Sermon sur Juge 7 : 19-22 – Gédéon

Texte du sermon :

Gédéon et les cent hommes qui étaient avec lui arrivèrent aux abords du camp au commencement de la veille du milieu, comme on venait de placer les gardes. Ils sonnèrent de la trompette, et brisèrent les cruches qu’ils avaient à la main.

Les trois corps sonnèrent de la trompette, et brisèrent les cruches ; ils saisirent de la main gauche les flambeaux et de la main droite les trompettes pour sonner, et ils s’écrièrent : Épée pour l’Éternel et pour Gédéon !

Ils restèrent chacun à sa place autour du camp, et tout le camp se mit à courir, à pousser des cris, et à prendre la fuite.

Les trois cents hommes sonnèrent encore de la trompette ; et, dans tout le camp, l’Éternel leur fit tourner l’épée les uns contre les autres. Le camp s’enfuit jusqu’à Beth-Schitta vers Tseréra, jusqu’au bord d’Abel-Mehola près de Tabbath.

Chère paroisse, au nom de jésus Christ, notre Seigneur !

Dieu, l’Éternel, agit ainsi depuis le commencement jusqu’à aujourd’hui pour éveiller et appeler ses messagers parmi le genre humain afin qu’ils proclament sa parole, fassent connaître la culpabilité du péché, appellent au repentir et surtout qu’ils révèlent celui seul par lequel les pécheurs peuvent obtenir la paix avec Dieu, Christ : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4, 12).

Il en fut aussi ainsi dans les temps anciens, environ 1200 ans avant Jésus-Christ, lorsque Dieu, l’Éternel, appela Gédéon. Au nom et avec le pouvoir de Dieu, Gédéon devait aider le peuple qui, à cause de leur désobéissance à Dieu et de graves péchés, était assujetti et tourmenté par des voisins dominants.

Lorsque nous entendons de tels récits nous devons nous rappeler que : «Tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance. » (Rom. 15, 4).

Au temps de l’Ancien Testament, le peuple d’Israël était choisi ; c’était la « nation sainte » de Dieu (Exode 19, 6).

Maintenant, au temps du Nouveau Testament, Dieu le Seigneur dit à tous les croyants en Christ : « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, … une nation sainte, un peuple acquis » (1 Pierre 2, 9).

Aussi les récits concernant les relations de Dieu avec l’ancien peuple d’Israël sont si importants pour nous, car nous appartenons au peuple de la Nouvelle Alliance et servons le même Seigneur.

Israël n’avait pas de roi à l’époque. Dieu lui-même dirigeait le peuple et utilisait des personnes appelées « juges » qui agissaient en son nom.

Gédéon était appelé par Dieu pour délivrer le peuple d’une domination hostile, celle des Madianites.

Les peuples aux frontières d’Israël étaient grands et puissants.

Pour s’assurer leur bienveillance, Israël a adoré les idoles de ses voisins dans l’espoir que ceux-ci ne leur causeraient pas d’ennuis s’ils adhéraient à leur religion.

Dieu le SEIGNEUR a puni Israël pour son incrédulité et son idolâtrie qu’il a souvent qualifiées de « prostitution ».

« Les enfants d’Israël firent ce qui déplaît à l’Éternel ; et l’Éternel les livra entre les mains de Madian, pendant sept ans. » (Juges 6, 1).

Maintenant ils ont été punis justement par ceux pour lesquels ils avaient renié le vrai Dieu.

Les Madianites envahissaient toujours Israël au moment des récoltes et volaient toute la production.

Les Israélites fuyaient dans les montagnes, se cachaient dans des cavernes et ont beaucoup souffert.

Après sept ans, Dieu appela le juge Gédéon.

Les ennemis avaient envahi le pays avec une armée de 135 000 hommes.

Mais l’ennemi intérieur à Israël, la désobéissance à Dieu, était beaucoup plus dangereux que cet ennemi venant de l’extérieur.

« Il n’y a point de paix pour les méchants » (Esaïe 57, 21), ces paroles se sont avérées effectives chez eux.

L’idolâtrie, la désobéissance, leur vie pécheresse avaient fait du peuple de Dieu une nation impuissante.

Celui qui se met au service du péché, celui qui se laisse gouverner par elle, est sans repos et ne trouve pas de paix.

Il ne peut pas se consoler avec le soutien du Seigneur parce qu’il s’est détourné de lui.

L’oppression des Madianites était devenue insupportable.

Lorsqu’ils ont imploré l’aide de Dieu, Dieu leur a envoyé un prophète qui leur a rappelé leur culpabilité : « Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Je vous ai fait monter d’Égypte … Je vous ai délivrés … de la main de tous ceux qui vous opprimaient … Je vous ai dit : Je suis l’Éternel, votre Dieu ; vous ne craindrez point les dieux des Amoréens, dans le pays desquels vous habitez. Mais vous n’avez point écouté ma voix. » (Juges 6, 8 & suiv.).

Ils ont reconnu qu’ils enduraient la terrible oppression uniquement à cause de leur péché.

