Sermon sur Jean 1 : 35-49

Le service aura lieu le dimanche (28 juin 2020) à 10h00

Jean 1, 35-49

35Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples ; 36et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit : Voilà l’Agneau de Dieu. 37Les deux disciples l’entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus. 38Jésus se retourna, et voyant qu’ils le suivaient, il leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Rabbi ce qui signifie Maître, où demeures-tu ? 39Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait ; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure. 40André, frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus. 41Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit : Nous avons trouvé le Messie ce qui signifie Christ. 42Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l’ayant regardé, dit : Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas ce qui signifie Pierre.


43Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit : Suis-moi. 44Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. 45Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. 46Nathanaël lui dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens, et vois. 47Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui : Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. 48D’où me connais-tu ? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. 49Nathanaël répondit et lui dit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël.

Chère paroisse !

Le 24 juin, la semaine dernière, c’était le jour de commémoration de la naissance de Jean-Baptiste.

Jean-Baptiste était le héraut c’est-à-dire l’annonciateur et le précurseur du Messie promis.

Nous lisons à son sujet : « Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés. » (Marc 1, 4).

Beaucoup de gens sont venus à lui, ont confessé leurs péchés et se sont fait baptiser.

Comment s’est passé la rencontre du Seigneur Jésus-Christ avec Jean ?

Matthieu nous rapporte : « Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. Mais Jean s’y opposait, en disant : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et tu viens à moi ! Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus. » (Mt. 2, 13-15).

À ceux qui l’écoutaient, le Baptiste dit en montrant Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ! » (Jean 1, 29).

Ainsi Jean était celui qui mène à Jésus, Dieu l’avait chargé de cette mission.

Il a proclamé que Jésus est le Sauveur envoyé par Dieu dans le monde ; il a témoigné que Jésus est l’agneau sacrificiel valable pour la réconciliation de tous les peuples avec leur Créateur.

Dans l’Ancien Testament il est annoncé comme le précurseur du Seigneur Christ.

Lorsqu’on a demandé à Jean : « Toi, qui es-tu ? … Que dis-tu de toi-même ? », il a répondu : « Moi, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. » (Jean 1, 22 et suiv.).

Et qu’avait prophétisé Ésaïe 700 ans plus tôt ? « Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l’Éternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. » (Ésaïe 40, 3).

Dieu a encore annoncé Jean le Baptiste – par le prophète Malachie.

Là Dieu dit : « Voici, j’enverrai mon messager ; il préparera le chemin devant moi. et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de l’alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l’Éternel des armées. » (Mal. 3, 1).

Il le compare au prophète Élie des temps anciens, parce que le contenu du sermon du Baptiste « Repentez-vous! » et son apparence physique ressemblent à ceux d’Élie : « Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et redoutable. » (Mal. 4, 5).

Et l’apparence ? De Jean-Baptiste il est dit : « Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. » (Matth. 3, 4).

Et de Élie : « Quel air avait l’homme qui est monté à votre rencontre et qui vous a dit ces paroles ? Ils lui répondirent :C’était un homme vêtu de poil et ayant une ceinture de cuir autour des reins. Et Achazia dit :C’est Élie, le Thischbite » (2 Rois 1, 8).

Ainsi, Jean-Baptiste est annoncé dans l’Ancien Testament comme le précurseur très particulier du Christ.

Il montreChrist et dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde

Jean-Baptiste a annoncé le Christ comme l’agneau sacrificiel : « Voici, c’est l’agneau de Dieu, qui porte le péché au monde ! »

Mais pourquoi « agneau » ?

Pendant des siècles, les sacrifices de l’Ancien Testament étaient le véritable culte des croyants.

