Sermon pour le 18e dimanche après la Trinité

Sermon sur Matthieu 7 : 24-27

C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande.

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ !

700 ans avant la naissance de Jésus Christ, le Seigneur Dieu a fait annoncer par le prophète Esaïe : « Voici, je mets en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse ; et celui qui croit en elle ne sera point confus. » (1Pierre 2,6).

Christ, le rédempteur, le médiateur entre nous, pécheurs, et le Dieu saint – Christ, le fondement de notre réconciliation avec le Tout Puissant, l’assise de notre entière justification devant Dieu !

C’est pourquoi nous lisons dans le nouveau testament : « Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. » (Cor. 3, 12).

Mais qu’en font les gens ? Quel usage font-ils de la Bonne Nouvelle ? Écoutent-ils la Parole et s’en laissent-ils instruire et convaincre – pour le pardon des péchés, la vie et le salut ?

Dit autrement : Construisent-ils leur vie sur Christ avec la certitude d’être sauvés uniquement par grâce par la foi en Christ ?

Ou considèrent-ils Christ seulement comme une idole à imiter pour devenir des personnes vertueuses – considèrent-ils Jésus seulement comme le conseiller pour parvenir à une vie heureuse pleine de charité ?

En d’autres termes : Les uns ne prennent-ils pas le Seigneur Jésus comme s’il était uniquement le secouriste venant en aide dans les choses de cette vie ? – et ne construisent-ils sur lui que le peu qu’ils attendent de lui ? ne bâtissent-ils pas sur ce beau trésor que des choses périssables ?

La Parole de Dieu dit : « Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’oeuvre de chacun sera manifestée ; car le jour la fera connaître . » (1Cor. 3, 12).

C’est le fondement qui est essentiel après seulement vient ce qu’on y édifie.

Celui qui n’a pas Christ pour Sauveur et ne croit pas en celui (et en lui uniquement) qui lui a acquis la paix avec Dieu, ne construira qu’avec du bois, du foin et de la paille sur ce fondement, car la Parole de Dieu enseigne clairement : « Or tout ce qui ne résulte pas de la foi est péché. » (Rom. 14, 23).

Christ dit dans notre texte : « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. »

Il s’agit donc de choisir d’abord le terrain, un vrai et solide fondement après seulement vient la construction.

En d’autres termes : Il est primordial que nous ayons d’abord la Parole de Christ, oui Christ lui-même en tant que base et solide fondement pour ensuite construire sur Lui.

Jésus parle donc ici aussi de la vraie foi sans la nommer explicitement.

Car là où la véritable foi qui sauve est absente, il n’y a pas non plus de juste construction sur Christ, il n’est pas non plus question des commandements de Dieu.

Parce que toutes les bonnes œuvres, toutes les réalisations et toutes les activités humaines sont et restent péchés et elles n’ont aucune valeur aux yeux de Dieu si elles ne sont pas le fruit de la foi dans le Sauveur des pécheurs.

Par contre là où il y a la vraie foi en Christ il en découle aussi de véritables œuvres bonnes ; et même des œuvres considérées comme insignifiantes par les humains sont très précieuses aux yeux de Dieu.

Car c’est la foi qui sanctifie tous les faits et gestes du chrétien et les rend beaux et agréables à Dieu.

Ce ne sont pas les bonnes œuvres qui rendent la foi authentique et agréable, mais c’est la foi qui rend les œuvres bonnes, qui les orne.

C’est ainsi que nous devons comprendre les paroles :

« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. » (Jacques 1, 22).

Quiconque connaît la Parole de Dieu et ne conduit pas sa vie d’après elle, se ment à soi-même : Il connaît la volonté de Dieu et ne l’accomplit pas, il entend la mise en garde contre le péché, mais il n’a pas peur de désobéir.

Il construit avec du bois et de la paille sur le précieux fondement parce qu’il n’a pas la vraie foi – et ce qui ne vient pas de cette foi véritable est péché.

Le Seigneur enseigne cela en disant : « Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande ».

La foi de celui qui écoute la Parole de Christ, qui l’accepte et qui la laisse pénétrer sa vie entière, n’est pas construite de manière superficielle – ce n’est pas un consentement du bout des lèvres à Christ, elle est construite sur Christ, sur le rocher du salut.

