Sermon sur Matthieu 18,1-11

Sermon sur Matthieu 18,1-11
La foi enfantine

En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer.

Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive !

Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans le feu de la géhenne.

Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.

Chère paroisse, dans le nom de Jésus Christ !

L’homme est né de parents pécheurs et est un « enfant de colère » (Eph. 2, 3), asservi au diable ; Il marche inexorablement vers la damnation éternelle.

L’homme ne peut être sauvé de la juste colère du Dieu Saint que par celui qui se place devant lui pour le protéger : Christ.

Afin de parvenir à la paix avec le Dieu tout-puissant et ne plus l’avoir comme ennemi, l’homme a besoin de celui que Dieu a envoyé comme médiateur et rédempteur : Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Dès sa naissance, l’homme a le diable pour Seigneur et cela le conduit en enfer, c’est pourquoi il est nécessaire qu’il acquiert comme Seigneur celui qui le sauve de cet abîme et le conduise à la vie éternelle.

Mais Satan veut empêcher cela de toutes ses forces.

Aussi il utilise avec prédilection un élément très spécifique constitutif de l’homme pour s’assurer que le pécheur ne veut pas recevoir la parole de grâce de Dieu, n’accepte pas le message du pardon des péchés et se moque même de la Parole de Dieu. .

La Parole de Dieu enseigne : « Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » (1 Cor. 2,14).

Quelle est cette partie de l’homme qu’exploite le diable ?

C’est sa raison (l’intelligence, l’entendement).

Après la chute dans le péché, la raison humaine est devenue inutilisable pour comprendre les choses divines.

Mais alors comment l’homme peut-il obtenir de l’aide ?

Nous l’avons déjà entendu : « C‚est spirituellement qu’on en juge ».

Dieu aide le pécheur par son Saint-Esprit.

Le Saint-Esprit éclaire le cœur de l’homme assombri par l’incrédulité et le péché, et oblige la raison, incompétente pour les choses divines, à se soumettre à la vérité de la Parole de Dieu.

C’est pourquoi nous lisons dans la bible : « Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit. » (1 Cor. 12, 3).

Maintenant appliquons ceci directement au Saint Évangile. Le Saint, Tout-Puissant Dieu a donné au monde déchu par le péché cet unique moyen de salut : Il a donné son Fils en sacrifice propitiatoire pour les péchés, « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16).

Cette bonne nouvelle est pure niaiserie pour l’intelligence humaine.

Pour la raison humaine c’est ridicule et bien trop facile.

L’apôtre Paul appelle la raison humaine « sagesse du monde » et il écrit : «Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. »(1 Cor. 1, 21. 23).

Ce qui est dit ici à propos de l’Évangile s’applique à toute la Parole de Dieu : la raison humaine tient tous les récits de l’action merveilleuse de Dieu, de la création aux miracles de Jésus pour de simples contes de fées.

Le diable veut à nouveau ramener à ce mode de pensée ceux qui croient, oui il veut détourner des paroisses entières et des églises entières de Dieu, du pardon des péchés et surtout les éloigner de la parole de Dieu.

Nous remarquons cela lorsque nous voyons comment l’Évangile lui-même est modifié et altéré dans la chrétienté.

Satan détourne les gens du pardon des péchés acquis par le sacrifice parfait et complet du Christ, en répandant des enseignements faux comme par exemple en disant que le pécheur doit certes compter sur Christ, mais il doit encore réaliser des bonnes œuvres en réparation de ses péchés.

Si une personne entend alors la parole de Dieu lui demander de fuir un tel enseignement et se maintenir là où la parole de Dieu est prêchée clairement et en toute pureté, alors le diable lui murmure : Tu ne vas tout de même pas te jeter dans de tels ennuis ! Ce n’est donc pas nécessaire. Que diront les gens ? ! Nous croyons donc tous en un même Dieu !

De tout cela nous constatons et nous pouvons rapporter notre propre expérience, que le diable se démène et ne se repose pas pour arracher l’homme de son salut et faire revenir les croyants dans son royaume cruel à lui.

Notre Seigneur Jésus Christ nous vient en aide en présentant la foi simple d’un enfant en guise de référence : « Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. » (Matth. 18, 2. 3).

La simple parole de Dieu détient le pouvoir d’accomplir le grand miracle : Amener un railleur hautain à la foi enfantine.

Chaque homme doit faire l’expérience de ce miracle en lui-même, car dans les choses divines, même le plus sage doit devenir un enfant, sinon le salut éternel lui reste fermé.

