Sermon sur Jean 15, 26 et 27

Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement.

Chers frères et sœurs dans la foi !

Le Saint-Esprit est le Dieu éternel tout-puissant. Christ le désigne par « soutien », « défenseur » ou « consolateur ».

Si tu es un chrétien, alors tu dois t’attendre à ce qu’on se moque de toi, tu subiras la persécution, oui dans de nombreux endroits de ce monde tu risques aussi la mort à cause de ta foi : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. » (Jean 15, 18-20).

Jésus dit qu’ils oppresseront les chrétiens et penseront rendre ainsi un bon service à Dieu. C’est une persécution honteuse et infâme !

Déjà les pères de l’église ont été persécutés, par exemple Athanase, que les Ariens ont chassé 6 fois de sa paroisse !

En plus du harcèlement et de la persécution, les chrétiens souffrent aussi souvent parce que leur courage est affaibli et leur conscience les pousse à s’égarer en se demandant : Qui sait si j’ai raison ? Est-ce que je ne suis pas allé trop loin ?

C’est pour cette raison que le Seigneur appelle le Saint-Esprit un « Consolateur » : Je sais ce que vous endurerez ! Vous trouverez peu de réconfort en vous-mêmes et aucune consolation dans le monde. Je ne veux pas vous laisser dans cette détresse. « Je ne veux pas vous conduire dans la boue afin que vous vous y noyiez ; mais quand il n’y aura plus de consolation dans le monde et que vous serez très effrayés et découragés, alors je vous enverrai le Saint-Esprit qui est un consolateur. Il diraà votre cœur que vous ne devez pas désespérer et vous en tenir à ce qu’il vous annonce. »

Ici on perçoit la vraie différence entre les deux notions qui portent le nom de « consolation » :

  • L’une est la consolation du monde. Celle-ci est fausse et pleine de mensonges. Elle est basée sur de mauvais fondements !– lorsqu’une personne place sa confiance sur la possession de biens, sur l’honneur, le pouvoir, la santé, sur la bienveillance de personnes influentes. Tout cela est trompeur et éphémère. Tu ne devrais pas y placer ta confiance ! Une telle « consolation » disparaît lorsqu’apparaissent les maux de tête, les maux de dents ou d’estomac, une épidémie, la fièvre ou la pauvreté. Alors cette « consolation » n’existe plus.
  • Je veux vous donner un autre Consolateur, l’Esprit de Vérité. Il vous consolera lorsque vous serez effrayés, timides, misérables et pauvres ! – à cause du jugement que portent les personnes à votre sujet et de celui de votre cœur.

Et encore une chose semblable, lorsque la conscience insinue : Tu me parles d’une consolation, mais je ne la sens pas. Je constate plutôt le contraire : Le monde a de la joie et du réconfort et le chrétien doit souffrir. Hérode est heureux avec sa putain et Jean-Baptiste est décapité. Est-ce cela qu’on appelle la « consolation » ?

Oui, ceci est consolation, dit le Christ ! Il faut seulement que tu fasses une distinction : Le monde a sa consolation. Sinon, aucun incroyant ne pourrait jamais être heureux. Mais c’est une consolation trompeuse ! Cette consolation ne vient pas de l’esprit de vérité. Le moment viendra où cette consolation du monde n’apportera plus aucun réconfort, car elle est éphémère !

Par contre, ce Consolateur que possèdent les chrétiens est un esprit de vérité. Il donne à nos cœurs une consolation permanente.

Même si Jean-Baptiste n’a pas la consolation qu’ont Hérode et sa putain, mais doit rester dans un cachot et finalement être décapité, le Saint-Esprit cependant lui crie puissamment et dit à son cœur : Jean ne soit pas désespéré parce que tu es si malheureux et que le monde se comporte de manière si écœurante envers toi ! Tu sais que le monde a des joies courtes et un chagrin éternel. En revanche ta souffrance sera courte et suivie d’une joie éternelle. Un instant dans l’éternelle béatitude vaut mieux que mille ans de plaisir en ce monde.