Nous lisons aussi dans le prophète Esaïe : « Confiez-vous en l’Éternel à perpétuité, car l’Éternel, l’Éternel est le rocher des siècles. »(Esaïe 26, 4) et dans la lettre aux Colossiens il est dit : « Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui, tant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d’après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces. » (Col. 2, 6. 7).

C’est, comme nous le voyons, très important de reconnaître et de garder les choses dans le bon ordre celui donné par la Parole de Dieu afin que nous ne tombions pas dans l’erreur de croire que tout dépend des œuvres pratiquées extérieurement qui doivent être faites en premier.

Ce qui compte en premier c’est d’avoir véritablement le seul fondement valable sous les pieds, que tu es sauvé uniquement par grâce en la foi en Christ, car (ainsi écrit Paul) : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » (Eph. 1, 7).

Certes, écouter la Parole de Dieu, aimer Christ et alors agir selon sa volonté vont de pair.

Une vie qui est agréable à Dieu, est une vie dans la foi en Christ qui s’est donné lui-même en sacrifice pour les pécheurs « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16).

De cette foi réconfortante, joyeuse, qui sauve, découlent les œuvres qui plaisent à Dieu – aussi insignifiantes qu’elles semblent.

Celui qui « agit selon la Parole » ne peut être que celui qui place toute sa confiance en son Sauveur, celui qui, par l’appel de l’Évangile vient sous le pardon de Dieu et qui alors obéit à sa volonté.

C’est pourquoi Christ dit : « « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent. » (Luc 11, 28).

« écouter », « garder » et ensuite «mettre en pratique» sont inséparables.

Dans sa parabole, le Seigneur Christ associe aussi dans cet ordre l’écoute de la Parole de Dieu et sa mise en pratique.

Il commence par ces mots : « «Quiconque entend ces paroles que je dis… »

Le Seigneur dit tout simplement : « Quiconque entend ces paroles que je dis … »

Dieu ne fait aucune différence entre les personnes, l’une est comme l’autre à ses yeux.

Quel que soit l’apparence extérieure d’un homme, qu’il soit riche ou pauvre, respecté ou méprisé : cette affirmation est valable pour chacun !

«Quiconque entend ces paroles que je dis… » L’accent est mis sur je dis, car des paroles de Christ dépendent la vie ou la mort, le salut ou la perdition !

«Quiconque entend ces paroles que je dis... » Il s’agit d’abord du sermon qu’il vient de prononcer.

Nous l’appelons « le sermon sur la montagne ».

Mais ailleurs il dit : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jean 8, 31. 32).

Nous devons écouter et mettre en pratique toutes les paroles de Jésus.

Mais la Parole de Christ c’est toute l’Écriture Sainte, tous les écrits des apôtres et prophètes..

L’esprit de Christ était dans les prophètes et il leur a attesté d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies, comme l’écrit Pierre. (1Pierre 1, 11).

C’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. (2Pierre 1, 21).

Les apôtres aussi ont été conduits par Dieu, le Saint-Esprit, dans toute la vérité et leur a rappelé tout ce que Christ leur avait dit. (Jean 14, 26).

L’église de Jésus est « édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » (Eph. 2, 20).

Donc, en fait, la parole : « Quiconque entend ces paroles que je dis… » ne se rapporte pas seulement au sermon sur la montagne et pas seulement au Nouveau Testament, mais à toute la Sainte Écriture.

Mais la parole-même de Christ, le cœur, le point central de l’Écriture, c’est l’évangile – dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament.

Dans sa parole, Jésus nous assure que, par la foi en lui, nous recevons le pardon de tous les péchés, une nouvelle vie et jouissons de la félicité éternelle dans la vie céleste.

Dans sa Parole Jésus nous dit qu’il appelle à lui ceux qui sont fatigués et chargés, pour les réconforter, les consoler, les guérir.

Ils auront une meilleure justice que celle des scribes et des pharisiens avec leur nature hypocrite.

C’est pour cela qu’il nous propose et offre dans l’évangile sa justice, sa pureté et sa grâce.

Aussi Christ dit : « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc. » (Matth. 7, 24. 25).

« Fondée sur le roc » – l’affirmation : « Je suis chrétien » ne doit pas reposer grossièrement sur du sable, sur la surface instable d’apparences superficielles.

« Fondée sur le roc » – cela signifie sur LUI, sur le Christ, sur le rocher du salut sûr et immuable, comme il est écrit : « Confiez-vous en l’Éternel à perpétuité, car l’Éternel, l’Éternel est le rocher des siècles. » (Esaïe 26, 4).