Tout dans et autour du service divin était ordonné par Dieu et annonçait le Sauveur à venir, Christ :

La tente d’adoration, plus tard le temple, les lectures des saintes paroles de Dieu, les nombreux sacrifices, l’arche dans le saint des saints, le sacerdoce, en particulier le souverain sacrificateur, etc. – ainsi que les agneaux sacrificiels du grand sacrifice de la réconciliation, tout annonçait le Sauveur qui s’est donné lui-même en sacrifice pour porter la culpabilité de tous les hommes.

À cette époque, le sang des animaux sacrificiels était aspergé sur l’arche d’alliance, qui contenait les commandements accusateurs de Dieu.

Se faisant, les croyants devaient se rappeler que le sang sacrificiel annonce le Sauveur promis dont le sang couvre l’accusation de la loi divine et apaise la colère de Dieu envers la culpabilité de l’homme.

Lorsqu’ils ont quitté l’Égypte, le sang d’un agneau, peint sur les poutres de la porte, a également sauvé les enfants d’Israël de la colère de Dieu.

Ainsi le sang de Christ sauve de la colère et du jugement de Dieu tous ceux qui croient en ce Sauveur, parce que « le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. » (1 Jean 1, 7).

Il est la victime expiatoire, envoyée par Dieu, il est au cœur de tout culte de l’Ancien Testament.

Jean-Baptiste a prêché la loi et la volonté de Dieu afin que les gens se rendent compte de leurs péchés.

Il disait : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Matth. 3, 2).

Il devait d’abord leur faire prendre conscience de la vérité sur eux-mêmes et sur leur état face à Dieu. Comment pouvaient-ils subsister avec leur péché devant Dieu ?

C’est pourquoi il leur a annoncé la loi du Très-Haut. Alors il a brisé les cœurs endurcis à la manière d’un fermier creusant avec la charrue dans une terre sèche.

Il remarque le péché et les injustices des autres, mais beaucoup moins les siens.

Il excuse ses propres manquements et met en lumière ceux de son voisin ; oui, combien de fois souffle-t-il les défauts des autres à l’oreille d’amis afin de se faire considérer comme bon et les autres mauvais.

Il voit son prochain frauder, commettre l’adultère, voler ou ne pas participer au culte et il oublie que les mêmes désirs sont aussi présents dans son cœur.

Dieu dit : « O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable ; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses. (Rom. 2, 1).

Ainsi Jean-Baptiste conduisait ses auditeurs à Jésus.

Même ses propres collaborateurs et étudiants, les disciples de Jean-Baptiste, ont obéi à sa prédication.

Nous lisons : « Les deux disciples l’entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus. Jésus se retourna, et voyant qu’ils le suivaient, il leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Rabbi ce qui signifie Maître, où demeures-tu ? Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait ; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure. »

« André, frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus. »

Qui était l’autre ?

C’était Jean l’Évangéliste qui a écrit ces mots.

Il écrit modestement au sujet de lui-même « le disciple que Jésus aimait » ou simplement « le disciple » ou il dit « l’autre disciple ».

Les deux disciples de Jean-Baptiste, Jean l’Évangéliste et André, n’ont pas hésité et ont suivi Jésus.

C’était la plus grande joie pour Jean-Baptiste : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue. » (Jean 3, 30).

Ce qui peut sembler être un échec selon l’appréciation humaine, à savoir que ses disciples l’ont quitté pour être avec Jésus, était le souhait de sa vie, la récompense de son travail acharné de prédicateur.

Il est un modèle pour tous ceux qui prêchent Jésus-Christ

Le lendemain, les deux disciples André et Jean ont demandé à Jésus : « Maître, où demeures-tu ? »

Tous ceux qui se soucient de leur salut, de leur vie éternelle doivent poser cette question : « Maître, où demeures-tu ? »– où pouvons-nous te rencontrer, entendre ta Parole, et être avec toi ?

Aujourd’hui encore, il y a des endroits où demeure le Sauveur et où il fait entendre sa parole.

Nous voulons aller dans ces endroits afin que nous soyons constamment maintenus affermis dans la foi en celui qui nous lave de tous nos péchés avec son saint et précieux sang.

