Sermon sur „Christ dans l’Ancien Testament“ (3e partie)

Au nom de Jésus, chers frères et sœurs !

Christ dans l’Ancien Testament – aujourd’hui, il s’agit d’eau.

Depuis que les ménages sont connectés au réseau collectif deségouts, beaucoup récupèrent l’eau de pluie dans leurs anciennes fosses. On nomme « citerne » un tel réservoir d’eau.

L’eau provenant d’une citerne ne peut pas être utilisée d’emblée comme eau potable – contrairement à l’eau pure des sources.

Le Saint-Esprit prend cet exemple comme image et dit : « Car mon peuple a commis un double péché : ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau. » (Jér. 2, 13).

Des citernes comme exemple pour parvenir « à la paix avec Dieu » par les œuvres de la loi ;

… donc ceux qui recherchent la paix avec Dieu par une autre voie, qui ne suivent pas la voie que Dieu leur montre, à savoir recevoir la grâce de Dieu par la foi en Christ.

Dans sa conversation avec la femme samaritaine, Jésus nomme lui-même « eau vive » la grâce et le pardon qu’il offre. (Jean 4).

Et dans le Psaume il est dit : « Car auprès de toi est la source de la vie ; par ta lumière nous voyons la lumière. » (Ps. 36,10).

également l’apôtre Paul en parlant du vieux peuple de Dieu, les croyants qui étaient sur le chemin d’Égypte vers Canaan, écrit : « ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. » (1 Cor. 10, 4).

à la fontaine de Jacob, Christ lui-même a dit à la Samaritaine : « mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4, 14).

En d’autres termes : il sera sauvé – même s’il est pécheur comme tu l’es ! – car elle était une prostituée.

Oui, nous, pécheurs, avons besoin d’un refuge dans notre vie ici-bas, dans cette « vallée de misère », que seul le Sauveur des pécheurs peut nous donner. Ce refuge est sa grâce réconfortante qui, par la foi en LUI, nous assemble dans sa multitude de personnes sauvées, dans « sa maison ».

Les paroles du psaume disent : « Heureux ceux qui habitent ta maison : ils te louent éternellement. (Sela.) Heureux les personnes dont tu es la force et qui te suivent de tout cœur, qui traversent la vallée de misère et y réalisent des puits. Et les enseignants sont gratifiés par de nombreuses bénédictions. Ils obtiennent une victoire après l’autre, de manière que l’on soit obligé de reconnaître que le vrai Dieu est en Sion. » (Ps. 84, 5-8).

a) « dans ta maison » = ceux qui, par la foi en Christ, appartiennent à l’église une, sainte et chrétienne, au peuple de Dieu, au troupeau du Christ qui est le Sauveur des pécheurs ;

b) « y réalisent des puits » = lieux où ils boivent « l’eau de la vie », c’est-à-dire là où ils entendent la Parole de Dieu, le message de la miséricorde du Sauveur ;

c) « une victoire après l’autre »

– sur la faible foi et l’incertitude,

– sur le mal qui sommeille dans notre propre cœur et veut se transformer en acte,

– sur les tentations du diable qui veut nous faire abandonner à nouveau le royaume du Christ.

Avec tout ce qui nous attaque parce que nous sommes enfants de Dieu à savoir le diable, le monde et notre propre chair pécheresse, notre âme aspire au réconfort divin, à la paix et à la tranquillité : « Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. » (Ps. 42, 1. 2).

Celui qui cherche alors le réconfort divin et la paix du cœur en prenant le chemin de la loi fait fausse route !

Quand il prend conscience de ses propres péchés, quand son cœur mauvais le trouble – et s’il pense pouvoir écarter sa mauvaise conscience au moyen de nouveaux préceptes, d’autres restrictions et règles et s’il croit pouvoir paraître devant Dieu dans un meilleur état à cause de ses efforts, il succombera au désespoir !

Ce n’est pas une eau pure et vivante !

Là c’est comme l’eau des fleuves d’Égypte changée en sang. (Ex 7, 20 et suiv.). À l’époque, c’était la colère et la punition de Dieu pour les Égyptiens incrédules et obstinés !

Sur le chemin de la loi ruisselle le sang de l’auto-rédemption, de l’auto-flagellation et de la condamnation de Dieu. La justice que l’on s’attribue soi-même reste placée sous la malédiction de Dieu, elle ne mène pas à la justice qui est valable devant Dieu !