Mais dans la puissance du Saint-Esprit – malgré les railleries et les moqueries du monde – tout être humain peut déclarer avec David : « Par tes ordonnances je deviens intelligent … La révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l’intelligence aux simples … Le témoignage de l’Éternel est véritable, il rend sage l’ignorant. » (Ps. 119, 104. 130 ; Ps. 19, 8).

Sans l’Esprit de Dieu, le sage n’est pas intelligent en ce qui concerne les choses divines.

Mais par l’Esprit de Dieu, même l’homme le plus simple du monde devient sage dans les choses divines et est même appelé « parfait » par la parole de Dieu. (1 Cor. 2, 6).

Bien que la foi enfantine soit tellement méprisée et ridiculisée dans le monde, c’est un grand trésor que nous, humains, ne pouvons pas nous offrir nous-même.

La foi semblable celle d’un enfant est un miracle de Dieu, une grâce que le Saint Esprit donne par la Parole de Dieu.

C’est pourquoi la foi enfantine est sous la protection spéciale de Dieu : 1. Dieu la protège 2. Dieu met en garde afin de ne pas la mettre en danger.

1. Dieu le Seigneur protège la foi enfantine

En quoi consiste la foi enfantine ?

Quand des mères ont amené de très jeunes enfants à Jésus et que les disciples ont voulu les en empêcher, le Christ a dit : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. » (Luc 18, 16).

Se laisser offrir le Royaume de Dieu, le pardon des péchés et le salut éternel à la manière d’un enfant qui reçoit un cadeau – c’est là la nature de la vraie foi.

La foi des enfants c’est qu’ils croient – sans discussion – en entendant la Parole de Dieu.

Cette foi enfantine est sous la protection toute particulière de Dieu, car le Christ dit : « Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits (c’est-à-dire qu’il agit de façon à ce qu’il perde la foi) qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. »

Les disciples s’étaient disputés pour savoir qui serait le plus grand dans le royaume de Dieu et c’est la raison pour laquelle Christ a énoncé ces paroles sévères.

Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et l’ayant pris dans ses bras, il leur dit : « Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. » (Marc 9, 36 / Matth. 18, 3 et ss).

En grec, le mot employé désigne un très petit enfant.

Un très petit enfant se laisse simplement offrir le royaume des cieux.

Quiconque attaque la foi enfantine ou parle de choses qui troublent la foi d’un enfant ou même qui amène l’enfant à perdre la foi, doit s’attendre à la vengeance de Dieu.

Il aurait mieux valu à cette personne qu’on lui eut attaché une meule de moulin à son cou et qu’on l’eut fait couler au plus profond de la mer avant de commettre ce péché sur cet enfant qui appartient à Christ.

Aux yeux de Dieu est grand celui qui sait qu’il est petit.

Celui qui s’humilie devant Dieu, celui pour qui la grâce de Jésus-Christ est ce qu’il y a de plus important et celui pour qui la parole de Dieu est magnifique, celui-ci a de la valeur dans le royaume de Dieu .

« Car quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. » (Matth. 23, 12).

L’Église du Christ ne doit pas adopter les manières du monde !

Christ dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18, 36) « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur … » (Matth. 20, 25 et ss).

Dans les choses divines, les chrétiens doivent être comme des enfants ; comme un enfant se laisse instruire et guider par des paroles, les enfants de Dieu doivent être instruits et guidés par la Parole de Dieu – tout simplement.

Ils ne doivent pas discuter pour savoir si ce que dit la Parole de Dieu est vrai ou non, mais tout simplement la croire, parce que c’est la Parole de Dieu.

Celui qui s’élève lui-même au-dessus de Dieu et de sa parole, celui qui introduit la manière d’être du monde dans l’église, celui qui veut régner et être le plus grand scandalise c’est-à-dire il sème le doute dans la foi enfantine des enfants de Dieu.

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ! »

Dans l’église, il arrive qu’une personne se croit supérieure et méprise un simple chrétien !

La plupart des fausses doctrines ont pénétré dans l’église par orgueil spirituel.

Que Dieu détruise tous ces gens
    Qui d’erreurs nous instruisent !
    Leur bouche affirme effrontément :
    « Que quelqu’un contredise !
    Nous avons le pouvoir, le droit,
    Ce que disons, voilà la loi :
    Qui voudrait nous reprendre ? »
[LKG 44,3].

