Prédication de la fête de Pâques

Un sermon sur Job 19.25-27
La foi de Job et sa certitude de la résurrection

Job 19, 25-27

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts. » (1Pierre 1, 3).

Texte du sermon : [Traduction selon D. Martin Luther]

25 Mais je sais que mon Rédempteur est vivant ; et après cela il me ressuscitera de la terre ; 26 et ensuite je serai couvert par ma peau, et je verrai Dieu dans ma chair. 27Je le verrai par moi-même, et mes yeux le verront, et non ceux d’un inconnu. Mon âme languit d’attente au dedans de moi.

Très chère paroisse, au nom de Jésus-Christ !

Au tombeau de Lazare, le Seigneur Jésus-Christ dit à Marie et Marthe : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jean 11, 25.26).

Ce ne sont pas des paroles de souffrance devant des tombes sourdes, mais des paroles de vie éternelle de la bouche du Fils de Dieu !

À certains moments c’est particulièrement évident : à cause du péché, cette pauvre terre est véritablement devenue une « Vallée de Douleurs ».

La Parole de Dieu enseigne aussi haut et fort : « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. » (Rom. 5, 12).

En Christ la puissance de la mort doit se briser, parce que Christ a enlevé à la mort sa puissance.

Mais comment ?

« Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1Jean 2, 2).

Car là où il y a pardon des péchés, il y a aussi vie et salut.

C’est pourquoi Christ dit : « Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort… »

« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille ! » (Actes 16, 31).

Nous comprenons à quel point la foi juste est extrêmement importante pour nous, misérables pécheurs ! – et quel solide roc est nécessaire comme fondement pour une vie humaine !

La vie, et à plus forte raison l’éternité, n’est pas un jeu !

Il ne suffit pas de bricoler sa propre foi avec l’espoir que cela suffira comme fondement.

Il ne faut pas que cela reste des suppositions, les vagues espoirs ne servent à rien ! – il faut le savoir !

Job le sait !

Au milieu de la misère la plus profonde, sa foi en Christ s’affermit avec force et il se réjouit : « Je sais que mon Rédempteur vit ; et après cela il me ressuscitera de la terre ! » 

Job est absolument certain : Christ, mon Rédempteur, vit ; et, comme je crois en lui, moi aussi je ressusciterai et serai sauvé !

La Jubilation pascale de Job dans la foi en Christ

1. La foi de Job est en Christ

2. Et ce n’est que dans la même foi que nous aussi nous arrivons à une entière certitude

1. La foi de Job est en Christ

Job ne dit pas : « Je pense que mon Rédempteur vit ! » ou encore : « Je présume… »

mais :« Je sais que mon Rédempteur vit ! »

Job était un homme qui a subi les grandes misères dans sa vie sur terre.

En allemand on dit « Hiobsbotschaft » (très mauvaises nouvelles comparables à celles reçues par Job), – quand les terribles nouvelles se succèdent coup sur coup.

Coup sur coup les messagers lui ont apporté des messages bouleversants :

– ses précieux troupeaux de bovins et de moutons ont été volés par des ennemis, et les serviteurs tués par eux ; des années d’efforts en pure perte – ses moyens d’existence détruits !

Mais ce n’est pas tout : tous ses enfants sont morts le même jour, et quelque temps plus tard, Job est tombé très gravement malade.

Et dans toute sa misère, sa femme non croyante se moquait de lui : Tu as toujours placé toute ta confiance en ton Dieu ; à quoi t’ont servi toutes ces pieuses bêtises ?

Trois amis sont venus le voir, mais au lieu de le réconforter, ils lui ont fait des reproches.

Dans cette situation de misère, Job prononce la phrase : « Je sais que mon Rédempteur est vivant ; et après cela il me ressuscitera de la terre ! »

La ferme foi de Job est basée sur le Rédempteur promis, le Messie – promis des centaines d’années avant que le Fils de Dieu ne devienne homme.

Dieu a promis ce Rédempteur pour la première fois, juste après la chute de l’homme, lorsqu’il a dit au diable : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. » (Gen. 3, 15).

Et Dieu a souvent répété et renouvelé sa promesse.

La seule raison qui permet à Job de trouver du réconfort dans sa misère et placer tout son espoir en celui qui est plus puissant que toute détresse est que : Job croyait à la parole de Dieu et était convaincu, dans son cœur, que Dieu accomplit toutes ses promesses.

Cette confiance, cette certitude en son Sauveur a soutenu sa vie détruite extérieurement, a porté cet homme affligé et l’a sauvé du désespoir.

Beaucoup pensent que chacun doit trouver soi-même la foi qui l’aidera tout comme Job a été aidé par sa foi.

Il n’y a pas d’autre Rédempteur, pas d’autre Sauveur, personne d’autre qui en est capable : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jean 11, 25.26).

2. Et c’est seulement dans cette même foi que nous aussinous arrivons à l’entière certitude.

La question cruciale est : « Que peut donner un homme pour racheter son âme ? » (Matth. 16, 26).

La réponse est : L’homme ne peut rien donner à Dieu pour se racheter de la corruption du péché.

L’homme n’a que ce que Dieu lui a donné auparavant.