La voie de Dieu est l’eau qui a porté l’arche de Noé au-dessus du jugement de colère. C’est le chemin de l’Évangile comme le prêche le prophète : « Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur LUI, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Ésaïe 53, 5).

« L’eau vivante » ou « l’eau de la vie » est donnée par Dieu sur le chemin qu’il a préparé pour nous pécheurs : « Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi, nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi. » (Gal. 2, 16).

L’Évangile, la bonne nouvelle du Sauveur, son sacrifice pour notre culpabilité – est la voie juste et fiable, car l’Évangile révèle la justice qui est valable devant Dieu. (Rom. 1, 17).

De tout cela, nous constatons que la justification s’est réalisée en dehors de nos cœurs « L’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. » (Ésaïe 53,6).

La mauvaise voie c’est : Tu dois donner ton cœur à Jésus ! Tu dois marcher sur le chemin de l’obéissance jusqu’au bout ! Tu dois…! Tu dois…! Tu dois…!

Beaucoup croient (et se trompent) que la justification devrait se réaliser dans leur cœur.

Tu dois avoir un cœur pur ! As-tu un cœur pur ?

Mais ils remarquent jour après jour à quel point leur cœur est pécheur et sale.

Alors ils désespèrent !

Ils remettent en question leur statut d’enfant de Dieu, leur rédemption, leur salut éternel.

Et ils font semblant : ils essaient d’afficher une apparence pieuse devant les autres – mais en eux s’agite le péché, l’envie d’obtenir des faveurs, l’avarice, l’avidité, la fornication – et surtout l’arrogance spirituelle !

Une personne qui cherche en lui-même la justification, la paix avec Dieu, la certitude de son salut, n’aura jamais la paix !

à chaque chrétien reste toujours collée la vieille nature pécheresse, de sorte que « l’eau de la vie » ne jaillit pas.

Mais qu’est-ce que ça signifie quand Paul prie :

« … afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour. » (Eph. 3, 16. 17).

Christ dans le cœur, qu’est-ce que ça signifie ?

Il n’écrit pas cela à des non-croyants pour qu’ils parviennent à la foi, mais aux chrétiens qui appartiennent déjà au Sauveur par la foi !!!

Pour eux, il demande « force afin d’être puissamment fortifiés dans l’homme intérieur » (c’est-à-dire dans le cœur). Là doit maintenant habiter Christ.

Il prie pour eux, pour les enfants de Dieu, afin qu’ils s’enracinent dans l’amour (c’est-à-dire dans l’amour du Christ) et y mettent toute leur confiance.

D’une part, les mauvaises pensées viennent du cœur, l’envie du péché marque notre cœur (Matth. 15, 19) et c’est pour cela que la parole de Dieu dit que notre propre cœur nous condamne. (1 Jean 3, 20).

Mais plus un chrétien détourne son regard de sa propre personne pour le porter sur Christ qui s’est donné en sacrifice pour lui, plus son Rédempteur vit dans son cœur.

C’est donc justement le contraire : Ce n’est pas à cause des efforts personnels, pas en « pratiquant sérieusement le chemin de l’obéissance », ni par des pénitences sévères et des efforts d’auto-purification que cela s’améliore !

Mais c’est quand, loin de tous ses sérieux efforts personnels, un chrétien tourne son regard vers le Sauveur et se maintient à la Parole ; lors de la transfiguration sur la montagne, cette Parole dit : « Mais Jésus, s’approchant, les toucha, et dit : Levez-vous, n’ayez pas peur ! Ils levèrent les yeux, et ne virent que Jésus seul. » (Matth. 17, 8).

Pourquoi JÉSUS SEUL ? Parce que la justification s’est produite en dehors de nos cœurs ! « L’Éternel a fait retomber sur LUI l’iniquité de nous tous. » (Ésaïe 53, 6).

Pourquoi alors des chrétiens scrutent-ils en eux-mêmes pour savoir s’ils sont sauvés ?

La justification a été réalisée en dehors du cœur !!! Tu dois regarder : Sur JÉSUS SEUL, sur son sacrifice, sur son obéissance, sur sa lutte !

Tout cela est en dehors de toi ! En toi par contre il n’y a que péché et méchanceté.

L’ « eau de la vie » ne jaillit pas de ton cœur mais du cœur de Jésus !

Mon cœur me damne, le cœur et la bouche de Christ me crient : « Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés ! (Matth. 9, 2).

