Sermon sur Matthieu 26 : 59-66

Le texte de la Bible : Matthieu 26 : 59-66
Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il en vint deux, ​qui dirent: Celui-ci a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. ​Le souverain sacrificateur se leva, et lui dit: Ne réponds-tu rien? Qu’est-ce que ces hommes déposent contre toi? ​Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu.
Jésus lui répondit: Tu l’as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu’avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d’entendre son blasphème. ​Que vous en semble? Ils répondirent: Il mérite la mort.

Chère paroisse !

Le christianisme primitif a choisi comme confession de foi le verset des Saintes Écritures suivant :« Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : celui qui a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire. » (1Tim. 3, 16).

Nous professons la même vérité : « Je crois que Jésus-Christ, vrai Dieu, né du Père de toute éternité, vrai homme, né de la vierge Marie, est mon Seigneur… »

C’est le point central, le cœur des Écritures et de notre foi.

« Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. » (2Cor. 5, 19)

Notre vie repose sur ce fondement, nous voulons garder cette vérité jusqu’à notre dernière heure !

Cette confession nous relie à tous les vrais chrétiens du monde entier, aussi aux croyants de l’Ancien Testament.

Cependant, comme l’écrit l’apôtre Jean, c’est sur cette confession aussi que se séparent les esprits : « Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. » (1Jean 4, 1-3).

« Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c’est le séducteur et l’antéchrist. » (2Jean 7).

« Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit. » (1 Cor. 12, 3).

Quiconque ne confesse pas par la foi en la parole et l’esprit de Dieu que Jésus-Christ est le vrai Fils du Dieu vivant et que le Christ est Dieu lui-même, n’est pas un chrétien.

Même s’il dit que Jésus était une personne incomparablement bonne et exemplaire, sa foi est bâtie sur le sable et son espérance est trompeuse.

Il n’a pas de Sauveur dont il se sait racheté ; il cherche encore ou met son espoir en lui-même et dans ses vertus, il veut donc être son propre sauveur.

Aucun être humain ne peut comprendre pleinement le mystère du Dieu incarné, le saisir dans toute sa profondeur.

Les trésors qui s’y trouvent, la profonde sagesse, la grâce protectrice, la consolation inépuisable, le pouvoir revivifiant, deviendront encore plus grands pour toi aussi souvent que tu le médites.

« En Christ habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » (Col. 2, 9).

Année après année, tu découvriras que Jésus-Christ est un puits plein de vérité, dont le fond ne peut être atteint, dont la plénitude ne peut être épuisée.

Là où, dans un cœur humain, le Saint-Esprit a allumé la foi en Christ, c’est-à-dire en Dieu fait homme, son nom devient précieux, tout le reste devient insignifiant et pâle.

La question est : « Dis-nous si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l’as dit. »

C’est la question la plus importante ; car si Jésus de Nazareth est le Fils incarné de Dieu, oui Dieu lui-même, alors la Bible est la Parole de Dieu, car c’est exactement ce qu’enseigne Jésus

Alors, on a par exemple la réponse à la question : le mariage entre l’homme et la femme est-il d’ordre divin – et Jésus le confirme – ou le mariage entre partenaires homosexuels est-il juste et conforme à la volonté de Dieu ou non – et ce n’est pas le cas, car la parole de Dieu rejette formellement un tel partenariat.

La puissante affirmation du Christ est : La vérité sur sa personne

1. Cette proclamation revêt une grande importance pour notre foi

2. et un solide pilier pour notre salut.

1. Cette proclamation revêt une grande importance pour notre foi

« Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il en vint deux, qui dirent : Celui-ci a dit : Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. » (Matth. 26, 59-61).

Bien qu’ils aient agi avec ruse ils n’ont pas réussi, car les faux témoins se sont contredits.

Leurs déclarations ne pouvaient justifier une condamnation à mort.

Pourtant, le souverain sacrificateur demanda : « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages que ces gens portent contre toi ? »

Jésus garda le silence.

Finalement, Caïphe essaie une dernière manigance pour établir l’accusation de blasphème et se tourne vers Jésus : « Je t’adjure par le Dieu vivant de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. »

Il exige de Jésus de prêter serment.

Maintenant, le Seigneur ne veut plus se taire, Ésaïe prophétise à son sujet : « II n’y eût point de fraude dans sa bouche. » (Ésaïe 53, 9).