Cette consolation remplit tellement le cœur de Jean qu’il en remercie Dieu, car il est maintenant amené de cette pauvre et misérable vie à la joie éternelle dans le royaume des cieux – comme l’écrit aussi Paul : « Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. » (Phil. 1, 21).

Dans le 27e Psaume, la Parole de Dieu nous apprend à prier : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte ? L’Éternel est le soutien de ma vie : de qui aurais-je peur ?Quand des méchants s’avancent contre moi, pour dévorer ma chair, ce sont mes persécuteurs et mes ennemis qui chancellent et tombent.Si une armée se campait contre moi, mon cœur n’aurait aucune crainte ; si une guerre s’élevait contre moi, je serais malgré cela plein de confiance (en LUI). »

D’où le Saint-Esprit tire-t-il cette consolation ? Jésus dit : « du Père » parce qu’il procède du Père.

Mais s’il procède de Dieu le Père, alors il est éternel, car rien ne procède du Père qui ne soit égal et conforme à son être et à sa nature. Tout comme Dieu le Fils est éternel parce qu’il a été engendré par le Père, de même le Saint-Esprit est aussi éternel, un seul être avec le Fils et le Père.

Au moyen de quoi le Saint-Esprit réconforte-t-il ?

« De moi » dit le Seigneur : « il rendra témoignage de moi ! »

Le Saint-Esprit est ton avocat et ton consolateur. Il te fera penser à moi. Il ne te donnera pas 1 000 €, mais il donnera témoignage de moi pour que tu dises : Même si tout me sera enlevé, les personnes bien-aimées, mes biens, mon honneur, et que maintenant ma vie et mon intégrité physique sont en danger,néanmoins là-haut vit celui dont le nom est Jésus-Christ, qui est devenu homme pour moi, qui est mort et ressuscité pour moi, qui est montéau ciel.

Est-ce vrai ? Oui, je le reconnais dans ma foi ! De quoi devrais-je avoir peur ? Que devrais-je craindre ?

Le fils de Dieu qui a souffert la mort pour moi n’est pas mon ennemi ! Il veut mon bien et est fidèle ! Il m’aime, il n’y a aucune raison que je sois pris de peur ou que je lui prête de mauvaises intentions !

Quand le Seigneur dit : « Il rendra témoignage de moi », cela signifie : Le Saint-Esprit ne vient avec rien d’autre, avec aucun enseignement autre uniquement avec le témoignage de Jésus !

Parce que rien d’autre ne peut consoler les consciences.

Aucune personne dans la détresse ne peut être réconfortée par la prédication de la loi de Dieu : en essayant d’accomplir de bonnes œuvres ou en s’appliquant à pratiquer une vie sainte !

Avec cela la conscience est prise d’angoisse et la personne est désespérée.

Car Dieu, vu ou entendu en dehors du Christ, est un Dieu terrible. Avec Dieu sans Christ, on ne trouve que colère et disgrâce !

Mais quand Christ est prêché, il est impossible pour le cœur et la conscience de ne pas se réjouir, de ne pas devenir rassuré et apaisé.

C’est pourquoi tout dépend du fait que tu saisisses et que tu gardes cette consolation : Je crois en Jésus-Christ qui est mort et ressuscité pour moi. Je sais que le Saint-Esprit est un consolateur et un témoin. Il me témoigne de JÉSUS comme mon Rédempteur même dans la souffrance et dans les épreuves.

Comment le Saint-Esprit fait-il cela ?

Paul écrit : « Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche ? » (Rom. 10, 14).

Le Saint-Esprit console et témoigne de Jésus par la parole orale de la prédication.

Par la parole des apôtres et celle de tous les prédicateurs qui prêchent l’évangile du Christ fidèlement et clairement, le Saint-Esprit atteste dans ton cœur que Jésus est ton Sauveur.

