Souvenir de la Journée de la Réforme

Jude 3

Bien aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.

Chers frères et sœurs dans la foi !

Regardons en arrière : Il y a une semaine, le 31 octobre, c’était la fête de la Réforme. Jude (pas Judas Ischarioth !) écrit : « Bien aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. »

La Parole de Dieu parle souvent de « combat » – par exemple ici : « Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. » (1Tim. 6, 12).

Si Dieu nous demande de combattre, il y a un ennemi, un adversaire : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. » (1Pierre 5, 8-9).

Satan, plein de méchanceté, essaie constamment de corrompre la bonne création de Dieu et ainsi de la détruire.

Dans la mesure où Dieu lui laisse carte blanche, il provoque la misère dans le monde entier et lutte surtout contre chaque enfant de Dieu et contre l’Église du Christ.

En fait, il fait tout pour que tout ce qui est donné par Dieu soit employé contre Dieu et contre la volonté de Dieu.

Il renforce en toi et en moi l’envie du péché et de l’injustice ; il fait en sorte que la parole de Dieu nous paraisse faible et terne ; il nous rend incertains de notre salut et dans sa malice, il propose toujours de nouvelles ruses.

Il ne se repose pas.

Tout comme il cherche à détruire l’ordre de Dieu, par exemple l’État ou le mariage, sa haine est surtout dirigée contre le don de Dieu qui nous est donné comme l’arme la plus tranchante contre Satan et comme un « puits de salut » pour nous sauver du royaume de Satan : la parole de Dieu.

Notre verset de sermon parle de la lutte contre la corruption de la Sainte Parole de Dieu. Le diable craint la Parole de Dieu parce qu’elle est précisément l’arme tranchante contre toutes ses attaques et surtout parce que le Saint Évangile attaque et détruit son royaume – car Dieu sauve les pécheurs par l’Évangile.

En plus des nombreux faux enseignants des temps anciens et modernes, le royaume de l’Antéchrist, la papauté romaine, est une base puissante de Satan.

Aujourd’hui, nous nous souvenons de l’homme que Dieu avait prophétisé, comme nous l’avons entendu dans l’épître, et qui, par la grâce et la puissance de Dieu, a extrait la parole de grâce de Dieu des décombres de la doctrine humaine, D. Martin Luther.

La Réforme a commencé lorsque Luther a attaqué les indulgences diaboliques de la papauté avec ses 95 thèses.

Nous savons comment, à l’époque, les personnes angoissées qui ont posé des questions sur la réconciliation avec Dieu et le pardon des péchés ont reçu le mensonge selon lequel ils pourraient racheter le pardon avec de l’argent.

La papauté est puissante jusqu’à ce jour. En plus, le diable fait usage d’innombrables variantes à travers les sectes et les faux enseignements pour égarer les gens ou les retenir afin qu’ils ne croient pas au pur évangile à savoir que nous sommes « gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. » (Rom. 3, 24).

C’est maintenant à nous, à nous-mêmes, à nos enfants et petits-enfants de préserver ce trésor au mieux de nos capacités ! – autant que nous le pouvons, parce que Dieu nous a confié en cela une responsabilité.

Jude écrit : « Je me suis senti obligé… de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. »

Le Seigneur Christ dit de cette bataille de son royaume contre le royaume des ténèbres : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée… et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » (Matth. 10, 34. 36 suiv.).

Là où un pécheur répond à l’appel du Sauveur : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos ! » (Matth. 11, 28), Satan ne peut se reposer : il fait tout pour arracher à nouveau la foi du cœur d’une personne qui fait confiance au Christ.

Luther aussi a dû mener de difficiles combats en lui et subir une dure hostilité externe, tout comme tous ceux qui ont aimé la pure parole de Dieu avec lui.

Les attaques haineuses deviennent plus violentes à mesure que le jour dernier approche, car le Seigneur Christ annonce pour les temps derniers du monde : « Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. » (Matth. 24, 11).

L’apôtre Jean met en garde : « Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. » (1Jean 4, 1).

Le doute, les tentations puissantes, la mélancolie, la souffrance physique (Job !) et les tentations sont des signes de la colère et de la lutte que Satan lance comme des flèches empoisonnées contre la Parole de Dieu et contre les paroisses qui confessent la pure parole : « C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. » (Actes 14, 22).

Là où la parole de Dieu est prêchée et entendue, là où les sacrements sont administrés selon la volonté du Christ, là c’est le plus terrible : il y a des troubles et des luttes internes.

L’apôtre Paul écrit : « Mais nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu, par beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ; par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu, par les armes offensives et défensives de la justice ; au milieu de la gloire et de l’ignominie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation ; étant regardés comme imposteurs, quoique véridiques… » (2Cor. 5, 4-8).

Il écrit aux Éphésiens : « Aussi je vous demande de ne pas perdre courage à cause de mes tribulations pour vous » (Eph. 3, 13) et aux Philippiens : « demeurez fermes dans un même esprit, combattant d’une même âme pour la foi de l’Évangile, sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires, ce qui est pour eux une preuve de perdition, mais pour vous de salut ; et cela de la part de Dieu, car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui. » (Phil. 1, 27b-29).