« Tu l’as dit ! » Je suis Christ, le Fils de Dieu ! « De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel ».

De cette façon il montre ainsi que sa réponse n’est pas équivoque.

Aujourd’hui aussi, nombreux sont ceux qui à la question : « Jésus est-il le Fils de Dieu ? » répondent par un « Oui ! » – et nient cependant sa divinité.

Ce ne sont pas seulement les « Témoins de Jéhovah », mais aussi les théologiens libéraux, qui pensent que Jésus est un modèle, mais pas le Sauveur.

Ils croient que Jésus est une personne élevée par Dieu à un rang supérieur, qui n’est donc appelé « Dieu » que par des gens qui l’admirent.

D’autres voient en Jésus un idéaliste avec un excellent principe de vie, l’amour.

« Es-tu le Christ, le Fils de Dieu ? »

Cela signifie : Es-tu le Sauveur du monde, l‘oint de Dieu, qui est prophétisé par Moïse, par les prophètes et dans les Psaumes, ?

Es-tu celui dont Ésaïe prophétise : une vierge sera enceinte et donnera naissance à un fils, (Ésaïe 7, 14), es-tu le Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix, promis dont le royaume durera pour toujours (Ésaïe 9, 5) ?

« Tu le dis ! »

Pour qu’il n’y ait vraiment aucun doute, il dit : « De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. »

Cela ne signifie rien d’autre que : Je suis l’Éternel, le Juge qui reviendra sous la forme humaine – comme vous le voyez devant vous – dans les nuées du ciel pour juger les vivants et les morts.

Oui, vous me reconnaîtrez le jour du jugement dernier !

Il montre aussi l’autre vérité : « Je suis le Fils de l’homme ».

Je suis devenu un vrai homme et selon mon aspect vous me reconnaissez semblable à un homme. (Phil. 2, 7).

Je suis lié et poursuivi en justice, c’est pourquoi vous vous moquez.

Votre raison ne peut pas croire que je suis néanmoins le Fils de Dieu, oui Dieu lui-même.

Mais bientôt vous découvrirez que je dis la vérité.

Je reviendrai avec le Père, à la droite de Dieu, avec la même puissance, les mêmes honneurs.

Quand le soleil perdra son éclat, quand les rochers éclateront, quand les tombes s’ouvriront et que le rideau du temple sera déchiré et quand vous entendrez le message de ma résurrection et de mon ascension, alors vous penserez à ce que je dis à présent : « Tu le dis ! »

Cette proclamation est d’une inestimable importance.

Cela renforce notre foi et garantit profondément à nos cœurs que notre Seigneur Jésus est le Fils de Dieu, oui Dieu lui-même !

Comme il a déjà dit auparavant : « Moi et le Père nous sommes un ». (Jean 10, 30).

Subjugué par cette vérité, Thomas s’est exclamé : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20, 28).

Si Jésus n’était pas le Fils de Dieu, oui Dieu lui-même, mais seulement une personne pieuse et exemplaire, il aurait dû répondre différemment pour dire la vérité.

Il aurait dû dire qu’il ne voulait pas se rendre égal à Dieu, qu’il ne le pensait qu’au figuré.

Il aurait ainsi pu éviter la mort sur la croix.

Mais l’exécution est précisément justifiée ainsi : « Il s’est fait lui-même Fils de Dieu » (Jean 19, 7) et encore plus clairement : « Tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » (Jean 10, 33).

Jésus n’a jamais répliqué à cette accusation. Donc, s’il n’était qu’un homme, son silence serait un mensonge.

Ce que le souverain sacrificateur Caïphe a prononcé jadis dans sa haine, nous le disons après lui dans la foi : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? »

Avec confiance et avec joie nous pouvons confesser Jésus au monde comme Fils de Dieu, comme vrai Dieu !

Nous l’avons entendu de sa propre bouche !

Il aurait pu se rétracter, mais il voulait sceller cette vérité par sa mort.

Alors, que font ceux qui nient encore aujourd’hui que Christ est lui-même Dieu, comme ceux appelés « Témoins de Jéhovah » ?

Ils déclarent la condamnation de Jésus, sa mort horrible comme juste !

Ils se tiennent de bon gré à côté du sanhédrin (le haut conseil) et joignent leur voix aux paroles : « Il s’est fait lui-même Dieu » (Jean 19, 7) et « Il se fait lui-même égal à Dieu ! » (Jean 5, 18).