Qui voudrait offrir à Dieu ce qui appartient déjà à Dieu ?

La question lancinante demeure donc : « Que peut donner un homme pour racheter son âme ? » (Matth. 16, 26).

à cette question il n’y a qu’une réponse qui puisse calmer une conscience troublée et amener le cœur d’un pécheur à la paix avec Dieu.

La Parole de Dieu enseigne : « Nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce » (Eph. 1, 7).

« Nous sommes gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. » (Rom. 3. 24) non pas par des sacrifices, non pas par de bonnes œuvres.

Job dit : « Je sais que mon Rédempteur est vivant ! »

Job connaissait les promesses de Dieu de l’Ancien Testament concernant la venue du Sauveur du monde.

Là sa foi reposait sur une base solide.

Comme une bardane qui s’accroche aux vêtements, il était accroché par la foi à celui qui est mort pour nous sur la croix et ressuscité le troisième jour.

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous . » (Gal. 3, 13).

Job croyait en ce Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.

« Christ a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification. » (Rom. 4, 25).

C’est la vive manifestation de joie de Pâques de Job, un homme qui a vécu bien avant l’incarnation de Christ.

Lorsque nous recherchons le mot « rédempteur » dans l’Ancien Testament, nous comprenons la profondeur de la foi de Job.

Dieu prophétise par Ésaïe : « Un rédempteur viendra pour Sion, pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés, dit l’Éternel. » (Esaïe 59, 20).

Et dans le Nouveau Testament, ceci se rapporte explicitement à Jésus : « Selon qu’il est écrit : Le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés. » (Rom. 11, 26).

Jacob appelle aussi « Rédempteur » le Dieu tout-puissant, avec qui il lutta jusqu’à l’aube, (Gen. 32, 24/ cf. Gen. 48, 16), à qui il dit : « Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. » (Gen. 32, 26).

Avec la même ténacité que Jacob saisissait fermement son Dieu, attendant sa consolation et sa bénédiction, la femme cananéenne, par exemple, se montra aussi obstinée lors de sa demande au Seigneur Jésus-Christ – jusqu’à ce qu’il donne son aide. (Matth.15).

La foi profonde, qui est basée sur la parole et la promesse de Dieu, attend de Dieu seul aide et salut dans toutes les difficultés physiques et spirituelles.

Et nous arrivons nous aussi à la certitude de la foi comme Job, à l’entière confiance, à l’espérance bien fondée d’une heureuse résurrection lorsque nous rencontrons le ressuscité.

Est-ce possible ?

Où peut-on le rencontrer ?

L’évangéliste Jean écrit : « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20, 30.31).

C’est dans la Parole de l’Écriture Sainte que nous rencontrons le puissant Rédempteur auquel Job vaincu s’est accroché, le puissant Secours qui réconforte dans la détresse et pose les pieds vacillants sur un sol ferme.

Dieu a placé une telle force dans ce livre que sa parole peut amener un homme d’une simple supposition à une certitude absolue, du doute à la foi, de la peur à la confiance, du péché et de la damnation au ciel – afin que gagné il puisse crier : « Je sais que mon Rédempteur est vivant ! »

Notre Seigneur Jésus-Christ est sorti de la tombe le matin de Pâques en tant que vainqueur du péché, de la mort et de l’enfer.

Ainsi nous surmonterons nous aussi toutes les choses terrestres par la foi en lui et viendrons à lui là où il est monté le jour de l’ascension : dans la félicité éternelle.

Car il dit : « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. » (Jean 12, 26).

Nous sommes tout à fait sûrs, en raison de la Parole de Dieu, qu’au moment de la mort, notre âme sera conduite dans les bras salvateurs de Jésus, qu’au dernier jour notre corps aussi, glorieusement transfiguré, sera réuni à l’âme dans la joie éternelle, et que nous verrons de nos yeux, dans ce corps glorifié, notre Dieu et Sauveur.

Il n’y a pas de plus grande consolation, pas d’espoir plus sûr, pas de soutien plus fort que celui-ci : « Je sais que mon Rédempteur est vivant ; et après il me ressuscitera de la terre ; et ensuite je serai couvertpar ma peau, et je verrai Dieu dans ma chair. Je le verrai par moi-même, et mes yeux le verront, et non ceux d’uninconnu. Mon âme languit d’attente au dedans de moi. »

« Dans mon cœur règne seul et régnera cetunique article (sujet), à savoir la foi en mon cher Seigneur Jésus-Christ. Il est l’unique début, milieu et fin de toutes mes pensées spirituelles et divines, quelles que soient mes pensées, de jour comme de nuit.

Cet article est le seul roc solide, le durable fondement éternel de tout notre salut et de notrefélicité : Nous ne sommes pas sauvés par nous-mêmes, encore moins par nos propres œuvres ou nos propres actions.Au contraire, nous sommes rachetés du péché, de la mort et du diable et amenés à la vie éternelle par le secours d’un autre, par le Fils unique de Dieu, Jésus-Christ . »(Dr. Martin Luther).

Prière : « Je t’aime tendrement, Seigneur, ma force, Seigneur, mon rocher, ma forteresse, mon sauveur, mon Dieu, mon refuge, en qui j’ai confiance… » (Psaume 18, 2.3)

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France