Dans la souffrance et les tentations nous, chrétiens, nous sommes rapidement gagnés par la fatigue.

Mais avec l’aide et la grâce de Dieu, nous supporterons de tels fardeaux et serons capables d’endurer de tels moments.

C’est ce à quoi Jude nous exhorte également, à savoir rester patiemment fidèles à la juste foi par la puissance de Dieu – malgré le fait que Satan fait rage contre elle : « je me suis senti obligé… de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. »

Préserver la vraie foi, démasquer la fausse doctrine et s’y opposer, se séparer des faux enseignants – mais Christ ne dit-il pas : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 35) ?

Comment disputes doctrinales et amour vont-ils ensemble ?

Sans l’amour fraternel chrétien, tout n’est donc que simple apparence.

Toutes méchantes querelles et disputes empoisonnent l’atmosphère, divisent les chrétiens et contredisent la volonté de Dieu.

MAIS la vraie foi, le pur enseignement, nous sont donnés par Dieu dans la Parole des Saintes Écritures qui nous est confiée comme un trésor qui doit être préservé ! – en toute fidélité, sans compromis et sans ajouts.

Nous devons traiter la Parole de Dieu : « comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu. Du reste, ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. » (1Cor. 4, 1. 2).).

L’apôtre exhorte chaque prédicateur ainsi : « Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ le modèle des saines paroles… Grâce au Saint-Esprit qui habite en nous, garde le beau dépôt qui t’a été confié. (2Tim. 1, 13. 14).

La plus petite lettre de l’Écriture est plus importante que l’univers entier, car le Fils de Dieu dit : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Luc 21, 33).

Face à de telles paroles du Seigneur, Luther dit à ses adversaires : «Mon amour est prêt à mourir pour vous… ; mais vous devez adorer la foi et la Parole… Vous pouvez attendre tout ce que vous voulez de notre amour ; mais craignez notre foi en toutes choses ! » (W2 XIX, 669).

Notre Seigneur dit : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jean 8, 31.32).

C’est pourquoi son apôtre exhorte : « Bien aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. »

Jude rappelle : « Il s’agit du salut ! – il en va de notre salut éternel à nous tous ! »

Parce que c’est lié à votre salut éternel que vous devez vous battre pour la foi, pour l’enseignement pur ! – que vous ne devez pas être fatigués.

Certains pensent qu’il suffit d’avoir simplementun accord sur les grandes vérités de l’Évangile.

Mais qui devrait décider de ce qui est accessoire dans la Bible ? Qui oserait dire où est écrit ce qui n’est pas important ?

Christ dit : « … et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Matth. 28, 19).

Nous lisons aussi : « Je vois des bornes à tout ce qui est parfait : tes commandements n’ont point de limite. Le fondement de ta parole est la vérité, et toutes les lois de ta justice sont éternelles. » (Ps. 119, 96. 160).

« Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refuge. N’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur. » (Prov. 30, 5.6).

Si, lassés, nous devions déclarer certaines choses comme étant une « doctrine secondaire », si nous mettions fin au combat selon notre propre volonté, nous n’abandonnerions pas seulement des morceaux de la vérité éternelle de Dieu, nous porterions aussi atteinte au Saint Évangile – sans nous en rendre compte.

Car « Un peu de levain fait lever toute la pâte ! » (Gal. 5, 9) – une doctrine qui s’écarte un peu des Saintes Écritures finit par tout détruire !

Nous ne pourrions plus nous appeler « serviteurs du Christ » en toute bonne conscience, mais serions des infidèles qui s’élèvent au-dessus de sa Sainte Parole.

Nous ne serions pas « des dispensateurs des mystères de Dieu », mais « les destructeurs arrogants de sa vérité éternelle ».

Si les chrétiens des différents siècles n’avaient pas lutté contre le mensonge, la fausse doctrine et l’erreur – où seraient-ils eux-mêmes ? – où serions-nous ?

Qui pourrait entendre encore aujourd’hui le seul message salvateur de notre Sauveur Jésus-Christ ?

Par la grâce de Dieu et la fidélité de nos pères, nous confessons aussi aujourd’hui : « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ » (Rom. 5, 1).

De telles paroles de l’Évangile sont la seule consolation qu’un pécheur peut avoir !

Christ veut que nous jouissions nous-mêmes de ce bien précieux, que nous le préservions et que nous nous opposions à chaque et toute falsification – autant que nous pouvons aider pour que nos enfants et petits-enfants entendent également la pure parole de Dieu et soient sauvés.

« Or, à celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse, Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus-Christ notre Seigneur, soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles ! » (Jude 24 et suiv.) Amen !

Pasteur Martin Blechschmidt, Runkel-Steeden, Allemagne/ Traduction : Louis Cron, Obernai, France