C’est par grâce que Dieu ne se détourne pas de nous quand nous sommes tombés, mais il nous rappelle alors à lui.

Le prophète les a exhortés à se repentir et leur a montré le chemin de la paix avec Dieu, de l’aide et du salut.

Dieu nous exhorte nous aussi : « Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. » (Prov. 28, 13).

Gédéon, lui aussi, en avait pris conscience : Dieu le Seigneur est un Dieu jaloux, qui punit certainement le péché si le pécheur persévère dans l’impénitence.

Quand l’ange de l’Éternel vint vers lui et lui ordonna de renverser l’autel de l’idole de son père, Gédéon dit : « Si l’Éternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent, quand ils disent : L’Éternel ne nous a-t-il pas fait monter hors d’Égypte ? Maintenant l’Éternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian ! » (Juges 6, 13).

Dieu appela ce jeune homme : « L’Éternel se tourna vers lui, et dit : Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian ; n’est-ce pas moi qui t’envoie ? Gédéon lui dit : Ah ! mon seigneur, avec quoi délivrerai-je Israël ? Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père. »

« L’Eternel lui dit : Mais je serai avec toi, et tu battras Madian comme un seul homme. » (Juges 6, 14 – 16).

Gédéon n’était pas satisfait de cela et exigea un signe.

Cela lui a été accordé : il a apporté une offrande et le Seigneur l’a fait brûler par un feu surnaturel, merveilleux.

Gédéon réalisa que c’était l’Ange du Seigneur qui lui avait parlé et il avait peur de mourir.

Mais le Seigneur lui dit : « Sois en paix, ne crains point, tu ne mourras pas ! »

Alors Gédéon bâtit un autel à l’Éternel et lui donna pour nom : « l’Éternel est paix ».

Maintenant, Gédéon pouvait être rassuré : Dieu était avec lui ! Dieu lui avait promis son aide ! Il était sous la protection de la paix avec Dieu !

Nous aussi nous avons particulièrement besoin de la paix avec Dieu dans toutes nos luttes, dans les troubles de ce temps, au milieu du chaos éthique et des multiples séductions !

Comment pourrions-nous compter sur la bénédiction de Dieu si nous nous en privons nous-mêmes par la désobéissance ?

Qu’en serait-il si le Très Haut était contre nous, alors que tout découle de sa bénédiction !

C’est pourquoi « Réfléchissons à nos voies, examinons-les et retournons à l’Éternel ! Élevons nos cœurs et nos mains vers Dieu qui est au ciel ! » (Lam. 3, 40).

Comment pouvons-nous compter sur la bénédiction de Dieu en toute certitude tant que nous comptons encore sur nous-mêmes ou sur les idoles de notre temps, sur la bonne volonté des puissants, sur l’argent, la technologie (en médecine par exemple) et sur ce en quoi d’autres, qui ne font pas confiance à Dieu, mettent tout leur espoir ?

L’argent, les biens, d’autres personnes, la technologie, etc., ne sont que des moyens par lesquels le Seigneur Dieu agit et aide.

« Mieux vaut chercher un refuge en l’Éternel que de se confier à l’homme. » (Ps. 118, 8).

Ceci est vrai en tout et pour tout ! – En tant que chrétien et enfant de Dieu, tu penses et tu vis différemment que des personnes non croyantes. Quand d’autres mettent leur espoir en ce qui est terrestre et en toute chose sauf dans le seul vrai Dieu, tu dis : « Je lève mes yeux … D’où me viendra le secours ? Le secours me vient de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre. » (Ps.121).

Un chrétien ne méprise pas l’aide des autres, ni la technologie, ni les inventions, ni les innovations, mais il sait que toutes ces choses ne peuvent l’aider et lui faire du bien que si Dieu le veut et si c’est lui qui agit.

Les meileures choses au monde, y compris des personnes peuvent devenir la cause du malheur ; le diable peut en user pour séduire.

Ce n’est que lorsque cela va à l’unisson avec la bénédiction de Dieu que tout est bien.

Afin que tout soit bien, Dieu nous a envoyé celui qui nous purifie en nous offrant la grâce de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ.

Si tu pries Dieu en son nom, le Très-Haut te dit à toi : « Parce que je pardonnerai leurs iniquités, et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés. » (Hébr. 8, 12).

Car « si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1, 8. 9).

Dieu n’a pas commandé à Gédéon de rassembler en premier une force armée contre les Madianites, mais d’abord de détruire l’autel idole de Baal et Asherah et d’ériger un autel pour le vrai Dieu.

De même, nous voulons toujours penser en premier à celui qui peut diriger les cœurs humains comme des courants d’eau dont le pouvoir est puissant chez les faibles, à celui chez qui nous trouvons de l’aide dans toute notre misère.

Autant qu’il est en notre pouvoir, nous voulons bannir de notre vie les choses avec lesquelles le diable cherche à nous séparer de Dieu.

« Seigneur donne-nous ta paix que ce monde ne peut pas donner ! Si je t’avais abandonné, veuille m’accepter à nouveau ; et si l’ennemi menace à nouveau, écarte également cette misère ! »

Gédéon n’était pas encore prêt, il doutait.

