Sermon sur l’entrée de Jésus à Jerusalem

Sermon sur Matthieu 9 : 1-9 (le premier dimanche de l’Avent)

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux disciples, en leur disant : Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, et amenez-les-moi. Si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez : Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il les laissera aller. Or, ceci arriva afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète :


Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, Plein de douceur, et monté sur un âne, Sur un ânon, le petit d’une ânesse.
Les disciples allèrent, et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent sur eux leurs vêtements, et le firent asseoir dessus. La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d’autres coupèrent des branches d’arbres, et en jonchèrent la route.
Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts !

Au nom de Jésus-Christ, chère paroisse !Dans notre texte l’évangéliste Matthieu fait référence à une prophétie annoncée 500 ans avant la naissance de Christ : « Or, ceci arriva afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. » (Zach. 9, 9).

Tu peux avoir entière confiance en la parole de Dieu. Même si dans ce monde tout évolue et est souvent peu fiable : « La parole de l’Éternel est droite et toute son œuvre s’accomplit avec fidélité. » (Ps. 33, 4).

Le Tout-puissant a merveilleusement tenu et accompli la promesse qu’il avait faite à Adam et à Eve après leur grande désobéissance : c’est l’assurance de sa grâce et de son aide dans la terrible détresse qu’est la séparation d’avec Dieu par le péché et l’incrédulité.

Dieu fait homme se rend à Jérusalem pour y souffrir, mourir et à nouveau ressusciter : « Christ a été livré à cause de nos péchés et est ressuscité à cause de notre justification. » (Rom. 4, 25).

La venue à Jérusalem du fils de Dieu, devenu homme, est le puissant OUI que Dieu nous a donné, à nous perdus, pour nous délivrer du péché et du diable, pour nous réconcilier avec Dieu, nous sauver de la damnation éternelle.

C’est pourquoi quand tu entends parler de Jésus, quand tu penses à lui, quand tu lui adresses ta prière, souviens-toi des paroles écrites par Paul : « Pour toutes les promesses de Dieu, c’est en lui que se trouve le «oui», et c’est

aussi par lui que nous disons «amen» à Dieu, pour sa gloire. » (2Cor 1, 20).

C’est le « Amen » venant du cœur d’un pécheur soulagé – « Oui, il en est ainsi ! A Dieu un éternel merci ! »

La venue de Jésus à Jérusalem nous procure force et réconfort car par là Dieu te fait savoir combien tu es important pour lui, combien il t’aime – il te montre qu’il fait tout pour te sauver, toi pécheur !

Il y a là des mots particulièrement significatifs : « plein de douceur » / « juste » et « victorieux » (celui qui sauve).

  1. IL vient à TOI– Qui est celui qui vient à toi ?

DansMatthieu il est écrit « Dites à la fille deSion… » et chez leprophète il est écrit : « Réjouis-toi, fille de Sion ! Lance des acclamations, fille de Jérusalem ! »

Sommes-nous vraiment concernés ou bien nous sommes-nous réjouis prématurément ?

Non ! Dieu nomme ainsi les croyants d’Israël, les descendants du patriarche Abraham qui portaient le signe extérieur de la circoncision.

La Parole de Dieu enseigne explicitement qu’Abraham, le père de la foi, est le père de tous, de ceux qui ne sont pas circoncis (ceux qui ne font pas parti des croyants en Israël) et le père de tous ceux qui sont circoncis, « qui ne sont pas seulement circoncis, mais encore qui marchent sur les traces de la foi de notre père Abraham quand il était incirconcis. »(Rom. 4, 12).

« Fille de Sion » – c’est la communauté des croyants, ceux des temps anciens et ceux du temps du Nouveau Testament, période dans laquelle nous vivons nous aussi.

La foule des croyants doit se réjouir – et c’est ce quelle fait !

Dieu vient en Christ auprès de toutes les personnes pour proposer et offrir à toutes la grâce et la paix dans l’Évangile.

Car Christ « est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1 Jean 2, 2).

Mais avant qu’une personne entièrement impie puisse aussi se réjouir en lui, Christ doit faire route avec lui – et cela il veut le faire volontiers !

2. Qui est- IL ?

Il est « le Dieu véritable, et la vie éternelle » (1 Jean 5, 20).

Son but est que le pécheur reconnaisse qu‘: « il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.» (Actes 4, 12).

Le peuple juif aussi devait le reconnaître LUI comme son Seigneur et Sauveur ; ainsi Christ a pris toutes les dispositions pour sa venue, par exemple il entra assis sur un âne : Pourquoi le Messie prend-il ces mesures ? Matthieu répond : « Ceci arriva afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète… »

a) Dieu doit nous le dire sinon nous ne le reconnaîtrons pas.

C’est pourquoi aussi : « Dites à la fille de Sion … ».

Lorsque le Seigneur Dieu agit, quand il s’approche de nous, il est important que nous l’écoutions ! – que nous apprenions à connaître et à comprendre sa Parole des Saintes Écritures.