La déclaration de Jésus dans ses souffrances est importante pour que la vérité de la parole de Dieu devienne forte en nous.

C’est aussi important car cela contient une grande consolation.

As-tu renié ton Sauveur dans ta vie, as-tu eu peur des railleries, reconnais-tu que tu as enfreint les commandements de Dieu à de nombreuses reprises : il y a le pardon pour toi !

Dans les détresses de ta vie Dieu lui-même vient et taide !

Car pendant que Pierre renie son Seigneur dans la cour, le Seigneur reconnaît et porte la culpabilité de son faible disciple et de tous ceux qui sont tombés avec Pierre.

Ou, avec ta vie de pécheur, as-tu éveillé chez d’autres l’impression que Jésus ne pouvait pas être Dieu si les chrétiens vivent en faisant des péchés, alors il y a cependant de l’espoir pour toi : avec ses souffrances, Jésus, ton Sauveur a aussi expié toute ta culpabilité.

2. La déclaration de Jésus sur sa personne est un solide pilier pour notre salut.

C’est cette confession qui donne aux souffrances de Jésus le grand poids, le sens profond et salvateur !

Les Écritures Saintes enseignent que les souffrances et la mort de Jésus sont l’expiation des péchés du monde entier : « Il est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1Jean 2, 2 cf. Jean 3, 16).

La Parole de Dieu attribue aux souffrances de Jésus le plus important qu’une personne puisse jamais avoir dans sa vie.

N’est-ce pas précisément pour cette raison que la question de savoir si les souffrances de Jésus ont réellement ce pouvoir de sauver les pécheurs par la grâce seule, par la foi en Jésus seul, est extrêmement importante pour nous ?

Si nous ne savions pas avec une certitude absolue que Jésus est le Fils de Dieu, oui, Dieu lui-même, comment pourrionsnous bâtir toute notre espérance sur ses souffrances et sa mort ?

Voyez combien la question : Jésus, es-tu le Fils de Dieu, es-tu Dieu ? est importante.

Quiconque voudrait réconcilier le monde avec Dieu devrait satisfaire le Dieu en colère, respecter les exigences strictes de sa justice, endosser tous les péchés, supporter tous les châtiments et laisser s’abattre sur lui le flot de la colère divine !

Comment une personne humaine aurait-elle pu faire cela ?

Dieu dit explicitement : « Ils ne peuvent se racheter l’un l’autre, ni donner à Dieu le prix du rachat. Le rachat de leur âme est cher, et n’aura jamais lieu. » (Ps. 49, 8. 9).

Comme ce serait désolant et affligeant s’il nous était seulement prêché un Sauveur qui est une personne bonne et exemplaire mais qui n’est qu’une personne humaine !

Une illusion vide, une croyance morte, sans force de vie !

Il ne reste alors plus que la loi qu’une personne qui fait erreur doit maintenant accomplir elle-même et amasser un trésor suffisamment grand sur un compte imaginaire de bonnes actions !

Alors le fardeau de notre rédemption reposerait toujours sur nous et Jésus ne serait qu’un maître enseignant l’auto-rédemption.

Par contre comme la vérité des Saintes Écritures est magnifique !

Que les paroles de Jésus sont réconfortantes, protectrices et compatissantes : Tu le dis ! Je suis le Fils de Dieu ! Je suis le Christ ! Je suis Dieu moi-même !

Cette vérité, qui t’arrache aussi de toute erreur, de toute misère et mélancolie… ton Sauveur a signé cette vérité avec son sang !

Quelle grande portée a la confession de Jésus dans ses souffrances !

Comment Dieu aurait-il pu prêcher à toi et à moi encore plus clairement dans le cœur ce qu’il nous dit : « Aussi vrai que je suis vivant, déclare le Seigneur, l’Éternel, je ne prends pas plaisir à voir le méchant mourir, mais à le voir changer de conduite et vivre. » (Ez. 33, 11).

Comment ne pas croire en lui avec confiance et joie quand, pour notre bien, il fait la confession qui le mène finalement à une mort atroce ? – pour que nous puissions avoir le pardon de notre culpabilité et que le ciel nous soit ouvert !

Ô miracle sans mesure, si on le considère bien : le Seigneur s’est laissé supplicier pour son serviteur ; le vrai Dieu lui-même s’est livré à la mort pour moi pauvre pécheur. Amen.

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France