israël hors de l’esclavage en Égypte et l’avait mené à la frontière de la terre promise de Canaan.

Après ces paroles, Moïse monta au sommet du Mont Nebo sur ordre de Dieu. Il put voir la terre promise ; puis il mourut.

Ces paroles sont les dernières paroles que Moïse a adressées aux fidèles croyants en tant que serviteur de Dieu.

Elles contiennent une prophétie claire au sujet de la venue du Fils de Dieu qui sauve tous ceux qui croient en Lui.

Elles montrent que la finalité de la loi de Dieu n’est pas de montrer aux hommes le chemin qui mène au salut. Mais la loi de Dieu doit conduire les hommes à celui qui a accompli cette Loi pour tous les hommes.

Elles nous montrent que l’avantage donnée à l’époque à Israël, choisi comme « peuple élu de Dieu » d’entre tous les peuples, ne consistait pas en la révélation de la loi de Dieu mais en la révélation de l’évangile.

Beaucoup de ceux qui ne connaissent pas le chemin de Dieu qui conduit à la vie éternelle au ciel ou qui ne veulent pas le connaître sont cependant convaincus d’être sauvés.

Lorsque ces personnes analysent sérieusement leur opinion ou si leur espérance est mise à l’épreuve par de grands échecs, par la mort, alors elles se rendent compte que leur espoir est comme une maison construite sur du sable ; elle s’écroule au moment crucial.

Combien de personnes fondent leur espoir de salut sur le fait que leur vie s’est déroulée selon une trajectoire honnête et qu’elles n’ont pas à reconnaître de graves faux pas.

Dieu ne peut pourtant pas demander plus que l’homme n’est capable de donner !

Mais si une telle personne s’examine sérieusement alors elle se rendra compte qu’elle aurait pu faire plus que ce qu’elle a fait ; souvent elle a suivi des voies différentes de celles que lui dictait sa conscience.

Et même si elle a porté aide ici ou là , si elle peut énumérer de bonnes actions comment peut-elle être sûr d’avoir entièrement rempli « la coupe des bonnes œuvres » ?

Et comment pourrait-elle savoir si toutes ses actions, aussi exemplaires soient-elles aux yeux des humains, sont valables devant Dieu ?

D’autres personnes mettent en avant leur bon cœur car elles sont naturellement généreuses ; la détresse de leur prochain les touche profondément.

Oui elles estiment avoir réellement aimé leurs prochains comme elles-mêmes ; mais en regardant de plus près, elles se rendent compte qu’elles n’ont pas aimé leur ennemi comme elles-mêmes ; l’ennemi est pourtant aussi leur prochain.

D’autres disent que Dieu est un « Dieu bon », il ne peut donc pas rejeter et condamner un être humain pour toujours.

Mais ils ne connaissent rien de la justice et de la sainteté de Dieu ; ils ne savent pas que Dieu dit à propos de la moindre transgression de sa loi : « Maudit soit celui qui n’accomplit point les paroles de cette loi, et qui ne les met point en pratique ! – Et tout le peuple dira : Amen ! » (Deut. 27, 26).

L’apôtre dit : « Tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ». (Gal. 3, 10).

Si la personne fonde son espoir d’être sauvée sur ses propres idées, à savoir sur la mansuétude de Dieu ou sa bonté personnelle, sur ses sacrifices et ses bonnes œuvres auxquelles elle s’est astreinte, sur sa propre piété, alors cet espoir est bien maigre, misérable, éphémère.

Un tel espoir peut rassurer les gens tout au plus dans les bons moments ; mais dans les mauvais moments ou lorsque les personnes sont confrontées à la mort il n’offre plus aucun réconfort.

Un tel espoir se met à vaciller et disparaît lorsque la mort vient à le secouer !