Car le culte à Dieu de celui qui ne se reconnaît pas pécheur devant Dieu, qui pour cette raison ne fuit pas vers le rocher du salut, Jésus-Christ, est complètement nul.

C’est pourquoi nous devons d’abord écouter la parole de Christ, d’abord croire en lui.

Si une personne par ses faits et gestes n’est pas fondée sur le rocher du Sauveur des pécheurs, tout ce qu’elle pense, parle et fait est, aux yeux de Dieu, tout à fait négatif même si son mode de vie paraît aux yeux des hommes vraiment estimable.

C’est pourquoi la question « Quelle est la volonté de Dieu ? » est si importante car par nature, la réponse de l’homme est mauvaise : Il pense qu’une vie extérieurement bonne suffirait, mais il oublie son cœur impie !

Quelle est la volonté de Dieu ? 

Jésus dit : « La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle. » (Jean 6, 40).

« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » (Rom. 10, 17)

Car dans la Parole de Dieu se trouve la puissance dont nous avons besoin, nous pécheurs, pour vivre une vie selon la volonté de Dieu.

Uniquement là se trouve la force d’être libéré des ruses de Satan ! « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification ! » (1Tess. 4, 3).

Jésus résume cela en ces mots : « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique… »

Puise en premier la force et la grâce à la source du pardon de Dieu !

De nous-mêmes, sans amour pour Jésus, nous, les pécheurs, nous ne pouvons rien faire qui plaise à Dieu : « Sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu » (Hébr. 11, 6).

La Parole de Dieu dit : « Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. » (Eph. 2, 10).

C’est pourquoi l’apôtre avertit : « Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père. » (Col. 3,17).

C’est pourquoi : Écoute la Parole de Dieu et met la en pratique !

Lorsque Jésus dit : « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent … » alors la condition première est nécessairement avoir la foi.

Nous ne devons pas nous contenter d’écouter, mais nous devons agir dans la vraie foi selon la volonté de Dieu.

Dans les dix commandements et aussi dans le sermon sur la montagne Jésus ne nous dit pas comment on peut devenir un enfant de Dieu et être sauvé mais comment nous devons vivre en tant qu’enfant de Dieu pour ne pas nous écarter du chemin conduisant au ciel.

A cause des mensonges du diable des chrétiens sont à nouveau incités à s’adonner au péché. L’ennemi veut les pousser à mener une vie impie toujours plus intense.

Envie, avarice, immoralité, fornication, adultère, vol – sont les chaînes du diable avec lesquelles il essaie d’asservir les enfants rachetés de Dieu.

Si un enfant de Dieu y est profondément empêtré, qu’est-ce qui peut l’aider alors ? La foi qui sauve ne peut pas durer éternellement à côté des œuvres du mal.

Alors nous devons nous examiner à la Parole de Dieu et devenir à nouveau « un homme prudent qui construit sa maison sur le roc. »

Le chrétien dit : « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » (Ps. 119, 105) – en chemin il garde toujours comme objectif la vie éternelle afin que de la foi ici-bas il parvienne à la jouissance de la vie dans l’éternité, des souffrances à la joie, de la mort à la vie.

Jusqu’à ce que nous « voyions ce que nous avons cru », nous nous rassemblons autour de Jésus, le rocher qui est notre fondement, qui nous protège et nous porte.

Dans les tempêtes de la vie quotidienne, sous les rafales de toutes sortes d’injustice, nous avons un Sauveur qui prend soin de nous : « Comme un homme que sa mère console, ainsi je vous consolerai. » (Esaïe 66, 13).

Oui, au milieu de la détresse, de la tribulation, de la souffrance et de la tentation, il peut te donner la force de dire : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte ? L’Éternel est le soutien de ma vie : de qui aurais-je peur ? » (Ps. 27, 1).

Sur lui seul édifie ta vie, ton travail, tout ce que tu veux entreprendre et ce que tu veux mener à bien.

C’est pourquoi vérifie le fondement sur lequel tu te tiens, quel est le roc sur lequel tu construis.

Que Dieu veuille donner à chacun de nous de dire avec foi au Seigneur et Sauveur : « Je t’aime, ô Éternel, ma force ! Éternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur ! … » (Ps.18, 1. 2). Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France