« Gédéon dit à Dieu : Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l’as dit, voici, je vais mettre une toison de laine dans l’aire ; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l’as dit. Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l’eau plein une coupe. Gédéon dit à Dieu : Que ta colère ne s’enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois : Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison : que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée. » (Juges 6, 36 – 40).

Ce concernant la rosée et la laine était très limite ; nous ne devrions pas l’imiter.

Nous avons une confirmation toute particulière que Dieu est avec nous :

« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? » (Rom. 8, 31. 32).

C’est pourquoi la promesse de ton Dieu est pour toi : « Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu ; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. Voici, ils seront confondus, ils seront couverts de honte, tous ceux qui sont irrités contre toi … » (Esaïe 41, 10. 11).

Gédéon avait demandé au Seigneur le signe miraculeux, non pas parce qu’il était particulièrement fort dans la foi, mais parce qu’il était petit et faible.

Nous le sommes aussi souvent. Le mieux c’est alors de prier comme cet homme qui est venu à Jésus et a dit : « Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! »

Lorsque nous ne savons pas quel chemin nous devons suivre, quelle direction nous devons prendre, alors, s’il le veut, il peut clairement révéler sa volonté.

Il peut, contrairement aux attentes, ouvrir des voies, il peut aussi créer des circonstances, confirmer les chemins empruntés ou fermer les mauvais chemins.

Dieu est riche en bonté et grande est sa miséricorde.

Il vient à nous dans notre faiblesse et rend le faible fort et courageux, console ceux qui sont découragés et assagit les têtes brûlées.

Nous pouvons marcher avec confiance guidés par sa main paternelle et nous pouvons lui confier toutes nos questions et nos peines.

Les récits anciens nous apprennent ce que Dieu peut faire et comment il aide.

En Gédéon s’est accompli ce que Dieu nous laisse également constater : « Rien n’empêche l’Éternel de sauver au moyen d’un petit nombre comme d’un grand nombre. » (1 Sam. 14, 6).

Avec Gédéon il y avait 32 000 hommes ; et ils devaient sortir vainqueurs face à 135 000 adversaires ?

L’Éternel dit à Gédéon : «  Le peuple que tu as avec toi est trop nombreux … Israël pourrait en tirer gloire contre moi, et dire : C’est ma main qui m’a délivré. Publie donc ceci … : Que celui qui est inquiet et qui a peur s’en retourne ! »

Vingt-deux mille hommes s’en retournèrent, et il en resta dix mille.

Dieu dit : « Ils sont encore trop nombreux » et après une nouvelle sélection il resta 300 hommes.

Avec 300 hommes il marcha contre les 135 000 hommes du camp de Madian !

Avec ce groupe, Gédéon est arrivé à minuit, dans le camp ennemi des 135 000 Madianites!

Mais prête attention au « combat » réel !

Les hommes de Gédéon ne tirent pas l’épée, ne font pas irruption dans le camp, ne causent pas un bain de sang !

Ils sonnent des trompettes, balancent les flambeaux, écrasent les cruches et crient : « Épée pour l’Éternel et pour Gédéon ! »

Alors les ennemis pétrifiés furent pris de panique : ils pensaient qu’une puissante armée les avait pris par surprise.

Il y eut une grande confusion, de sorte que les Madianites ne pouvaient plus distinguer un ami d’un ennemi et se tuaient entre eux.

De cette victoire magnifique nous lisons encore dans la Bible.

Mais là non pas de la victoire contre des ennemis terrestres, mais contre le diable et ses disciples:: « Car le joug qui pesait sur lui, le bâton qui frappait son dos, la verge de celui qui l’opprimait, tu les brises, comme à la journée de Madian … Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » (Esaïe 9, 4. 6).

Lorsque nous regardons notre Seigneur Jésus-Christ et sa croix, nous devons penser à « la journée de Madian ».

La victoire de Gédéon est un signe qui dirige l’attention sur la victoire de Jésus.

Comme Gédéon a vaincu les ennemis extérieurs grâce à l’aide et au pouvoir de Dieu,

Dieu nous a libérés en Jésus de l’esclavage du péché et du pouvoir du diable.

Dans la foi, nous saisissons la victoire de Jésus pour nous-mêmes, nous recevons le pardon des péchés et la vie éternelle.

Gédéon était un homme, Jésus est vrai homme et vrai Dieu !

Gédéon était faible, à Jésus est « donné tout pouvoir dans le ciel et sur la terre ».

Si ce Seigneur et « Dieu est avec nous », comment pourrions-nous ne pas gagner la bataille contre le péché, le diable et notre faible chair ?

Si ce SEIGNEUR est avec nous, comment devrions-nous ne pas être aidés, peu importe la détresse ?

Faisons lui entièrement confiance, car comme nous l’avions déjà entendu : « rien n’empêche l’Éternel de sauver au moyen d’un petit nombre comme d’un grand nombre ».

Ceci doit aussi être notre consolation. Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France