Christ dit aux apôtres : « … l’Esprit de vérité, qui vient du Père, rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. »

Ne t’attends pas à ce que le Saint-Esprit te parle d’une autre manière, comme une voix venant du haut du ciel !

Il te parle uniquement par la parole de la Bible et par la bouche de ceux qui t’annoncent cette parole de la Bible de manière claire et non faussée.

Tu dois te tenir à cela ; là tu dois le chercher – jusqu’à ce qu’il touche ton cœur avec cette parole et qu’il fasse connaître avec force Jésus dans ton cœur et te réconforte puissamment !

La Parole de Dieu dit : « Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Rom. 8, 15 et suiv.).

Ce « témoignage intérieur du Saint-Esprit » dans le cœur ne vient que par la parole orale de l’Évangile prêchée et entendue – lorsque tu entends parler de Jésus ton Sauveur.

Voici le résumé :

Selon les paroles de Jésus, nous ne devons pas nous attendre (parce que nous voulons être enfants de Dieu) à nous retrouver dans une situation terrestre d’exception. [Certains pensent ainsi et disent : si tu es un enfant de Dieu, alors il te donnera la richesse et une bonne position dans la société, il te comblera de succès et d’honneur !]

Quiconque pense ainsi se retrouve accablé et n’a plus confiance en Dieu lorsqu’il se retrouve dans des situations désastreuses.

Et si sa conscience est à nouveau troublée… S’il se dit : J’aurais bien pu être chrétien, mais je n’aurais pas dû en faire trop, alors je n’aurais pas eu d’ennuis. C’est ma faute ! – et il ne trouve aucune consolation !

Certains sont restés bloqués dans de telles épreuves. Alors, il est important de prêter attention à la Parole de la Bible. « C’est pourquoi », dit le Christ, « il est temps que vienne le Consolateur qui témoigne de moi ! »

Il te montre que ces mauvaises pensées ne viennent pas de Dieu, mais du mauvais esprit. De telles pensées conduisent au désespoir.

Mais le Saint-Esprit n’effraie personne ! Il encourage et réconforte ! Il t’apporte des pensées heureuses parce qu’il parle de ton Sauveur, qui t’aime et ne veut pas te condamner, mais te sauver.

Les pensées qui causent tristesse, désespoir et mélancolie ne viennent pas de Christ mais du diable !

Tu vois, ces paroles : « Il rendra témoignage de moi ! » sont d’une grande importance.

Un bon signe qui te permet de reconnaître les faux prédicateurs c’est qu’ils te rappellent toujours à l’esprit ton péché, le châtiment de Dieu, la mort et la damnation !

Le Saint Esprit s’oppose à cela et te dit : « Ne peux-tu penser à rien d’autre qu’à la mort, au péché et à la damnation ? Détourne-toi de cela et regarde ici. Ne connais-tu pas l’homme qui s’appelle Jésus-Christ ? De lui il est écrit : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » (Eph. 1, 7) et « Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! Qui nous séparera de l’amour de Christ ? » (Rom. 8, 34 et suiv.).

Si Jésus-Christ n’existait pas, tu aurais toutes les raisons d’avoir peur et de désespérer, car tu es un pécheur !

Mais il est avec toi ! Alors cesse d’avoir peur ! »

Partout où ceci est prêché, on reçoit le témoignage du Saint-Esprit. Tout le reste (et peu importe combien cela paraît beau et admirable) est un sermon du diable ! Il n’en résulte que crainte, terreur et désespoir !

Mais ton Dieu, l’Esprit Saint, fait parvenir ce témoignage à ton oreille et dans ton cœur : « Ne t’ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage ? » (Jos. 1, 9) … « Ne crains rien, car je te rachète, Je t’appelle par ton nom : tu es à moi ! » (Es. 43, 1).

Ainsi nous pouvons être en accord avec l’apôtre lorsqu’il enseigne : « Nous portons ce trésor dans des vases de terre [qui peuvent se casser], afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus ; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. » (Cor. 4, 7-11). Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France