Sermon, Fête de Noël 2018

Sermon sur 1Jean 3 : 1-5

Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur.

Quiconque pèche transgresse la loi, et le péché est la transgression de la loi. Or, vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché.

Chère paroisse !

« Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! » c’est ce que nous disons en voyant le berceau de l’enfant Jésus et nous louons Dieu le Seigneur.

Le créateur miséricordieux s’abaisse avec une grande compassion vers nous, pauvres pécheurs.

C’est par pur amour pour ses créatures que le Seigneur Dieu avait donné la première promesse à Adam et Eve, qui, par leur désobéissance, étaient devenus des « enfants de la colère ».

C’est par pur amour pour nous, humains, que Dieu a réalisé cette prophétie et toutes les autres, et nous a finalement envoyé son Fils au Sauveur.

C’est par pur amour pour nous que Christ est né homme, pauvre, humble dans l’étable de Bethléem, revêtant la forme d’un serviteur, « afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis ». ( 2 Cor. 8, 9).

Le message de Noël nous rend tangible l’amour de Dieu :

Toutes les promesses depuis celle faite à Adam et rappelées jusqu’à la fin de l’Ancien Testament étaient aussi des messages de l’amour de Dieu, mais ce que l’Ange a dit aux bergers de Bethléem le soir de Noël c’est la nouvelle de l’accomplissement.

Dieu non seulement promet mais accomplit aussi ses promesses ; Dieu ne fait pas que promettre, mais il tient fidèlement ses engagements, comme l’écrit Paul : « Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, … afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi ». (Gal. 4, 4. 5).

La proclamation de l’amour de Dieu par la naissance de Christ témoigne que le Seigneur Dieu accomplit ce qu’il a promis : « Douce nuit du premier Noël ! Jésus nous délivre, Jésus nous fait vivre. Chantons, chantons à l’Éternel ! »

C’est LUI que désignent les apôtres et les évangélistes en disant : « Car, pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c’est en lui qu’est le oui ; c’est pourquoi encore l’Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu. » (2 Cor. 1, 20).

Nous aussi nous nous joignons à eux, nous louons Dieu et nous disons avec l’apôtre : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu ! »

Dans le passage de notre texte il s’agit d’être maintenant véritablement des enfants de Dieu.

1. Nous le sommes par la foi en Jésus-Christ

2. dans la foi en Lui nous avons une espérance vivante

3. et nous recevons la force pour vivre en enfants de Dieu.

1. Par la foi en Jésus-Christ nous sommes enfants de Dieu.

Nous ne devons jamais oublier que sans la foi vivante en Christ, nous ne sommes pas des enfants, mais des ennemis de Dieu.

Personne ne peut devenir un enfant de Dieu sans la foi en Christ.

Sans la foi en Christ il nous est impossible d’être libéré de notre inimitié héritée envers Dieu !

Oui nous aussi nous avons vécu sans Christ « en suivant la voie de ce monde », nous étions liés par la culpabilité et totalement gagnés par une forte aversion envers Dieu et sa Parole – sans espoir de libération.

Sans Christ nous serions, nous aussi, toujours des « enfants de l’incrédulité » et « par nature des enfants de colère, comme les autres  ». (Eph. 2, 2. 3).

Mais maintenant Jean écrit : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! »

Dieu le père nous a témoigné son grand amour en nous appelant « enfants de Dieu » – et nous le sommes aussi.

Le texte de base grec emploie ici le mot qui signifie un amour qui se donne entièrement.

C’est cet amour envers celui de qui on ne peut rien attendre en retour ; il est si misérable qu’il ne peut que subsister dans la pauvreté et on ne peut que lui donner, car il n’a rien.

Alors quand nous lisons : « Dieu est amour » (1 Jean 4, 8), cela signifie que la nature de Dieu est totalement saisie par cet amour gratuit qui a pitié de celui qui ne peut rien donner en retour.

C’est ainsi qu’il faut comprendre : « Voyez quelamour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! »

Nous sommes enfants de Dieu par la foi en Jésus sans que nous ayons fait ou donné quoi que ce soit pour cela.

C’est pourquoi Jean écrit par la suite : « Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. » (1 Jean 4, 10).

Cet amour, Dieu le Père nous l’a témoigné, l’amour est là, il est déjà venu : « L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. » (1 Jean 4, 9).

Par la foi en notre Sauveur nous avons le droit merveilleux d’être appelés « enfants de Dieu » et de pouvoir nous nommer nous-mêmes ainsi : « Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ. » (Gal. 3, 26).

Jésus Christ, l’unique Saint Enfant, est dans la crèche, et notre regard se tourne vers notre Sauveur sur la Croix !

Crèche et croix vont de paire ! – par sa naissance, est préparé le chemin vers la vie éternelle pour tous les pécheurs ; par sa mort sur la croix, est ouverte la porte vers le ciel.

Le message de Noël ne se termine pas sans que nous nous souvenions de la colline Golgotha, où s’est dressée la croix du Christ :

« Lui, sur soi prend nos misères, pour porter nos péchés lui, l’Agneau du Père. Lui, le Christ, meurt pour nos fautes : en versant tout son sang, l’Agneau nous les ôte. »

Qui resterait alors sans consolation et sans certitude ?

Qui serait obligé de dire qu’il n’y a pas d’espoir pour lui ?

Regardez l’enfant dans la crèche ! Regardez votre Sauveur !

Il n’est trop tard pour personne : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! »

Et pourtant notre cœur nous accuse ; et nous savons qu’il a raison : chaque jour nous faisons de nombreux péchés et transgressons la sainte volonté de notre Dieu.

Et c’est pourquoi nous lisons dans la Parole de Dieu : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1, 8. 9).