Que dit Moïse, l’homme de Dieu ? « Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel, le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? »

Ces paroles de Dieu que Moïse a dites avant sa mort en tant que prédicateur du Seigneur, rappellent la promesse faite après la chute : un jour le Sauveur viendra et écrasera la tête du serpent c’est-dire de Satan (ce qui signifie qu’il enlèvera son pouvoir au diable). (Gen. 3, 15).

Lesparoles « Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel » le montrent.

Cela s’est accompli lorsque l’ange a dit aux bergers : « Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2, 10. 11) ; le Seigneur Jésus Christ a assuré à Nicodème : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3, 16) ; l’apôtre a prêché : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1, 14).

Les croyants du temps de Moïse mettaient tout leur espoir dans le Sauveur à venir.

Nous qui vivons dans le temps de la Nouvelle Alliance, nous sommes favorisés car le grand miracle a eu lieu et nous avons les récits de l’accomplissement de toutes les promesses au sujet de Christ !

Dieu, notre Seigneur, a fait en sorte que nous puissions être tout à fait certain de notre salut car il ne dépend pas de nous-mêmes mais est fondé uniquement sur Lui.

Il nous dit par l’apôtre : « II nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde… » (Tite 3, 5).

Si notre conscience nous accuse d’être de grands pécheurs : Venons à Dieu qui a porté et expié nos péchés en son Fils Jésus Christ !

Lorsque notre conscience nous montre que nos bonnes œuvres sont vraiment médiocres, non valables devant Dieu, lorsque nos graves manquements nous oppriment, lorsque notre cœur nous condamne, alors il y a Dieu et « le sang de Christ » ; il « purifiera votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! » (Hébr. 9, 14).

Quand nos regrets, notre repentance, notre piété ne nous donnent pas la paix, alors la Parole de Dieu nous dit : « Il est notre paix… Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix.»(Eph. 2, 14 / Col. 2, 14).

Lorsque la loi de Dieu nous menace et nous accuse, lorsque les 10 saints commandements témoignent de notre incapacité de les respecter, venons à celui dont il est dit : « Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient. » (Rom. 10, 4).

Ce que dit Moïse : « Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel, le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? » est pour le peuple spirituel d’Israël d’alors et celui d’aujourd’hui une grande consolation.

L’espérance de notre salut est une certitude incontestable car il ne repose pas sur notre opinion personnelle, notre imagination, nos actions mais sur la Parole certaine de Dieu !

Ce n’est pas une simple éventualité, un souhait, comme l’estiment parfois les humains, mais c’est une certitude divine !

Et parce que cette certitude se fonde sur la Parole de Dieu elle est aussi magnifique que Dieu est merveilleux dans sa majesté et sa vérité.

Toute notre espérance doit être fondée sur la Parole de Dieu ! – nous devons mettre notre entière confiance en la promesse de Dieu, aussi au moment de notre mort : « Ne crains rien, car je te rachète, je t’appelle par ton nom : tu es à moi !Si tu traverses les eaux, je serai avec toi ; et les fleuves, ils ne te submergeront point ; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t’embrasera pas. » (Esaïe 43, 1. 2).

Fonde ton espérance du salut non pas sur toi-même mais uniquement sur la grâce de Dieu par la foi en Jésus Christ. Tu comprendras alors toujours mieux et tu saisiras par la foi ce que dit l’apôtre Pierre lorsqu’il écrit :  « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts,pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux,vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ! C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves,afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra,lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi. » (1Pierre 1, 3-9).

Moïse parle de cela, peu de temps avant sa mort, en disant : « Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi, un peuple sauvé par l’Eternel, le bouclier de ton secours et l’épée de ta gloire ? » Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne
Traduction : Louis Cron, Obernai, France

 

Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, assure-nous du soutien constant de l’Esprit-Saint, car sans toi nous ne pouvons rien faire. Affermis-nous dans la foi et grave dans nos cœurs ta loi d’amour, pour que notre volonté et nos actes s’y conforment et que notre vie te soit agréable, par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.