L’évangéliste Jean a écrit : « C’était environ la dixième heure. »

C’est-à-dire 16 h de l’après-midi selon la manière actuelle d’indiquer l’heure.

Il le savait encore parfaitement, car cette heure était pour lui le moment décisif.

Lui et André avaient probablement vécu quelque chose de semblable à ce qu’ont vécu les deux disciples d’Emmaüs qui diront plus tard : « Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait … ? » (Luc 24, 32).

Nous aussi nous devons nous demander :Que serait-il advenu de moi si je n’avais pas connu cette heure ? !

Chaque chrétien ne peut pas déterminer exactement cette heure et ce n’est même pas nécessaire. L’essentiel est qu’il y avait une heure !

Certains ont vécu cette heure inconsciemment en tant qu’enfant lorsque, par le baptême, le Seigneur les a faits sien.

Mais, dans la vie de chaque chrétien, il arrive parfois qu’à un moment particulier, le chrétien perçoive profondément l’amour de son Seigneur ; Jésus lui permet alors de ressentir sa grâce et son aide de manière si tangible qu’il ne peut plus en oublier l’heure !

Ils ne pouvaient pas garder le silence, la joie était trop grande : « André, frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus. Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit : Nous avons trouvé le Messie ce qui signifie Christ. Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l’ayant regardé, dit : Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas ce qui signifie Pierre. Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit : Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. »

Les amis et les parents devaient le savoir en premier :« Nous avons trouvé le Messie ! C’est Jésus de Nazareth ! Nous étions chez lui ! Il nous a parlé ! »

Alors ils amenèrent Simon à Jésus.

Il devait constater tout cela par lui-même, voir de ses propres yeux et entendre les paroles de Jésus.

Seul Nathanaël a hésité en apprenant que Jésus de Nazareth en Galilée était le Messie : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? »

Philippe n’invoque pas d’arguments, n’essaie pas de dissiper les préoccupations de Nathanaël en donnant son opinion personnelle, mais il dit simplement : « Viens, et vois ! »

Il en est de même de nos jours !

Beaucoup de gens ont de grands doutes, rejettent Jésus sans vraiment le connaître lui et sa parole ; combien résistent à la doctrine de la foi biblique-luthérienne et en connaissent vraiment peu !

Là ne servent ni des idées ingénieuses, ni un art sophistiqué de la persuasion.

Ici ne peut aider que la Parole de Dieu.

« Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui : Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu ? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. »

Nathanaël était une personne honnête qui voulait d’abord examiner avec soin. Il s’est laissé convaincre par Christ et par la vérité divine venant de sa bouche.

Chère paroisse !

La semaine passée c’était également le jour de la commémoration de la remise et de la lecture de la Confession Luthérienne au Reichstag à Augsbourg (25 juin 1530).

Eux comme Jean-Baptiste et aussi les nombreux autres témoins de Jésus-Christ, ont une chose en commun : dans la foi vivante dans le Seigneur, ils montrent aux autres Jésus-Christ et disent : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue. » (Jean 3, 30).

Le contenu du sermon biblique est toujours : Jésus-Christ est l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ; et les bons prédicateurs conduisent leurs auditeurs à lui.

Tous les bons prédicateurs veulent que Jésus-Christ grandisse dans le cœur des gens, et c’est aussi le véritable objectif de leur prédication : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. »

Toute la Confession d’Augsbourg, qui a été lue en juin 1530 devant l’empereur et la Diète allemande à Augsbourg, a pour unique point central :

Dieu n’est pas réconcilié par les bonnes œuvres, par des pensées orgueilleuses au sujet de ses propres mérites, par l’hypocrisie et des présentations flatteuses.

Seul le sang de Jésus-Christ peut nous sauver de la damnation éternelle : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » (Eph. 1, 7).

« Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » ( 1 Jean 2, 2). Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France