Si l’apôtre Paul s’était examiné soi-même ou avait regardé ses efforts de piété, il aurait dû désespérer parce qu’en tant que pharisien, il avait rejeté le Christ, tourmenté les chrétiens, persécuté l’Église de Dieu.

Mais même après que Christ l’ait vaincu et converti, il déclare qu’en lui-même la vieille nature pécheresse est encore très puissante. Tous ses efforts pour vivre selon la loi de Dieu, selon la volonté divine, sont toujours pitoyables et imparfaits.

Au lieu que la loi de Dieu l’aide à vivre de façon pure, sérieuse et pieuse, elle l’accuse constamment, lui montre de plus en plus intensément la corruption de son cœur et lui fait percevoir le mécontentement, la colère et le jugement de Dieu.

Il dit : (Romains 7, versets 12 à 15 puis 18 à 23).

12 Ainsi la Loi (en elle-même) est sainte et le commandement est saint, juste et bon.

13 Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c’est le péché, afin qu’il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, le péché apparaisse dans toute sa puissance (= augmentation du péché).

14 Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle (c’est-à-dire vient de l’esprit divin) ; mais moi, je suis de nature charnelle (et ainsi), vendu au péché (sous le pouvoir du péché).

15 Je ne comprends pas ce que je fais : je ne fais pas ce que je veux et je fais ce que je hais (= déteste).

18 Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien,

19 car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.

20 Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.

21 Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi.

22 Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ;

23 mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres.

S’il avait cherché le salut en lui-même ou avait fait dépendre la paix du cœur de ses efforts de piété, alors il n’aurait jamais pu dire à la fin de cette partie : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! (J’en remercie Dieu, c’est possible par Jésus-Christ notre Seigneur.) » (Rom. 7, 24).

Après que le Dieu bienveillant l’ait amené à la connaissance de son Rédempteur, Paul a regardé sa vie, ses efforts et a dit : « Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. (Phil. 3, 7-9).

C’est la seule justice valable devant Dieu !

Ces paroles de l’apôtre ne sont pas une proclamation faite par lui-même, ce n’est pas un témoignage enthousiaste (comme il y en a des milliers aujourd’hui) … mais c’est la parole de Dieu ! Ici l’apôtre de Christ enseigne la chrétienté. On y trouve la consolation : S’il en était déjà ainsi pour le grand apôtre Paul, alors moi aussi je veux être humble et m’incliner sous l’accusation de la loi et me réfugier avec l’apôtre sous la grâce indulgente de Dieu dans la foi !

Ainsi tu peux te consoler et dire avec l’apôtre : « Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus-Christ. » (Phil. 3, 12).

Ce n’est pas « moi qui ai invité » Jésus dans ma vie, ce n’est pas moi « qui me suis emparé de lui », mais c’est Lui qui m’a attiré à Lui par pur amour, par grâce ! Il m’a saisi !

C’EST CE QU’ENSEIGNENT LES ÉCRITURES !

Tout le reste n’est que divagation pieuse, orgueilleuse, voire diabolique – parce que cela éloigne de Christ !

Nous lisons à ce propos dans les Écritures : « Ils ont certes une réputation de sagesse particulière en raison de la piété et de l’humilité qu’ils ont choisies eux-mêmes et de leur dureté implacable envers le corps, mais ils n’ont aucune valeur réelle en ce qu’ils ne servent qu’à satisfaire la chair (c’est-à-dire l’image extérieure). » (Col. 1, 23).

Bref, nous, chrétiens ne devenons pas parfaits dans cette vie.

Nous tombons et nous nous relevons par la grâce et la force de Dieu !

Mais nous sommes appelés « parfaits » par la parole de Dieu tant que nous nous accrochons à sa Parole (1 Cor. 2. 6.7 !!!) – mais la parole et les promesses de Dieu sont en dehors de nous.

Nous restons pécheurs en nous-mêmes jusqu’à notre dernier souffle !

Pécheur – mais en même temps justifié par Christ, qui a fait pour nous tout ce qui est nécessaire à notre salut.

À la question « Que dois-je faire pour être sauvé ? » tous les enseignants de la loi et les faux prophètes répondent : « Tu dois te battre, te battre, te battre ! » Ce sont les fleuves sanglants de l’Égypte !

Le Christ, source de la vie éternelle, dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matth. 11, 28 et suiv.)

Par conséquent : « Que dois-je faire pour être sauvé ? » « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé ! » (Actes 16, 31). Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France