Et nous demandons : «Arrête les fiers esprits qui se lèvent avec force et apportent toujours quelque chose de neuf pour falsifier ton juste enseignement. » [LKG 53,6].

Ce « juste enseignement » est : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19, 10) ?

En Christ, Dieu s’est humilié pour tous, pour les grands et les petits, pour les jeunes et les vieux, pour ceux qui sont honorés et ceux qui sont méprisés, pour les pauvres et les riches.

Ce n’est pas avec nos yeux qu’il regarde les gens.

Il ne voit pas des personnes instruites qui veulent être spécialement honorées, ni des riches qui ont honte des gens en lambeaux, ni des handicapés et des enfants qu’on peut facilement écartér avec les coudes.

Jésus ne voit partout que des gens empêtrés dans leur culpabilité qui ne peuvent s’en libérer eux-mêmes et ont donc besoin de lui, le Sauveur.

C’est pourquoi tout chrétien converti, tout enfant nouvellement baptisé, même le plus minable aux yeux du monde, est très précieux aux yeux de Dieu.

Toi aussi tu appartiens à Christ par la foi.

Tu es un enfant de Dieu, un héritier des merveilles célestes et tu appartiens à Christ car il t’a chèrement racheté !

C’est pourquoi Dieu veille sur ta foi comme sur un grand trésor.

Jésus dit : « Car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. »

Les anges sont : « des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut. » (Hebr. 1, 14).

Chez Dieu une attention particulière est portée aussi envers le plus petit des enfants !

Oui, Dieu veille sur le chrétien et protège la foi enfantine …

2. Finalement Christ met en garde afin de ne pas mettre la foi enfantine en danger

Christ dit : « Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans le feu de l’enfer. »

Nous ne devons pas nous mutiler, c’est un péché ! Mais que veut dire Jésus ?

Il dit : « malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! »

Il s’agit de personnes qui sont aussi importantes pour nous que les membres cités (yeux, mains ou pieds).

Si l’un de ces membres nous incite à nous éloigner de Christ et à croire en une fausse doctrine, nous devons préférer nous faire mal et nous séparer de lui.

L’apôtre avertit ainsi : « Éloigne de toi, après un premier et un second avertissement, celui qui provoque des divisions » (Tite 3, 10) – et cela pouvait être notre meilleur ami, un ami qui nous avait aidé à clairement comprendre la vérité.

Mais maintenant, il est comme un œil qui nous trompe et trouble notre foi ; Christ dit : « Arrache-le ! »

Il y a un grand danger pour notre foi enfantine, lorsque les meilleurs amis sont subitement séduits par une fausse doctrine.

Se détacher et se détourner de ceux qui mettent en péril notre foi nous est difficile et douloureux.

C’est une grande douleur pour nous, comme si nous nous coupions nous-mêmes les mains, les pieds ou d’autres membres et que nous les jetions.

Terrible est ce que Paul annonce aux évêques d’Éphèse : « Il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. » (Actes 20, 30).

Quelle douleur quand Johann Agricola (ami de longue date de Luther) est devenu un fervent partisan de la fausse doctrine (antinomisme : doctrine selon laquelle, par la foi et la grâce de Dieu, un chrétien est libéré de toutes les lois) et que Luther a dû renoncer à rester en communion avec lui !

Quelle peine, quand nous devons constater que dans les paroisses de notre pays, dans tout le pays, des pasteurs appelés se révèlent être des loups dévastateurs ! – et jouissent encore d’une haute considération !

Les Galates ont aussi connu cela, l’apôtre leur écrit : « Mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine. » (Gal. 5, 10).

C’étaient donc probablement d’importantes personnalités respectées qui ont troublé la foi enfantine des communautés galates lorsqu’il écrit « quel qu’il soit ».

Aussi ne te laisse pas décontenancer ni par les personnes importantes et respectables dans l’Église, ni par ceux qui exigent de toi la considération, ni par ceux que tu estimes être tes amis.

Quiconque t’attaque obstinément avec une fausse doctrine tombe sous le jugement de Dieu !

Crois et proclame simplement, à la manière d’un enfant, la claire Parole de Dieu.

« Recevez avec douceur la parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes. » (Jacques 1, 21).

Il est préférable que tu endures des épreuves et connaisses de lourds échecs à cause de ta foi, que d’éviter toute séparation, de mener une vie pleine de joies terrestres et ainsi aller à la perte éternelle.

Que Dieu nous protège et nous aide à entrer dans son Royaume Céleste par le mérite et la grâce de Jésus ! Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France