C’est précisément quand ton cœur te condamne que Christ t’appelle à lui.

Quand tu te reconnais coupable et misérable, quand tu voudrais fuir devant le Dieu Saint à cause de ta mauvaise conscience, c’est alors que tu as le droit de venir à ton Seigneur parce qu’il est le Sauveur des pécheurs.

Car l’ange a dit aux bergers : « Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie… » (Luc 2, 10).

Il a dit pour tout le peuple ! Toi aussi tu fais partie de tout le peuple !

Comment votre cœur hésitant aurait-il le droit de faire mentir ou mettre en doute ces paroles ?

Et lorsque l’apôtre écrit : Christ « est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jean 2, 2), comment Satan peut-il alors te refuser la paix de Dieu ?

Il a dit du monde entier ! Toi aussi tu en fais partie !

Lorsque ton propre cœur te condamne, lorsque Satan te fait voir le Seigneur Jésus-Christ non pas comme le Sauveur mais comme un justicier en colère, quand tu es oppressé, pauvre et misérable, alors regarde la crèche !

Oui, le Sauveur est né pour toi ! – l’ange a dit de lui à Joseph : « Marie mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.» (Matth. 1, 21).

JESUS – celui qui aide et sauve les pécheurs, donc aussi celui qui te vient en aide, c’est ton Sauveur !

C’est pourquoi l’apôtre dit de manière insistante : « Voyez ! »

« Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! »

La parole de Dieu est plus forte que ton manque de foi, ta méfiance, tes doutes et elle t’assure : « que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas mais ont la vie éternelle » (Jean 3, 16).

Par la foi en Jésus-Christ nous sommes enfants de Dieu et

2. nous avons une espérance vivante

« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. »

L’apôtre parle ici de ce qui sera dans le futur, après notre vie ici-bas.

Les « enfants de Dieu » LE verront face à face au Ciel, leur Père céleste qui les a créés, le Fils, leur Seigneur Jésus-Christ, qui s’est fait homme pour eux et le Saint-Esprit qui les a amenés et maintenus dans la foi.

« Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face. » (1 Cor. 13, 12)

Nous serons alors des «  enfants de Dieu », qui auront accédé au salut complet, à la délivrance de tout mal, qui seront vainqueurs par le sang de l’Agneau, qui seront libérés de tout danger, de toute misère et de toute attaque.

Paul écrit : « Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ… » (Rom. 8, 17).

Nous serons alors des enfants de Dieu « parfaits », renouvelés à l’image de Dieu tel que Dieu avait créé l’homme au commencement : saint, complètement sans péché, en parfaite harmonie avec Dieu, dans la communion éternelle avec LUI – ainsi nous lui ressemblerons.

Mais, dans la vie ici-bas, la splendeur de cette filiation reste encore cachée sous de nombreuses souffrances, sous des faiblesses et des détresses.

« Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu.Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. » (Col. 3, 3. 4).

Jusque-là, cependant, nous nous édifions et nous nous réconfortons dans cette espérance glorieuse, en écoutant maintes et maintes fois la Parole de Dieu qui nous rappelle qu’en ayant la foi en Christ, nous sommes vraiment les enfants de Dieu et que, par LUI , nous recevrons la perfection.

Qu’avait écrit l’apôtre ?

« Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l‘a pas connu. »

Le monde ne connaît pas notre Père céleste, ne le reconnaît pas comme son Dieu et son père et ne veut rien avoir à faire avec le Sauveur des pécheurs.

Mais nous nous déclarons comme enfants de Dieu ; voilà pourquoi le monde ne nous connaît pas, ne nous reconnaît pas comme étant des leurs au contraire il se moque des chrétiens, les tourne en dérision, les persécute.

C’est précisément parce que nous sommes enfants de Dieu que nous endurons souvent beaucoup de souffrances dans cette vie terrestre et sommes souvent mis à l’écart.

Notre Seigneur dit : « C’est pourquoi, toute personne qui se déclarera publiquement pour moi, je me déclarerai moi aussi pour elle devant mon Père céleste. » (Matth. 10, 32).

Lorsque tu subis les moqueries et le chagrin, les tribulations et les privations, regarde l’étable de Bethléem : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! »

Nous sommes enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ, dans la foi nous avons une vivante espérance

3. et nous recevons la force de vivre en enfants de Dieu.

Par Christ, nous avons la force de vivre en tant qu’enfants de Dieu, malgré les railleries et le mépris, oui même dans les moments particulièrement difficiles, malgré les persécutions et la mort.

Lorsque des tribulations nous frappent à cause de la foi, la puissance de Dieu nous fait dire comme l’apôtre : « J‚estime en effet qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour. » (Rom. 8, 18).

« Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » (2 Cor. 4, 17. 18).

Mais ce n’est pas seulement dans la détresse venant de l’extérieur que le Seigneur Jésus-Christ nous donne la force de vivre heureux en tant qu’enfants de Dieu.

« Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur. »

Aussi dans les tentations et les envies que le diable instille dans notre cœur et avec lesquelles le monde nous séduit, nous trouvons uniquement en LUI la force de résister.

Christ ne nous a pas seulement racheté de la malédiction mais aussi de l’asservissement au péché.

Il te donne la force nécessaire pour que tu puisses réaliser le bien qu’il a implanté en toi et être victorieux, pour que de tout cœur tu continues à rechercher ce bien qui plaît à Dieu (au lieu de faire le mal).

Là aussi, lorsque Satan veut te séduire, « c’est dans la faiblesse que la puissance de Dieu se manifeste pleinement ». (2 Cor. 12, 9).

Mais si tu as succombé, viens à ton Seigneur pour demander pardon !

Tout cela est résumé dans les paroles de joie de l’apôtre : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! » Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France