Sans la Parole de Dieu, on ne voit qu’un homme qui se rend à Jérusalem sur un âne qui subit finalement la torture et la crucifixion.

b) Cela montre à quel point notre raison est devenue impie et éloignée de Dieu.

La raison humaine fait d’abord attention aux apparences extérieures : un homme ordinaire, monté sur un âne, sans aucun prestige – qui est-ce ?

La raison n’admet pas qu’il est l’unique Sauveur, qu’il veut nous délivrer de notre culpabilité et de notre péché, qu’il veut ôter le pouvoir à la mort et qu’il veut nous conduire, nous pécheurs, à la vie éternelle.

C’est pourquoi Dieu le fait annoncer ; Dieu ranime l’attention : «  Voici, ton roi vient à toi ! »

Mais que représente la Parole de Dieu dans l’appréciation de la raison humaine ?

La Parole de Dieu lui semble si insignifiante comparée à la splendeur apparente des choses de ce monde qui réjouissent l’être humain !

Le baptême et la Sainte Cène sont aussi sans intérêt pour la raison humaine !

Ne les considère-t-elle pas simplement comme de belles cérémonies mais qui sont sans effets ?

Et cependant en eux sont cachés des trésors des cieux que le Dieu miséricordieux nous accordent avec eux afin que nous soyons purifiés et sanctifiés.

Ne te laisses pas séduire par ce que tu vois avec tes yeux en effet il vient pauvre et humble – encore de nos jours.

A Jérusalem aussi, les yeux des personnes présentes ont vu des choses plutôt insignifiantes lorsque Jésus est entré assis sur un âne emprunté.

Aujourd’hui encore, la raison humaine juge totalement absurde que celui qui s’est laissé crucifié a de cette manière ôté notre péché, le châtiment en enfer et vaincu la mort.

c) Cependant il vient !

Ce n’est pas toi qui viens à Lui, ce n’est pas toi qui le cherches – tu en es incapable !

Il vient à toi !

Il est trop haut, trop loin, trop dévastateur et terrible pour toi car il est le saint, le créateur de toute chose ! – et par nature tu es son ennemi.

Même avec les efforts les plus grands tu es incapable d’arriver à lui.

Même si tu avais accompli toutes les œuvres bonnes qui ont pu être accomplies sur cette terre, tu ne parviendrais pas à l’attirer pour qu’il vienne à toi.

Il vient à toi parce que c’est par pure grâce qu’il t’est promis.

Il vient en tant que Sauveur et celui qui fait miséricorde pour te sortir de tous les péchés et de toute misère.

Aucune mort, aucun diable, aucun péché ne peut plus faire du mal à celui qui accepte cela avec une foi ferme.

Il bénéficie de la miséricorde de Dieu, il est un enfant héritier de la vie éternelle !

Luther a commenté cela ainsi : Il vient… Ce n’est pas toi qui le cherches, c’est lui qui te cherche ! Ce n’est pas toi qui le trouves, c’est lui qui te trouve ! Car les prédicateurs viennent de lui, non pas de toi ! Leur prédication vient de lui, non pas de toi ! Et là où il ne vient pas, tu restes dehors et tu ne fais que commettre des péchés même si, de plus en plus, tu veux faire de saintes grandes œuvres – et tu deviens un hypocrite entêté. C’est Dieu qui doit commencer en toi afin que tu le cherches et que tu le pries. Il est déjà là quand tu commences et que tu cherches. (Car 🙂 Il vient « à toi ».

3. Il vient plein de douceur

«  Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur. »

Cela n’est nullement évident car les Saintes Écritures disent : « Sa colère est ardente, elle pèse lourdement. Ses lèvres sont pleines de fureur et sa langue est comme un feu dévorant. » (Esaïe 30, 27).

Il est certain que, sans la foi en Christ, « c‘est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. » (Heb. 10, 31).

Quand on nous dit : « Il vient plein de douceur » – c’est un miracle de la grâce de Dieu !

Il ne vient pas comme à Adam après la chute dans le péché pour énoncer la malédiction et la punition.

Il ne vient pas comme à Moïse sur le Sinaï pour donner la loi qui révèle le péché, juge et condamne.

Il ne vient pas à toi pour le jugement, pour punir ta culpabilité, pour te plonger dans le désespoir.

Au contraire Christ dit : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19, 10).

Dieu a fait annoncer cela par ses prophètes, par exemple par Ézéchiel : « Je chercherai celle qui est perdue, je ramènerai celle qui est égarée, je panserai celle qui est blessée, je raffermirai celle qui est malade, je veillerai sur celle qui est grasse et vigoureuse ; je prendrai soin d’elles avec justice. » (Ézéchiel 34, 16).

Et les apôtres le confirment, par exemple Paul : « C‘est une parole certaine et entièrement digne d’être reçue, que Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier. » (1 Tim. 1, 15).

Dieu vient à toi sans courroux, sans colère – plein d’amour, de gentillesse, de patience et de douceur.

Il vient à toi en sorte que ton cœur n’éprouve que plaisir, joie, amour et confiance pour lui.

Tu dois avoir confiance en lui, t’attacher à lui, recevoir ses dons.

Nous lisons : « Une grande foule de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d’autres coupèrent des branches aux arbres et en jonchèrent la route.Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : «Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! » (Matth. 21, 9).

Ils ont crié « Hosanna » – ce qui signifie « sauve-nous, je t’en prie ».

Les gens lui firent un accueil royal, ils ont enlevé leurs précieux vêtements afin de les disposer en son honneur sur le chemin.

Ils ont répandu des rameaux de palmiers et des branches d’oliviers sur le chemin, signes de respect pour un roi revenant victorieux.

Malheureusement certains d’entre eux n’ont vu en Jésus qu’un libérateur terrestre, un meneur contre les Romains.

Ceux-ci ont crié par la suite « crucifie-le ! ».

Mais certains poussaient des cris de joie parce qu’ils avaient reconnu en lui celui qui leur était donné comme Seigneur et Roi.

Là chacun doit se demander : Comment est-ce que je salue, j’accueille Jésus ? J’entre de quelle manière dans la période de l’Avent et celle de Noël ?

Écoute les paroles : «  Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur… » – tu saisiras alors les richesses de la grâce de Dieu et le Saint Esprit pourra te faire entrer pleinement dans la joie de l’avent – ce qui signifie « l’avènement » – pour que tu sois heureux de tout cœur car le tout puissant Roi du ciel et de la terre vient à toi – plein de douceur…

4. Et il vient pour te venir en aide, pour être ton Sauveur.

Tout est arrivé, « afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. »

Zacharie annonce : « Voici ton roi qui vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble … » (Zah. 9, 9).

Il est « juste ».

Dieu exige de nous que nous soyons : «saints, car je suis saint, moi, l’Éternel, votre Dieu. » (Lév. 19, 2) – sans péché, rempli d’un amour pur.

Mais dans les cœurs, dans les pensées, les œuvres et les paroles il trouve la souillure de la désobéissance, de l’hypocrisie et des nombreux écarts envers ses commandements.

Nous ne pouvons pas nous purifier, nous sanctifier nous-mêmes ni parvenir d’une manière ou d’une autre à nous réconcilier avec Dieu et être en paix avec lui.

Il dit : « Je suis saint, moi, l’Éternel, qui vous sanctifie » (Lév. 21, 8).

Et l’apôtre écrit à l’église dans la ville de Corinthe : « Ni ceux qui vivent dans l’immoralité sexuelle, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les travestis, ni les homosexuels,ni les voleurs, ni les hommes toujours désireux de posséder plus, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les exploiteurs n’hériteront du royaume de Dieu. Et c’est là ce que vous étiez, certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été déclarés saints, mais vous avez été déclarés justes au nom du Seigneur Jésus[-Christ] et par l’Esprit de notre Dieu. » (1 Cor. 6, 9 – 11).

Christ vient en tant que « juste », saint, celui qui guérit.

Si tu crois en lui comme celui qui te sanctifie, celui qui te réconcilie avec Dieu, alors ceci est pour toi : « Même si vos péchés sont couleur cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; même s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront clairs comme la laine. » (Esaïe 1, 18).

Il endosse le poids de ton péché.

La colère de Dieu le frappe lui au lieu de te frapper toi parce qu’il s’est chargé de ton péché.

Il soupire : « J’ai dû payer ce que je n’avais pas pris. » (Ps. 69, 5).

Ainsi il vient : plein de douceur, juste et sauveur.

Il ne vient pas seulement physiquement à Jérusalem mais aujourd’hui il vient aussi à toi dans sa parole.

Il vient d’une manière humble d’une part pour montrer qu’avec notre raison nous faisons fausse route et que nous ne le comprenons pas vraiment, d’autre part afin que les pauvres et les malheureux osent venir à lui.

Il ne chevauche pas fièrement un destrier de bataille mais une patiente bête de somme.

Il te montre ainsi comment il veut porter ton fardeau et te mener avec sa force à lui à travers cette vie au salut éternel.

Dans ta perdition et ton désespoir Dieu lui-même vient à toi de manière humble et simple, plein de douceur et de gentillesse afin que tu n’aies pas peur du Tout-puissant !

Là s’est accomplie la prophétie du prophète Esaïe : « Les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des angoisses ! … Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière a resplendi. » (Esaïe 8, 23 / 9, 1).

C’estle même roi dont David prophétise mille ans auparavant :« Portes,élevez vos linteaux ; Élevez-les, portes éternelles !Que le roi de gloire fasse son entrée !Quidonc est ce roi de gloire ? L’Éternel des armées :c’est lui le roi de gloire ! »(Ps. 24, 9. 10). Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne
Traduction : Louis Cron, Obernai, France